Afin d’éviter tout malentendu, nous précisons que ce texte ne vise pas à critiquer les ami.e.s de la Coalition Fjord ou les divers collectifs en lutte sur les territoires. Il s’agit d’un texte de réflexion pour pousser la lutte encore plus loin.
Les mois défilent et les différents projets franchissent les diverses étapes de la grande mascarade. Les consultations publiques se multiplient, les MRC, les villes et les villages prennent position sur le sujet pour faciliter la mise en place des projets industriels. L’industrie fait son petit bonhomme de chemin. Il s’agit d’un passage obligé qui peut être « chiant » pour les représentants et responsables aux communications, mais tout va comme il se doit. Les consultations publiques sont un passage obligé pour les entreprises. Une manière de faire croire qu’elles partagent leurs informations, les inquiétudes liées aux projets et qu’elles nous consultent (comme si elles prenaient vraiment en compte les recommandations des citoyens et citoyennes). De temps à autre, il y a un BAPE (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement) afin d’ajouter un petit vernis vert de plus (quoique pour Énergir et le gazoduc qui va alimenter l’usine de BlackRock à Grand-Anse, le BAPE va avoir lieu grâce aux efforts mis de l’avant par des membres de la Coalition Fjord). Ensuite, c’est la guerre de qui réussit à faire valoir son point de vue. Des pages de pubs pour GNL Québec, des textes d’opinion pro-projets, des laquais qui mettent en branle une pétition pour nous démontrer à quel point ils sont contents de se faire entuber. De l’autre côté, des scientifiques et des défenseurs du territoire qui écrivent des textes ou des lettres d’opinion pour démontrer l’absurdité des différents projets industriels prévus sur les terres volées du Nitassinan.
L’opinion publique : l’allié imaginaire des pro-projets
Comme le disait Bourdieu lors d’un exposé intitulé L’opinion publique n’existe pas : «   On sait que tout exercice de la force s’accompagne d’un discours visant à légitimer la force de celui qui l’exerce ; on peut même dire que le propre de tout rapport de force, c’est de n’avoir toute sa force que dans la mesure où il se dissimule comme tel. Bref, pour parler simplement, l’homme politique est celui qui dit : « Dieu est avec nous ». L’équivalent de « Dieu est avec nous », c’est aujourd’hui « l’opinion publique est avec nous ». Tel est l’effet fondamental de l’enquête d’opinion : constituer l’idée qu’il existe une opinion publique unanime, donc légitimer une politique et renforcer les rapports de force qui la fondent ou la rendent possible. » L’opinion publique, ce grand épouvantail brandi à tout vent. Comme un Dieu que nous ne pouvons pas contredire la parole. Une création de toute pièce afin d’alimenter la passivité des gens. Créer un faux consensus dans la société pour rendre toute résistance futile. En plus, dans « l’opinion publique », les dominants ne prennent jamais en compte les opposant.e.s. Ils et elles ne font pas partie de la société. Il y a l’opinion publique et de l’autre côté les opposant.e.s aux projets. La société, c’est l’opinion publique, c’est-à-dire ceux et celles qui en majorité (selon leurs dires et leurs sondages bidons) sont pour les projets et en dehors de ça, il y a les écologistes hippies. L’opinion publique n’est pas une entité homogène qui va descendre dans les rues et nous donner la victoire. C’est une arme au service des dominants.
Déranger, bloquer, empêcher
Éventuellement, il va falloir monter la pression d’un cran. Être la roche dans le soulier. Il faut empêcher toutes leurs rencontres de se dérouler paisiblement, et au mieux, les faire annuler par notre présence. Bloquer le processus des projets, faire douter les investisseurs et leur faire perdre le plus d’argent possible. C’est le seul langage qu’ils comprennent. Nous devons nous assurer que notre contre-attaque soit proportionnelle à la force utilisée par ceux et celles qui veulent exploiter et détruire nos territoires et nos communautés. Leurs événements, leurs bureaux et les sites où vont avoir lieu les projets sont autant de cibles à frapper. Construisons notre puissance et notre contre-pouvoir!
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Le Collectif anarchiste Emma Goldman, le Comité de défense et de décolonisation des territoires (CDDT) et d’autres complices organisent les 6 et 7 juillet  prochains une fin de semaine d’ateliers et de réflexion sur les projets destructeurs au Saguenay Lac-St-Jean.
Cette fin de semaine de campement se veut une occasion de lier des gens venant de différentes régions pour apprendre du territoire et des manières de le défendre. Une mobilisation s’organise déjà dans la région depuis plusieurs mois, entre groupes citoyens, écologistes et étudiants. Maintenant, nous appelons à un weekend de campement dans le but de rejoindre celles et ceux qui ne veulent pas attendre la fin du monde pour se mobiliser, qui veulent dès maintenant s’organiser pour défendre les territoires. Rejoignons-nous la fin de semaine du 6 et 7 juillet pour élaborer et penser la suite ensemble.
Nous appelons toutes les personnes soucieuses de la protection du fjord du Saguenay à se rejoindre pour discuter des entreprises et des projets qui le menacent.

Lien vers l’événement Facebook: https://www.facebook.com/events/1937500839682891/

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Lieu: 304 rang Saint-Louis, Saint-Fulgence, Saguenay
Au programme : 
Écrivez-nous pour les allergies.
La fin de semaine se passera à l’extérieur. Amenez des chaises, votre tente et votre matériel de camping si vous passez la nuit!
Les enfants sont bienvenus! Veuillez-nous écrire si vous aimeriez avoir du gardiennage.

Article publié le 03 Juil 2019 sur Ucl-saguenay.blogspot.com