Juin 24, 2021
Par Union Syndicale Solidaires
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Au nom des victimes

Notre combat judiciaire contre le groupe SAFT a commencé par la contestation du mal

nommé « plan de sauvegarde de l’emploi », en réalité un plan de licenciements, en 2013.

La SAFT a cédé son activité Cadmium pour l’ € symbolique à un investisseur, moyen très

classique pour se débarrasser de salariés et de ne pas assumer ses responsabilités.

Parallèlement, nous nous sommes inquiétés des cas de plus en plus nombreux au fil des années, de

maladies parmi nos collègues. Cancers, affections rénales ….. Nous nous sommes interrogés sur

l’origine de ces morbidités. La cause la plus évidente est l’exposition au cadmium, métal lourd utilisé

dans la production de piles et de batteries. En milieu professionnel, l’inhalation est la principale voie

d’exposition au cadmium. Le cadmium, dont les dangers sont connus depuis les années 50 est considéré

comme cancérogène certain pour l’homme depuis 1993. (Groupe 1) par le CIRC ( agence de recherche

sur le cancer de l’OMS, basée à Lyon ) .

L’ampleur du problème a été révélée par les analyses sanguines qui ont démontré qu’une très grande

partie du personnel avait des taux de cadmium dans le sang au-delà des normes. C’est une terrible épée

de Damoclès qui menace maintenant ces collègues. La situation est comparable au scandale de

l’amiante.

A ce jour, certain-e-s sont décédé.e.s de ces graves atteintes.

Au nom de leurs enfants, de leur famille et de leurs proches, nous ne pouvions rester inactifs.

En 2015, à quelques-uns, en finançant sur nos deniers personnels, nous avons engagé une procédure

pénale pour « mise en danger d’autrui » et « emploi de travailleur à une activité comportant un risque

d’exposition à des agents chimiques cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction sans

respect des règles de sécurité ». contre les dirigeants de la Saft devant le tribunal correctionnel

d’Angoulême qui nous a donné raison en condamnant les responsables. Mais, ils ont fait appel et la

cour les a blanchis.

Nous avons alors formé un pourvoi en cassation. La haute cour nous a entendus, et elle a cassé l’arrêt

de la cour d’appel.

L’affaire a donc été renvoyée devant la cour d’appel de Bordeaux en mars dernier, mais les avocats des

dirigeants ont demandé un renvoi, ce qu’ils ont obtenu. Cette stratégie, destinée à gagner du temps et à

tenter de nous épuiser atteint ses limites ; l’échéance arrive. Le 2 juillet 2021, la cour d’appel de

Bordeaux examinera à nouveau le dossier. Il ne sera plus possible aux responsables d’échapper à leurs

responsabilités.

Nous appelons les responsables politiques à demander des comptes à l’entreprise. Celle-ci a bénéficié

pendant des années de subventions publiques de l’Europe, de l’Etat, de la Région Poitou-Charentes et

de la Région Nouvelle-Aquitaine sans contrepartie ni contrôle. Encore récemment , le président Macron

lui-même est venu sur le site de Nersac annoncer de nouvelles aides publiques. Mais, pas un mot pour

les victimes et les malades.

Le 2 juillet sera l’épilogue de cette longue procédure judiciaire qui ouvrira probablement

la possibilité d’indemnisation pour les salariés exposés. Nous serons à Bordeaux aux côtés

des collègues qui vivent dans l’anxiété, des malades, des familles des victimes, pour que

justice soit enfin rendue.

Nous souhaitons que notre combat soit aussi un exemple pour tous les salariés exposés à

des produits dangereux.

Covoiturage d’Angoulême le 2 juillet 2021. Nous contacter.

Rdv devant la cour d’appel de Bordeaux, place de la République, à 8h45

Pour contacter SUD Industrie 16 : Tel portable : 07 49 28 48 64 Par mail :[email protected]

Article publié le 24 juin 2021




Source: Solidaires.org