Août 28, 2017
Par Rebellyon
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Au cours de la manifestation contre l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, des affrontements ont éclatés entre opposantEs au projet Cigéo et gendarmes sur les champs entourrant la commune de Saudron (Meuse). Peu avant la fin des hostilités, les gendarmes ont fait un usage intensif des grenades GLI F4, dite « grenades assourdissantes », occasionnant plusieurs blesséEs grave, dont l’un risque aujourd’hui une amputation des orteils.

Le contexte de la manifestation du 15 août

Mardi 15 août, alors que la manifestation contre le projet Cigéo arrive à son terme après avoir déjà été durement réprimée dans le village de Saudron, une assemblée se réunit sur les hauteurs au-dessus du village, où les manifestant.es se sont réfugié.es pour déterminer les suites. La décision est prise de tenter une dernière fois de rejoindre le point d’arrivée initiaiement prévu, en drection des gardes mobiles, positionnés en petits groupes alignés le long d’un champ situé exactement sur la limite entre la Meuse et la Haute-Marne, entre les villages de Bure et de Saudron. Il s’agissait de mettre un dernier coup de pression avant de rentrer. La plupart des manifestantEs étaient fatiguéEs, après avoir été acculéEs loin de l’objectif initial de la manifestation et canardéEs avec des grenades lacrymogènes depuis bien une heure. Presque tout le monde s’est laissé entraîner, y voyant une manière de décompresser avant de rentrer bredouilles.

L’impensé de ce baroud d’honneur, c’est que les gendarmes ont riposté aussitôt avec un tir de barrage très dense de grenades de désencerclement (DMP) et balles de gomme (LBD 40 mm), ainsi qu’une vingtaine de grenades lacrymogènes instantanées, montant d’un palier dans la doctrine du maintien de l’ordre. Tirées à 50 et 100 mètres, les grenades GLI F4 sont retombées essentiellement sur les personnes situées en arrière-plan, dont certaines se repliaient déjà en appelant les autres à faire de même.

Robin est parmi ces personnes là. Quand la grenade retombe, elle a déjà dégagé son nuage de gaz lacrymogène dans les airs et sa charge de TNT explose au moment où l’ogive touche le pied de Robin. La botte est pulvérisée, le pantalon déchiqueté, et le dessus du pied de Robin instantanément arraché par l’impact. Aussitôt porté par une demi-douzaine de manifestantEs, il est transporté vers l’ambulance partisane qui attend sur le chemin, à 500 mètres de là.

Une semaine après, Robin risque de perdre l’usage de son pied gauche. Hospitalisé à Nancy, ses médecins attendent d’écarter le risque infectieux pour l’opérer.




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