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publié
le mercredi 17 juin 2020 Ă  07:31 |

Groupe d’Action pour la Recomposition de l’Autonomie ProlĂ©tarienne


Au royaume des aveugles les borgnes sont les rois

CommuniquĂ© n°78 – Avril 2020

Il serait vain pour ne pas dire erronĂ© de voir dans l’actuelle pandĂ©mie de SARS-CoV2 le seul rĂ©sultat de l’incompĂ©tence avĂ©rĂ©e de la ministre de la santĂ© Maggie De Blok. En effet, l’on constate que la plupart des gouvernements de l’Union europĂ©enne, mais aussi ailleurs dans le monde ont Ă©tĂ© tout aussi inconsĂ©quents Ă  des degrĂ©s divers, et ceci pour ne pas parler du prĂ©sident brĂ©silien qui, de son cĂŽtĂ©, s’est permis des prises de positions on ne peut plus caricaturales pour ne pas dire ahurissantes de stupiditĂ© qu’on en rigolerait presque si elles n’Ă©taient pas aussi nocives pour les plus dĂ©munis. Dans ce cas prĂ©cis, comme dans tous les autres d’ailleurs, mĂȘme Allah ne vous sera d’aucun secours, comme le comprennent chaque jours un peu mieux les prolĂ©taires iraniens sacrifiĂ©s sur l’autel de l’absurditĂ© ayatollesque !

Pour en revenir Ă  la situation en Belgique il Ă©tait pourtant clair dĂšs le 2 fĂ©vrier (date du premier cas officiellement rĂ©pertoriĂ© sur le territoire belge) que les risques d’une contamination massive en Europe voire dans le reste du monde Ă©taient bien rĂ©els. Les lanceurs d’alertes chinois ont payĂ© trĂšs cher les avertissements qu’ils ont tentĂ© de nous donner et la rĂ©habilitation Ă  titre posthume du docteur Li Wenliang par le rĂ©gime chinois n’Ă©teindra pas la flamme de notre colĂšre. L’on pourra prendre l’excuse que la population n’Ă©tait pas prĂȘte Ă  des mesures restrictives plus prĂ©coces, ce qui est sans doute vrai, mais il est tout aussi vrai que c’est justement Ă  cause d’un manquement de mise en garde, en l’absence du moindre conseil proactif, que celle-ci n’Ă©tait absolument pas prĂ©parĂ©e Ă  voir la menace. En pĂ©riode Ă©lectorale, notre boite aux lettres dĂ©gueule de tracts et prospectus politiques mais, en pĂ©riode de risque Ă©pidĂ©mique, silence radio… sauf lorsque c’est trop tard et que l’on improvise en urgence. Pire, l’ambiance Ă©tait tellement Ă  la minimisation, pour ne pas dire au dĂ©ni quasi total, que des Ă©vĂ©nements tel que Batibouw ou encore la foire du livre de Bruxelles ont eu lieu sans mĂȘme l’application des gestes barriĂšres Ă©lĂ©mentaires alors que le virus circulait dĂ©jĂ .

Ici, minimisation des risques et logique de rentabilitĂ© Ă  court terme forment un cocktail explosif qui nous dĂ©montre jour aprĂšs jour son inĂ©luctable nocivitĂ©. VĂ©ritable bombe Ă  retardement sanitaire et ceci non plus Ă  moyen terme et de maniĂšre diffĂ©rĂ©e, comme c’est le cas avec la destruction de l’environnement, mais dĂšs aujourd’hui, encore demain ; aprĂšs demain et sans doute pour plusieurs mois. Pour autant, n’oublions pas qu’une majoritĂ© d’ĂȘtres humains sur cette planĂšte vit dĂ©jĂ  un enfer, que ça soit en Syrie, au Soudan ou ailleurs. Mais cette fois l’Europe est touchĂ©e dans une temporalitĂ© un rien en avance par rapport au continent africain, et ce dernier a des services de santĂ© encore plus en manque de tout que les nĂŽtres, ceux-ci sont mĂȘme pratiquement inexistants dans certaines rĂ©gions oĂč l’on meurt dĂ©jĂ  de mal-nutrition.1 Ce qui rend la situation encore plus inquiĂ©tante est que l’on ne saura sans doute jamais quelle aura Ă©tĂ© l’ampleur de la catastrophe Ă  l’Ă©chelle mondiale. Tout au plus nous aurons une estimation.

Toujours est-il que l’Ă©pidĂ©mie est actuellement plus ou moins hors de contrĂŽle mis Ă  part pour certains pays comme la Chine, la CorĂ©e du Sud ou encore TaĂŻwan. Nous ne sommes pas des spĂ©cialistes et n’avons aucune prĂ©tention Ă  l’ĂȘtre, d’ailleurs eux mĂȘme rĂ©tro-pĂ©dalent frĂ©quemment Ă  propos de la pĂ©riode d’incubation du virus, de ses mutations ou autres. De fait l’on se doit d’appliquer le principe de prĂ©caution maximum puisque nous nageons dans le flou quant Ă  la pĂ©riode d’incubation et de contagion. Il vaut mieux prendre trop de prĂ©cautions que pas assez. De toute Ă©vidence la force de cette maladie c’est qu’elle a Ă©tĂ© sous-estimĂ©e depuis le dĂ©part du fait de son relatif faible taux de mortalitĂ©. C’est juste un gros rhume n’est-ce pas ?2

  •                                                   Connerievirus

En tant que prolĂ©taires conscients, nous rejetons toute forme de campisme, nous n’avons pas Ă  choisir entre le totalitarisme chinois ou la pseudo dĂ©mocratie europĂ©enne comme modĂšle de lutte contre la maladie. Que ça soit Ă  Wuhan en Chine, en Italie, en Somalie, au PĂ©rou ou encore en Belgique, nous sommes tous soumis Ă  la mĂȘme logique mortifĂšre, vĂ©ritable palais des horreurs. Hier, aujourd’hui, comme demain, les exploitĂ©s n’ont pas de patrie et n’en ont jamais eu, tout au plus ils aiment la rĂ©gion, la ville ou le village dans lequel ils ont grandi, ce qui est humain et n’a rien avoir avec le nationalisme. Dans cette optique de rejet de toute forme de nationalisme l’on ne peut que dĂ©plorer et dĂ©noncer le racisme anti-asiatique ayant augmentĂ© depuis quelques semaines allant de tags racistes sur des restaurants asiatiques et pouvant mĂȘme parfois aller jusqu’Ă  des agressions physiques totalement inacceptables et Ă  combattre fermement.

Nous rejetons tout aussi fermement les thĂ©ories du complot que certains États s’empressent dĂ©jĂ  d’agiter, lesquelles sont relayĂ©es par un quarteron de pitres sous-fascistes toujours en quĂȘte de buzz sur la toile et dont l’un des objectifs est de freiner une Ă©ventuelle remise en question de l’actuel mode de production. Pour autant, il va sans dire que malheureusement les armes bactĂ©riologiques existent, les complotistes surfent toujours sur un fond de vĂ©ritĂ©. Mais, dans le cas prĂ©sent, il est bien plus plausible que l’Ă©mergence de la maladie Covid-19 soit le rĂ©sultat d’un contexte environnemental favorisant les transmissions virales inter-espĂšces.

Une autre vision simpliste, mais pouvant tout de mĂȘme ĂȘtre partiellement vraie, voudrait que ça soit l’attrait pour certains animaux sauvages rĂ©pandu dans certaines rĂ©gions de Chine qui en soit la cause. Nous pensons que ce postulat propice Ă  charrier les pires clichĂ©s racistes laisse de cĂŽtĂ© l’essentiel, et qu’il offre en prime une voie de sortie aux gestionnaires dont l’arsenal lĂ©gislatif est dĂ©jĂ  prĂȘt Ă  Ă©craser sous la logique implacable du capital le petit maraĂźcher qui tente de survivre, que ça soit au marchĂ© de Wuhan ou ailleurs. Tout comme une tentative de dĂ©valorisation in extremis du capital est sans doute en phase de crash test en ce moment Ă  l’Ă©chelle internationale, le virus servant de prĂ©texte Ă  nous plumer au nom de notre santĂ©. Une rapide recherche bien ciblĂ©e renseigne d’ailleurs sur le fait que la Chine n’est pas la seule rĂ©gion du monde oĂč ces animaux sont prisĂ©s pour leurs viandes ou leurs vertus thĂ©rapeutiques, sans parler du fait que de riches europĂ©ens sont aussi avides de produit de consommation de luxe provenant d’espĂšces sauvages comme c’est le cas avec le « cafĂ© le plus cher du monde Â»3. Seul le virus de la connerie peut nous empĂȘcher de voir que l’austĂ©ritĂ©, le prĂ©sent perpĂ©tuel, la rentabilitĂ© maximale dans un minimum de temps ainsi que les circuits de circulation des marchandises frelatĂ©es qu’offre la mondialisation sont la vĂ©ritable cause de la rapiditĂ© de la contagion pandĂ©mique. Quant Ă  notre absence d’anticipation, elle est sans doute Ă  chercher en partie dans la colonisation marchande des esprits.

  •                                         Pourquoi   la   Chine   ?

Tout d’abord rappelons que la Chine n’est pas la seule rĂ©gion du monde d’oĂč Ă©mergent et peuvent Ă©merger de nouvelles Ă©pidĂ©mies. Souvenons-nous d’Ebola apparu sur le continent africain ou encore de la Grippe dite espagnole dont l’origine semble ĂȘtre les États-Unis. NĂ©anmoins, il paraĂźt Ă©vident que la Chine actuelle est devenue un terrain propice Ă  l’Ă©mergence de nouvelles Ă©pidĂ©mies. MĂȘme si il est encore trop tĂŽt pour l’affirmer et que la rĂ©alitĂ© est d’une complexitĂ© bien plus grande que nos raisonnements humains, il est tout Ă  fait plausible de penser que la forte population chinoise entassĂ©e dans d’immenses villes, la pollution trĂšs massive, l’urbanisation rapide de trop d’espaces naturels et la dĂ©sertification rampante ont induit une rĂ©duction galopante des espaces vitaux aux espĂšces animales qui conduisent Ă  des risques sanitaires plus grands. En effet, ce manque d’espaces naturels pousse certaines espĂšces Ă  se cĂŽtoyer davantage alors qu’auparavant elles s’Ă©vitaient, de fait elles se trouvent aussi plus proches des humains. Ces conditions favorisent en toute logique le passage de virus d’une espĂšce Ă  l’autre, d’autant que ces animaux sauvages, ayant plus de difficultĂ©s Ă  trouver de la nourriture de qualitĂ©, voient leurs systĂšmes immunitaires affaiblis.

La destruction environnementale n’est Ă©videmment pas l’apanage de la seule Chine, mais disons que lĂ -bas l’accumulation primitive sous la houlette du moribond parti dit « communiste Â» chinois s’est faite de maniĂšre plus brutale qu’ailleurs. Le maoĂŻsme, en plus d’avoir ravagĂ© la cervelle de gauchistes toujours avides de dĂ©sillusions ensanglantĂ©es, n’aura Ă©tĂ© dans les grandes lignes qu’une vaste mascarade morbide comme sait si bien les jouer le thĂ©Ăątre d’opĂ©ration bourgeois. DĂ©vastant ainsi, Ă  des degrĂ©s dĂ©sastreux, la complexitĂ© environnementale, laquelle constituait une barriĂšre naturelle aux chaĂźnes de transmission virales des zoonoses Ă  l’humain. L’on peut avancer sans trop de risque de se tromper qu’il s’agit donc bien de la position particuliĂšre qu’occupe la Chine dans le circuit d’accumulation du capital qui est Ă  l’origine de la propagation rapide d’Ă©pidĂ©mies ayant tendance Ă  se rĂ©pĂ©ter : la Chine actuelle est devenue l’une des usines principales du capitalisme.

La destruction que nous venons d’esquisser ici rapidement est aussi Ă  l’Ɠuvre ailleurs. L’on sait trĂšs bien que les espĂšces disparaissent rapidement aussi en mer MĂ©diterranĂ©e, notamment Ă  cause du tourisme de masse. Il ne s’agit donc pas d’un problĂšme typiquement chinois impliquant leurs us et coutumes, mais bien d’une problĂ©matique bien plus globale et systĂ©mique. D’autres crises sanitaires ne vont pas manquer d’Ă©merger en risque pandĂ©mique si nous ne changeons pas de cap. Pensons notamment aux bactĂ©ries qui commencent Ă  rĂ©sister aux antibiotiques du fait de leur utilisation massive dans l’élevage intensif de volailles et de bĂ©tails.4

Un autre indice qui suggĂšre que ce virus n’est pas sorti d’un laboratoire mais est bien d’origine animale est que ça fait dĂ©jĂ  plusieurs annĂ©es que des maladies plus ou moins sĂ©vĂšres de la famille des coronavirus sont Ă©mergentes. Ainsi, en 2003, l’Ă©pidĂ©mie SARS-CoV1 ou encore celle du MERS-CoV en 2012 Ă©taient toutes deux dĂ©jĂ  des avertissements et, comme le signalait l’Institut Pasteur, en 2015, Ă  ce sujet : « La pĂ©riode d’incubation est de 5 Ă  15 jours. Dans les pays du Moyen-Orient oĂč les populations sont plus frĂ©quemment en contact avec les dromadaires, certaines personnes porteuses du virus ne prĂ©sentent pas de symptĂŽmes Â»5. Il Ă©tait donc amplement prĂ©visible qu’un jour ou l’autre un nouveau virus de la famille des coronavirus se propagerait par l’intermĂ©diaire de porteurs asymptomatiques si la maladie prĂ©sentait une contagiositĂ© supĂ©rieure Ă  ce qui avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© observĂ©, tout en Ă©tant moins lĂ©tale, et donc passant plus facilement les barrages. Ici aussi, une rapide recherche bien ciblĂ©e permet de constater que des scientifiques sĂ©rieux parlent bien de mutations naturelles concernant ce virus. D’ailleurs, des alertes avaient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© donnĂ©es Ă  ce sujet.6 Mais l’austĂ©ritĂ© budgĂ©taire n’ayant Ă©pargnĂ© aucun secteur de la santĂ©, elle n’a Ă©videmment pas Ă©pargnĂ© non plus celui de la recherche, retardant d’autant la mise au point d’un Ă©ventuel candidat vaccin et/ou traitement efficace. L’on peut aussi aisĂ©ment considĂ©rer qu’il est probable que cette catastrophe sanitaire Ă©tait largement Ă©vitable et ceci par divers moyens proactifs afin d’avoir une meilleur prophylaxie et ĂȘtre bien mieux prĂ©parĂ© ; ce qui, aujourd’hui, n’est absolument pas le cas. Pour aller plus loin sur la question des origines de l’Ă©mergence de nouvelles maladies nous vous renvoyons vers les travaux de Robert G. Wallace l’auteur de l’ouvrage “Big Farms Make Big Flu“.

  •                                           Une crise pas si inattendue que ça…

Un approfondissement visible de la crise du capitalisme Ă©tait attendu, seul l’Ă©lĂ©ment dĂ©clencheur, le COVID-19, est une surprise.7 L’Ă©clatement de la bulle immobiliĂšre chinoise ou encore un accident nuclĂ©aire (qui ne manquera de toute façon pas d’arriver…) aurait pu tout aussi bien faire l’affaire. Dans ce contexte d’absence totale d’anticipation, le dĂ©ficit de prise en charge collective de la part des institutions s’est muĂ© en culpabilisation de type individuelle : lave toi les mains ; reste chez toi ; dĂ©nonce les irresponsables Ă  la police. Hier, on te disait Â« tracasse pas on ne risque rien Â» et, aujourd’hui, on t’assomme en martelant « ne sort pas de chez toi sinon tu es un tueur ! Â» et aprĂšs ils se demandent encore pourquoi on ne les Ă©coute pas


D’ailleurs ces recommandations pleines de fausses bonnes intentions se heurtent rapidement Ă  la logique de rentabilitĂ© du capital. Par exemple, un transporteur poids lourds comment fait-il pour avoir une bonne hygiĂšne, lui qui souvent est obligĂ© de travailler alors que les restoroutes et leurs sanitaires sont pour la plupart fermĂ©s ? Oui, une bouteille d’eau ça peut toujours servir, mais… Les personnels soignants peuvent-il vraiment travailler en sĂ©curitĂ© en l’absence de protections adĂ©quates en suffisance ? Les excuses gĂȘnĂ©es des politicards quant aux multiples erreurs concernant les arrivages de masques ne sont pas lĂ  pour les rassurer. Eux qui dĂ©jĂ  avant Ă©taient en sous-effectif, et subissaient la crainte anxiogĂšne d’une erreur fatale pour un patient, risquent maintenant leurs vies et celles de leurs proches.

Nous les avions pourtant prĂ©venu, ces gestionnaires qui n’ont que leur novlangue managĂ©riale Ă  nous jeter au visage. Quand ça n’est pas Ă  coup de flash-ball comme en France oĂč la police pour Ă©borgner gratuitement des manifestants, voire des passants, ne manquait pas de munitions, ce qui se passe de commentaire. À l’Ă©poque dĂ©jĂ  nous ne comprenions rien ! Encore aujourd’hui, ils nous infantilisent comme toujours… Toujours actifs dans la dĂ©fense d’un pouvoir autoritaire qui ne dit pas son nom, ils ne connaissent qu’une chose : loi martiale, Ă©tat d’exception, pouvoirs spĂ©ciaux.

En Italie, nous avons pu voir comment la classe exploiteuse criminalise les ouvriers qui font valoir leur droit de retrait par peur de la maladie, tandis qu’en mĂȘme temps on criminalise aussi celui qui osera sortir de chez lui sans autorisation. C’est bien sous la pression d’une colĂšre croissante et d’un nombre de morts toujours plus grand que la bourgeoisie italienne s’est trouvĂ© contrainte Ă  opter pour un confinement plus complet, ce qui n’a pas manquĂ© de faire « frĂ©mir Â» au sein de la FEB/VBO8 ; tout comme chez le ministre prĂ©sident flamand qui veut voir plus de monde au travail, et que ça saute !9 Étant entendu que votre santĂ© ils n’en ont que faire ; non, ce qui les tĂ©tanise, c’est bien la colĂšre prolĂ©tarienne !

Un peu partout dans le monde, les condamnĂ©s Ă  la prison se mutinent ; l’absentĂ©isme au travail bat des records ; les grĂšves spontanĂ©es fleurissent et la sensation que la classe dirigeante est incompĂ©tente et ment sur la vĂ©ritable situation est chaque jour plus forte. Les prises de dĂ©cisions contradictoires des bourgeois peuvent Ă  premiĂšre vue dĂ©stabiliser celui qui croit encore dans la farce qu’est la dĂ©mocratie reprĂ©sentative, mais elles ne reflĂštent que les contradictions insurmontables dans lesquelles nagent la bourgeoisie et son ocĂ©an de mensonges.

  •   Stoppons le virus et protĂ©geons-nous des coups de la bourgeoisie.

Ne pas propager le virus est essentiel, mais ne nous laissons pas enfermer dans l’individualisme mortifĂšre dans lequel la bourgeoisie cherche Ă  nous cloĂźtrer afin de nous isoler les uns des autres. Sous prĂ©texte de nous avoir sauvĂ©s, les dominants ne manqueront pas de nous faire payer les coĂ»ts qu’aura engendrĂ© leur crise sanitaire, ceci en augmentant encore les cadences, sous le prĂ©texte fallacieux selon lequel tout le monde doit se sacrifier
 prĂ©parant ainsi une prochaine crise encore plus effroyable. Bien qu’aujourd’hui nos pompiers pyromanes prĂ©tendent le contraire, dans le dessein de calmer les esprits.

Hier dĂ©jĂ , des rĂ©volutionnaires clamaient que le choix Ă  venir Ă©tait : « socialisme ou barbarie Â». Aujourd’hui, ce monde penche encore de plus en plus vers la deuxiĂšme solution. C’est Ă  nous, « ceux qui ne sont rien Â», mis Ă  part de la chair Ă  patron Ă©videmment, de construire le dĂ©but de l’histoire consciente de l’humanitĂ©, ceci en Ɠuvrant partout oĂč c’est possible pour la suppression des classes sociales tout en tĂąchant de construire une dĂ©mocratie prolĂ©tarienne mondiale. Vaste projet anthropologique c’est peu dire, projet considĂ©rĂ© comme utopique pour certains. Mais avons-nous vraiment le choix ?

La restauration rĂ©elle des Ă©cosystĂšmes ne se fera qu’en jetant dans les poubelles de l’histoire le dĂ©veloppement dit durable qui veut peindre la barbarie capitaliste en vert et lui donner un visage humain ! Sans rire. L’anticipation qui ici nous a fait dĂ©faut doit devenir notre leitmotiv devant les dĂ©fis Ă  venir. Ne laissons plus une Ă©conomie instable nous dicter notre futur de plus en plus sombre d’ailleurs. Le virus qui terrifie le plus la bourgeoisie n’est pas le coronavirus mais bien la prise de conscience de notre condition d’exploitĂ©s qui n’a rien de naturelle. Le capitalisme n’est jamais qu’un systĂšme transitoire, il n’est pas Ă©ternel et n’a pas toujours existĂ©. TĂąchons de ne jamais l’oublier.

Alors camarades, que nous soyons caissiĂšres, Ă©boueurs, facteurs ou de n’importe quelle profession jugĂ©e arbitrairement comme essentielle en comparaison Ă  d’autres, nous avons aussi droit au retrait comme tout le monde. Nourrir la population peut aussi se faire par systĂšme de rotation et sur base de volontariat, ce n’est pas Ă  certains secteurs en particulier de se sacrifier pour que d’autres puissent tranquillement tĂ©lĂ©-travailler ou simplement rester chez eux comme l’exige l’État.

Pour finir par deux notes positives, malgrĂ© la pandĂ©mie, l’air n’a sans doute jamais Ă©tĂ© aussi respirable dans de nombreuses mĂ©tropoles depuis bien longtemps et on ne va pas s’en plaindre. Une autre note d’espoir est que nous avons pu constater que des camarades originaires d’autres rĂ©gions du monde tentaient d’inciter leurs familles et leurs amis Ă  agir rapidement contre la propagation du virus, ceci mĂȘme en l’absence de cas dĂ©clarĂ© dans le but de ne pas reproduire les mĂȘmes erreurs qu’en Belgique. Ce qui laisse espĂ©rer que ça limitera la casse en tout cas il est nĂ©cessaire de porter un masque, non pas pour ne pas ĂȘtre contaminĂ© soi-mĂȘme, mais pour protĂ©ger les autres de notre Ă©ventuelle contamination. Camarades dorĂ©navant, choisissons notre avenir ne nous laissons plus conduire Ă  l’abattoir. Le confinement c’est pour les ouragans ou les nuages radioactifs, pas pour les Ă©pidĂ©mies se transmettant par voie respiratoire ! Ils ne cherchent qu’Ă  justifier le confinement rendu nĂ©cessaire temporairement par leur erreurs ainsi qu’Ă  camoufler le fait que c’est de la faute de l’austĂ©ritĂ© s’il y a pĂ©nurie de tout dans les services de santĂ©. N’Ă©coutons pas ces bonimenteurs nous intimer de ne pas porter de masques. Les camarades de Hong Kong nous ont montrĂ© la voie Ă  suivre !10

Notes     :

[1] Des initiatives de soutiens aux camarades de ces pays existent notamment celle-ci : Covid-19 – SolidaritĂ© avec les ouvriĂšres du Bangladesh : http://blog.cnt-ait.info/post/2020/03/26/BASF-bh
http://blog.cnt-ait.info/post/2020/03/26/BASF?fbclid=IwAR1q9R7TnZ2f5OwVzwnQPnl51zFkOjQn-ndg3V1jYT1s7ZaX1zX8x1_bkDk

[2] https://plus.lesoir.be/283737/article/2020-03-01/coronavirus-la-patiente-danvers-est-traitee-comme-pour-un-gros-rhume?utm_campaign=2020-03-01&utm_medium=news&utm_source=headtopics

[3] http://www.slate.fr/story/121431/cafe-civette-asiatique-maltraitance-animale-luwak

[4] La question des antibiorésistances bactériennes est actuellement toujours débattue parmi les chercheurs : https://www.youtube.com/watch?v=KSCHNN4lY5k

[5] https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/mers-cov

[6] https://sciencepost.fr/coronavirus-la-chine-avait-ete-alertee-par-ses-scientifiques-il-y-a-un-an/
https://www.rtl.be/info/magazine/science-nature/coronavirus-le-temps-perdu-de-la-recherche-depuis-le-sras-1200917.aspxv=KSCHNN4lY5k&feature=share&fbclid=IwAR2ILJmM8q1b6y3fs991AxaVDkpSy66fw7DftNIFf9XX87OfM_9bojs5wGw

[7] https://garap.org/communiques/communique31.php

[8] https://plus.lesoir.be/289187/article/2020-03-22/coronavirus-les-nouvelles-restrictions-italiennes-font-fremir-les-patrons-belges

[9] N’oublions pas que si un de nos proches nĂ©cessite une aide respiratoire il passera sans doute aprĂšs Jan Jambon ! Lui qui bĂ©nĂ©ficie dĂ©jĂ  d’un petit serviteur pour bien dĂ©sinfecter son lieu de travail… comme chacun de nous sur son lieu d’exploitation, ça va sans dire ! https://www.lavenir.net/cnt/dmf20200325_01460780/coronavirus-jan-jambon-pense-qu-il-est-trop-facile-d-obtenir-le-chomage-economique

[10] https://www.sudinfo.be/id175433/article/2020-03-23/coronavirus-je-suis-ahurie-dentendre-les-autorites-sanitaires-continuer


Article publié le 17 Juin 2020 sur Nantes.indymedia.org