Octobre 5, 2021
Par Dijoncter
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À la page 4 « Aire urbaine » du média capitaliste l’Est Républicain du 1er août, le journaliste Philippe Piot nous montre que les médias dominants sont en train de paniquer en titrant « Les locaux de L’Est Républicain et de France Bleu visés ». Un titre comme cela est censé résumer grossièrement la manif de Belfort.

Donc sur une page entière, la manif anti-pass de Belfort est caricaturée sans laisser la parole à un·e seul·e manifestant·e.

Ce journaliste, pas très factuel, écrit sur une demi-page sa prise de position anti-manif.

Les journalistes ne comprennent donc pas pourquoi ils sont détestés à ce point. Pourtant la réponse se trouve dans leur propre journal de propagande bourgeoise.

À la page 8, un pseudo-philosophe s’exprime d’une manière violente, méprisante et décomplexée sur ces manifestations anti-pass et sur nos classes populaires.

Sur les 7000 manifestant·es anti-pass qui ont défilé en Franche-Comté samedi 31 juillet, aucun·e n’a eu la chance de pouvoir s’exprimer dans la presse bourgeoise, comme d’habitude.

Encore une fois, c’est une soi-disante « élite » intellectuelle qui peut parler d’un mouvement qu’elle ne connaît même pas.

Argument d’autorité

L’argument d’autorité est de taille pour présenter le provocateur Pierre Statius : « enseignant chercheur en philosophie de l’Université de Franche-Comté », et cela suffit à cet homme pour balancer en toute impunité des tas d’idioties, qu’il n’oserait pas assumer dans la rue.

Les provocations de ce pseudo-intellectuel – et du journaliste qui a élaboré l’article – sont ignobles.

D’abord le titre : Anti-pass sanitaire : « Un mouvement confus et irrationnel »

Il attaque directement dans le titre et la suite est tout aussi offensive et paternaliste sur le mouvement :

Pierre Statius : « Ils confondent la satisfaction de leurs caprices et la liberté. Cet homme contemporain qui oscille entre colère et infantilisme est la caricature de la liberté. »

(ndlr : ce n’est pas moi qui ai fait l’erreur, homme était écrit avec un petit h dans le journal.)

OK on baisse la tête, merci papa de nous remettre à notre place.

Pierre Statius : « Je reviens de Vienne où j’ai assisté à un festival… » et blablabla.

On en a rien à foutre de ta vie, espèce de bourgeois méprisant et hautain, nous on part pas en vacances.

Malhonnêteté intellectuelle

L’enseignant chercheur nous invite à nous référer au philosophe Françis Wolff, qui selon lui a écrit un livre « qui en appelle à l’esprit des lumières et à la notion d’humanité ».

Justement, les lumières ne doivent pas toutes être allumées dans la tête de Pierre Statius, car la « notion » d’humanité est très forte chez les gens qu’il dénigre et qu’il résume sous le nom de « extrême gauche ».

Le capitalisme existe bel et bien, il est immoral, injuste, violent, sauvage, meurtrier, destructeur, cynique, chaotique, élitiste, archaïque et barbare.

Il fait travailler les enfants les plus pauvres de la planète, prostitue ou affame les plus faibles, vole la vie de milliards de travailleu·ses, fait souffrir, payer sans cesse et culpabiliser la grande majorité de la population mondiale.

En bref et en étant honnête, il est impossible de se revendiquer humaniste sans avoir le courage ou la volonté de se revendiquer anti-capitaliste.

Ce système économique arrive à sa fin, la majorité de la population mondiale le subit et la situation écologique est désastreuse, voir irréversible dans certains endroits de la planète.

Sachant tout ça, Pierre Statius affirme sans complexe : « Je suis par ailleurs effaré de la haine cristallisée autour du président de la République alors que la France est le seul pays d’Europe à avoir autant protégé son économie. »

Et vous vous étonnez que la majorité de la population vous déteste ?

Moi je suis effaré par autant de malhonnêteté intellectuelle, de sournoiserie et d’occultisme.

Peut être que Pierre Statius vit dans une bulle tellement confortable et opaque, qu’il ne se rend réellement pas compte de la situation sociale catastrophique et du mal-être de nos classes populaires, amplifié par la crise sanitaire.

La misère il faut la voir ou il faut la vivre comme on dit, il est donc insupportable de voir des gens comme lui déblatérer des tas d’idioties et d’attaques sur nos classes populaires.

Le complotisme vu par les bourgeois

Pierre Statius s’attaque au complotisme car ce dernier est un adversaire intellectuel ridicule. Cela permet aussi de caricaturer la forte mobilisation anti-pass et de discréditer la colère rugissante des manifestant·es.

« [le complotisme] me semble être l’enfant pathologique de la critique du progressisme. »

Il lui « semble », donc il n’est pas sûr. Pourquoi balancer autant de conneries qui risquent de blesser des gens s’il n’est pas sur de ce qu’il dit ?

D’ailleurs ce qu’il dit est faux. Le complotisme touche tous les bords politiques, y compris les « progressistes ».

C’est plutôt la critique du capitalisme, totalement étouffée depuis plus de 50 ans par la classe dominante, qui a donné lieu à toutes ces idées complotistes, appuyés massivement par les GAFAM.

Un·e complotiste type, est une personne originaire de nos classes populaires, manquant cruellement de pratiques associatives et collectives. Ce sont des gens à deux doigts de découvrir ce qu’est le capitalisme, et ielles l’auraient peut être déjà découvert sans la propagande agressive mise en place par les GAFAM et les médias dominants.

Le complotisme est l’enfant confus et perdu de la critique du capitalisme.

Outrage aux résistants à l’occupation nazi

« Ce sont les mêmes qui revendiquent le droit de ne pas se vacciner et réclament le droit à la protection totale dès lors qu’ils tombent malades. »

Vraiment ? Comment peut-il faire une affirmation pareille au vue de la diversité des manifestant·es ?

Vous remarquez la volonté de faire disparaître le mot « Sécurité Sociale » par ces propagandistes capitalistes. Le journaliste remplace Sécurité Sociale par « solidarité nationale », et Pierre statius par la « protection totale ».

Pourquoi ces propagandistes bourgeois n’utilisent pas le mot « Sécurité Sociale » ?

Ce mot rappelle trop de mauvais souvenirs à la bourgeoisie.

Jamais les bourgeois n’auraient eu l’empathie d’inventer un système comme la sécurité sociale.

C’est en 1946, en échange des armes des résistant·es contre l’occupation nazie, que l’État français a accordé la sécurité sociale à nos classes populaires.

Rappelons-lui encore, car elle a tendance à l’oublier, que la bourgeoisie française a collaboré immédiatement avec l’occupant nazi dès son arrivée en 1940.

Les riches de l’époque n’ont pas payé cette haute trahison ni de leur chair, ni de leur sang, ni de leur patrimoine. Ils ont simplement adhérer aux F.F.I en 1944 et n’ont rendu aucun compte au procès de Nuremberg en 1946.

Ils le payent modestement, encore aujourd’hui, avec les allocations chômages et la sécurité sociale par exemple, obtenues par la classe ouvrière antifasciste en 1946.

Pierre Statius doit comprendre que nous avons le droit d’être anti-pass sanitaire, nous avons le droit, même le devoir de nous méfier des industries pharmaceutiques et nous avons le droit de le crier.

Pour ce qui est la sécurité sociale, nous avons le devoir de mémoire et aussi le droit de la défendre avec vivacité.

Ce n’est sûrement pas à un chien de la bourgeoisie de s’exprimer sur la sécurité sociale.

C’est bel et bien le Général De Gaulle qui a acté ces énormes avancées sociales, mais ce n’est pas grâce à lui. Le dirigeant français était considéré comme un lâche planqué par la classe ouvrière résistante et combative.

Cette poignée de résistants a combattu concrètement et réellement la barbarie nazie sous l’occupation, ce qui n’est pas le cas de De Gaulle.

La sécurité sociale est une conquête guerrière et non un acquis social !

Conclusion

Pierre Statius incarne à merveille le mépris social et intellectuel de la bourgeoisie sur nos classes populaires.

Il s’attaque à la sphère complotiste, comme tous les « intellectuels » de France ces derniers temps.

Les bourgeois n’ont jamais été très malin dans leur Histoire, ils se sont toujours imposés par la malhonnêteté, le vol, la propagande agressive, la violence meurtrière, l’immoralité et le vice.

Avec cette sphère complotiste et confusionniste qui prend beaucoup trop de place aujourd’hui, il semblerait que les « élites » intellectuelles bourgeoises ont trouvé un adversaire à la hauteur de leur niveau intellectuel, c’est-à-dire très bas…

Loral Aitken, spécialiste des ultra-riches et des violences bourgeoises.




Source: Dijoncter.info