Novembre 10, 2021
Par Paris Luttes
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L’automne arrive, les jours se raccourcissent, l’épidémie est de moins en moins rampante, le fascisme de plus en plus prégnant et la société spectaculaire-marchande n’a toujours pas été abolie. Pour pallier à la tristesse de l’époque, venez nous voir à Montreuil ! Vous pouvez trouver des livres, un café, proposer des événements ou simplement passer nous dire bonjour et profiter du jardin de la Parole Errante.

Nous continuons de faire attention aux uns, aux unes et aux autres en préservant la présence de courants d’air contre la contagion par particules aérosol interposées et en tenant nos événements, autant que faire se peut, en extérieur, mais comme il fait froid, la Grande Salle de la Parole nous héberge.

Pour égayer nos vies et armer nos esprits, en novembre, nous organisons notamment :

13 novembre à 17h – « Nous ne sommes pas seuls » rencontre avec Antoine Chopot et Léna Balaud dans le cadre du séminaire Plantations

Après avoir parlé de la mise au travail des abeilles, du soja au Brésil et du concept de Plantaciocène chez Anna Tsing et Donna Haraway, dans le cadre de la 4e séance du séminaire Plantations nous avons le plaisir de recevoir Antoine et Léna. Ce cycle s’essaye à retracer quelques histoires, celles de ces plantes devenues pour leur propriétés singulières ou par des petits hasards de l’histoire, des plantes hégémoniques que l’on retrouve partout et desquelles on a fait dépendre des modèles de productions, et tente de voir les manières d’habiter au monde qui se font et défont au travers de ces plantations.

Leur livre, sorti au printemps dernier, porte comme sous titre « politique des soulèvements terrestres ». Que se devient la « politique » lorsque des paysannes et des écologistes disséminent des graines de plantes résistantes aux herbicides dans les monocultures d’OGM pour en saboter les rendements ? Lorsque des naturalistes en lutte invitent un couple de balbuzards pêcheurs à protéger un fleuve menacé par un énième projet inutile et imposé ? Lorsque des villageois kirghizes échappent à la mainmise de l’État sur leurs moyens de subsistance en greffant en secret une forêt fruitière ? D’autres manières de faire, de se défendre, de résister, nous devancent, nous déstabilisent et nous renforcent : des manières animales, végétales, sylvestres, microbiennes, fongiques… Nos alliés sont multiformes, considérablement plus nombreux et divers que ce que notre imagination laisse entrevoir. Si nous sommes bien les seuls responsables d’un choix concerté de cibles et de stratégies contre les causes du ravage et des inégalités, nous ne sommes pas les uniques acteurs du changement que nous souhaitons voir advenir. Appel à refuser la mise au travail de la planète, ce traité d’écologie politique terrestre ouvre de nouveaux horizons pour agir avec la nature contre ceux qui l’effondrent.

Ensemble, nous tenterons d’imaginer ce que peuvent être des alliances multispécifiques dans ce monde transformé en une gigantesque et infâme plantation. Comment trouver des prises pour refuser collectivement la mise au travail du vivant, saboter les plantations et laisser s’épanouir librement les formes de vie ?

Pour plus d’info sur le séminaire Plantations voir là : http://www.michelefirk.org/programme/cycle-sur-les-plantations/

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14 novembre 17h – « Abolir la police » rencontre avec le collectif Matsuda

Qu’en est-il de la police, de ses stratégies, de son armement et comment faire pour qu’elle sorte de nos vies et du système solaire ? C’est autour de ce faisceau de questions que se constituent des séances de discussions qui nous animent depuis la rentrée au café-librairie Michèle Firk. Après avoir reçu Pierre Douillard pour Nous sommes en guerre et Mathieu Rigouste pour la réédition de La domination Policière , nous accueillons avec beaucoup d’impatience le collectif Matsuda qui viendra présenter son Abolir la Police.

Dans leur livre, qui consiste en un travail de traduction inédit et important, le collectif Matsuda revient sur le meurtre de Georges Flyod et sur toute la séquence insurrectionnelle qui a embrasée les États Unis par la suite. Prenant au sérieux l’infamie qu’est l’existence même de la police, ce livre traduit les espoirs et les réflexions qui animent outre Atlantique toutes celles et ceux pour qui défaire la police consiste en premier lieu à réinventer la justice depuis des collectifs de quartier, afro-américains ou féministes. Ou, comme dit Angela Davis, « construire des communautés fortes pour rendre la police obsolète ». Cette rencontre présentera le mouvement abolitionniste américain, particulièrement stimulant, ainsi que les luttes desquelles il hérite, de l’abolition de l’esclavage au Black Power.

La discussion s’agencera autour de la projection du film « Hollow Water ». Ce documentaire raconte l’expérience de justice transformatrice à laquelle s’est livrée la petite communauté ojibway de Hollow Water sur les rives du lac Winnipeg au Canada après qu’elle ait fait face à une épidémie d’abus sexuels en son sein. De fait de l’impuissance du système pénal, la communauté a pris les choses en main pour se faire justice dans un cercle communautaire de guérison et de détermination de la peine. Fondé sur des pratiques traditionnelles, ce modèle unique de justice réunit les familles et guérit le commun.

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16 novembre – 19h30. « Quotidien Politique. Féminisme, écologie, subsistance » rencontre avec Geneviève Pruvost



A l’occasion de la sortie de Quotidien politique à La découverte, nous accueillons Geneviève Pruvost pour échanger sur le féminisme de la subsistance. Après avoir travaillé sur les femmes et la violence, la sociologue Geneviève Pruvost s’est plongée dans un nouveau terrain de recherche : comment celles et ceux qui partent vivre et s’organiser loin des métropoles réinventent la vie ? Avec elle, nous parlerons de l’histoire de l’écoféminisme et nous verrons comment ces réflexions éclairent les vies qui s’expérimentent, loin du ravage, dans les prés.

Fin des sociétés paysannes, cuisines équipées, bétonisation des terres arables, effacement des savoir-faire et cosmogonies autochtones, ignorance des rythmes du monde vivant… Ces phénomènes divers que l’on apprend aujourd’hui à déplorer sont bel et bien liés, nous disent depuis un demi-siècle des théoriciennes écoféministes, critiques de la modernité industrielle. C’est à leurs pensées, méconnues en France, ainsi qu’aux leçons existentielles et politiques qu’il convient d’en tirer, qu’est consacré cet ouvrage. L’auteure explore les alternatives écologiques et anticapitalistes contemporaines pour démontrer que la vie quotidienne est un terrain politique fondateur.Sans politique du quotidien, sans reconstruction collective et radicale de notre subsistance, il n’y aura pas de société égalitaire ni écologique. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas la généralisation du salariat qui a permis d’accéder à la société de consommation et au confort appareillé, mais le colonialisme et le travail domestique féminin. Une autre organisation politique de la vie et des rapports à la nature est possible. À condition d’être redistribué, ancré dans une communauté en prise avec un biotope et des usages, le travail de subsistance ainsi repensé devient un facteur d’émancipation. La fabrique du quotidien apparaît alors pour ce qu’elle est : un enjeu révolutionnaire

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21 novembre à 13h – Grande Braderie du Turfu !

Comme on a lu récemment dans une version apocryphe du Manifeste que « Les prolétaires n’ont rien à y perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, faites une grande braderie ! », nous nous sommes rappelé-es que ça faisait bien trop longtemps qu’on en avait pas organisée. Nous en sommes tellement désolé-es qu’on va tout faire pour se faire pardonner. Le turfu c’est maintenant !

Vous en avez l’habitude, mais les évidences méritent toujours d’être rappelées. Au programme des festivités pour cette journée :

  • Crêpes véganes sucrées
  • Vin et cidre chauds
  • Occasions à prix libre à foison
  • Nouveautés littéraires fraichement déballées
  • Revues subversives et bigarrée

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2 décembre : rencontre avec les éditions Terrasse

Vous ne connaissez pas encore les éditions Terrasse ? On vous offre l’occasion de vous rattraper !

 Les Éditions Terrasses font renaître en 2019 le carrefour culturel et politique de la Méditerranée imaginé juste avant le début de la guerre de libération nationale algérienne par la revue du même nom, mort-née en 1953. Le seul numéro de la revue Terrasses proposait alors des ponts entre écrivain.e.s engagé.e.s de la Méditerranée pour soutenir un internationalisme libérateur porté par la poésie et la prose.Les Éditions Terrasses veulent faire redécouvrir, traduire et présenter les écrits de ceux et celles qui ont voulu faire vivre pleinement les échos des internationalismes révolutionnaires entre Marseille et Alger, entre New-York et Kinshasa…Nous voulons, aujourd’hui, réactualiser cet héritage politique et culturel en présentant des écrits contemporains dont les coeurs résonnent de littératures et d’engagements et qui accompagnent des choix de trahison face aux privilèges pour mieux penser la libération. Nous voulons par l’édition et l’organisation collective construire des ponts entre des moments populaires de création et des expériences d’émancipation, entre des positionnements radicaux dans l’écriture et l’organisation de forces pour changer la société et participer à toutes les émancipations. 

A vite




Source: Paris-luttes.info