PĂ©riphĂ©rie de Goma, 28 mars 2019. Un policier congolais arrĂȘte des vĂ©hicules Ă  un barrage routier dans le cadre de la lutte contre Ebola / Photo Alexis Huguet {JPEG}

« Une grande Simba, bien fraĂźche s’il vous plaĂźt  ! Â» AccoudĂ© Ă  la balustrade du Lac Kivu Lodge, j’allume une cigarette en attendant ma biĂšre. Je dois l’avouer, je suis un peu fĂ©brile ce soir. Nous sommes Ă  la mi-mars. L’atmosphĂšre est douce mais il n’y a presque pas de clients. Seulement trois autres Français, tout aussi excitĂ©s que moi, dans l’ambiance tamisĂ©e d’une terrasse chic Ă  l’Est de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC). Nous attendons impatiemment de voir la tĂȘte de Macron apparaĂźtre sur l’écran fixĂ© au mur.

Quelle ironie du sort ! Cela fait un an et demi que nous, journalistes, humanitaires, chercheurs, engloutissons des cocktails sur cette terrasse, les yeux dans le coucher de soleil, Ă  deviser sur les morts d’Ebola. Entre deux bouchĂ©es de risotto aux cĂšpes, nous nous indignons de l’inintĂ©rĂȘt de l’Occident pour cette Ă©pidĂ©mie qui a tuĂ© en vingt mois plus de 2 000 personnes dans d’horribles souffrances, ici, dans les Kivus. Un coin d’Afrique aux paysages de montagnes enchanteurs, mais qui semble damnĂ© depuis le gĂ©nocide des Tutsis au Rwanda voisin en 1994. Cet Ă©pisode sanguinaire a enfantĂ© un nombre incalculable de conflits armĂ©s, d’épidĂ©mies et de crises humanitaires au milieu desquelles les habitants de l’Est du Congo slaloment encore pour survivre – vingt-six ans aprĂšs.

« Nous sommes en guerre  ! Â» Macron vient d’entrer en piste. Je m’étouffe dans ma fumĂ©e de clope en entendant l’anaphore martiale d’un enfant du monde Uber 2.0 qui ne connaĂźt rien au quotidien de la guerre. Les quatre Frenchies que nous sommes l’insultons copieusement par-dessus le clapotis des vagues qui caressent le ponton de notre restaurant. Ce soir, vu de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, j’ai un peu l’impression que les pĂŽles se sont inversĂ©s. J’ai ce sentiment honteux en moi de « Ah  ! Maintenant c’est vous qui galĂ©rez  ! Â» C’est moche, mais c’est peut-ĂȘtre parce que j’ai tout le temps l’impression que le monde entier se fout gaiement de toutes les misĂšres d’ici. Oui, il m’arrive d’ĂȘtre content de me dire que ça dĂ©conne aussi de l’autre cĂŽtĂ©. Du cĂŽtĂ© riche, du cĂŽtĂ© prĂ©tentieux du monde. Du cĂŽtĂ© qui se sent invincible. Du cĂŽtĂ© d’oĂč je viens.

« VoilĂ  Monsieur Alexis. Votre biĂšre, Monsieur Alexis. Â» Dans son costume de majordome, le serveur me tend religieusement la bouteille givrĂ©e. Ni lui ni ses collĂšgues ne sont vraiment bousculĂ©s par le discours de notre jeune prĂ©sident va-t-en-guerre. À dire vrai, ils sont plutĂŽt hilares de voir tous ces bazungu (les Blancs, en kiswahili) affolĂ©s. Pour eux, enfants des pays pauvres, enfants du « tiers monde Â», dĂ©pouillĂ©s de leur humanitĂ© et transmuĂ©s en statistiques dĂšs lors qu’ils enfourchent un Zodiac crevĂ© sous le feu libyen, c’est plutĂŽt cocasse de voir les fiers dirigeants de l’Occident, donneurs de leçons depuis des temps immĂ©moriaux, perdre la face en se contredisant Ă  chaque point-presse devant les tĂ©lĂ©s du monde. Ce soir, nos serveurs sont plus prĂ©occupĂ©s par de possibles fusillades sur le trajet du retour Ă  la maison ou par la santĂ© d’un de leurs enfants encore frappĂ© par la malaria, que par les mesures de confinement qui fleurissent en Europe. Ils en ont vu d’autres, des crises, dans la rĂ©gion. Et ils continuent d’en subir – et des plus structurelles et des sauvagement mortelles.

Ce soir-lĂ , le SARS-CoV-2 paraissait encore bien loin de Goma et de la rĂ©gion des Grands Lacs (Ouganda, Rwanda, Burundi, Est de la RDC). Pourtant, il accaparait dĂ©jĂ  notre espace mental, nourrissant nos fantasmes et nos peurs. C’est que les mĂ©dias « internationaux Â», prisme dĂ©formant de la vie de notre espĂšce sur Terre, n’avaient dĂ©jĂ  plus que cet unique mot dans leur dictionnaire : coronavirus. Et nous, tout en sirotant des gin and tonic dans la brise du lac, suivions hypnotisĂ©s la litanie macabre des morts au nord de l’Italie et Ă  Madrid.

Comme droguĂ©s, les pupilles rivĂ©es sur Trump, Johnson et Macron, nous n’étions pas en train de documenter les aventures du bacille virgule (agent pathogĂšne du cholĂ©ra) dans les alpages verdoyants du Masisi. Pourtant, Ă  moins de trois heures de piste boueuse de notre Lac Kivu Lodge, il en vidait des intestins de gosses, entassĂ©s sous des bĂąches plastiques, aprĂšs avoir fui les combats de leurs grands frĂšres. Pas de point-presse ni de camĂ©ra non plus dans les centres de santĂ© du territoire d’Aru, quelques centaines de kilomĂštres plus au nord. Dans la steppe assommĂ©e de soleil, Ă  deux pas du Soudan du Sud, un morbillivirus – lointain cousin des coronavirus, responsable de la rougeole – emportait les enfants par dizaines.

Depuis un an et demi, la rougeole besogne donc tranquille, Ă  l’abri des regards, tuant mĂ©ticuleusement les plus jeunes qui ont le malheur d’échapper aux campagnes de vaccination. Quelques organisations humanitaires tentent bien d’acheminer, Ă  dos de moto, des lunchs-boxes isothermes contenant quelques centaines de milliers de vaccins aux quatre coins du pays. Mais pour ces campagnes-lĂ , les ONG manquent de moyens : la rougeole, ça n’est pas vendeur. Au vrai, mĂ©dias et bailleurs de fonds occidentaux s’en tamponnent un peu.

C’est que dans le vaste univers des crises sanitaires, il est des maladies sexy et d’autres qui ne le sont pas. « Les financements dĂ©pendent beaucoup de l’impact que peut avoir telle ou telle Ă©pidĂ©mie sur les pays bailleurs Â», explique un employĂ© de la Banque mondiale en Afrique centrale. PrĂ©fĂ©rant garder l’anonymat, l’homme enchaĂźne en prenant l’exemple de la lutte contre le virus Ebola, qui a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une couverture journalistique et de financements majeurs : « La vraie motivation derriĂšre, c’était quand mĂȘme qu’Ebola aurait pu atteindre l’Europe ou les États-Unis. C’est ça qui fait peur  ! Et c’est donc beaucoup plus facile de convaincre les parlements dans les pays qui donnent beaucoup d’argent pour qu’ils donnent encore plus afin de prĂ©venir une pandĂ©mie globale. Â»

Autre aspect du problĂšme : comme la « gĂ©nĂ©rositĂ© Â» occidentale a ses limites, pour habiller Paul il faut souvent dĂ©shabiller Pierre. Ebola a donc trustĂ© des fonds auparavant utilisĂ©s pour lutter contre d’autres maladies moins spectaculaires, plus « banales Â» mais nĂ©anmoins ravageuses. Le Covid-19 jouera-t-il le mĂȘme rĂŽle dĂ©lĂ©tĂšre ? Beaucoup le craignent.

Une chose est sĂ»re : l’actuelle foire d’empoigne sur le marchĂ© des matĂ©riels de protection individuelle n’arrange rien. La France, pourtant Ă©tablie du bon cĂŽtĂ© du monde, en avait fait les frais fin mars. Elle s’était fait squeezer Ă  la derniĂšre minute par les États-Unis qui, semble-t-il [1], rachetaient cash les stocks de masques destinĂ©s Ă  d’autres, directement sur les tarmacs des aĂ©roports chinois. Or, que pĂšse-t-on Ă  la criĂ©e mĂ©dicale de Shenzhen ou de Zhengzhou quand on s’appelle RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, Niger ou Gambie ? À peu prĂšs rien du tout.

Fin mai, MĂ©decins sans frontiĂšres (MSF) a donc appelĂ© « de toute urgence Â» Ă  la rĂ©gulation de ce marchĂ© dĂ©loyal « afin d’assurer une distribution plus Ă©quitable du matĂ©riel mĂ©dical Â». Coordinatrice des urgences de l’organisation en RDC, Trish Newport insiste : « Les Ă©quipements de protection individuelle, tels que les gants et les masques, ne sont pas seulement utilisĂ©s pour faire face Ă  la pandĂ©mie de Covid-19. En RDC par exemple, MSF rĂ©pond actuellement Ă  de nombreuses situations d’urgence, notamment l’épidĂ©mie de rougeole en cours et le grand nombre de personnes qui ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©es par les violences. Â» MĂȘme quand il s’agit de traiter des maladies courantes comme la malaria et les diarrhĂ©es, ces Ă©quipements sont nĂ©cessaires « pour assurer la sĂ©curitĂ© du personnel et des patients Â».

Le 30 mai, la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo comptait officiellement 3 070 cas confirmĂ©s de contamination au coronavirus, pour 72 dĂ©cĂšs. Des chiffres certainement sous-estimĂ©s, puisqu’il n’existe pour tout le pays – grand comme quatre fois la France – qu’un seul laboratoire en capacitĂ© de procĂ©der aux tests. La situation gĂ©nĂ©rale ne fait toutefois guĂšre de doute : ici, l’épidĂ©mie est incomparablement moins virulente que, par exemple, chez l’ancien colon belge. De Kinshasa Ă  Lumumbashi, plus que le poison, c’est l’antidote qui risque de mettre le pays Ă  mal.

Sur le plan des libertĂ©s publiques, les couvre-feux nocturnes qui sĂ©vissent depuis fin mars dans certaines rĂ©gions font les choux gras d’une police souvent violente et corrompue. La fermeture des frontiĂšres, elle, reprĂ©sente un double coup dur. D’une part, les approvisionnements en mĂ©dicaments et matĂ©riel mĂ©dical, dĂ©jĂ  laborieux d’habitude, risquent d’arriver au compte-goutte et avec un coĂ»t de transport exorbitant. D’autre part, l’économie est dans le rouge : les importations de denrĂ©es alimentaires et les exportations de minerais (principale richesse du pays) connaissent de graves difficultĂ©s. En cette fin mai, bars et restaurants gardent porte closeÂŹ tandis que les transports restent perturbĂ©s. « Ici, les restrictions liĂ©es au Covid pourraient ĂȘtre pires que la maladie elle-mĂȘme, s’alarme une responsable humanitaire basĂ©e au Nord-Kivu. Beaucoup d’entreprises sont fermĂ©es et Ă  cause des mesures beaucoup de gens ne peuvent plus travailler. À Goma, le prix de la nourriture a beaucoup augmentĂ©. Les effets se voient beaucoup plus vite ici que, par exemple, en Europe, oĂč les gouvernements peuvent toujours un peu aider avec de l’argent si tu as perdu ton emploi. Â»

Autre problĂšme, d’ordre mĂ©dical : le renoncement aux soins. Selon MSF, beaucoup de patients de la province de Kinshasa, qu’ils soient touchĂ©s par la rougeole, le paludisme ou le VIH, arrĂȘtent de frĂ©quenter les structures de santĂ© de peur d’y attraper le coronavirus.

Conclusion globale de Karel Janssens, le chef de mission belge de MSF Ă  Kinshasa ? « La situation sanitaire est gravissime. Â»

Flashback. AĂ©roport de Goma, le 27 avril. Je traĂźne pĂ©niblement ma valise en direction du comptoir d’enregistrement. DerriĂšre mon masque FFP Ă  1,5 dollar amĂ©ricain – plus que le revenu journalier moyen en RDC [2] – je scrute les logos sur les tee-shirts des passagers qui m’entourent. Toute la planĂšte humanitaire est lĂ . Sauve qui peut ! Chacun rentre chez soi, essentiellement en Europe et en AmĂ©rique du Nord. Ce vol charter, dĂ©rogatoire Ă  la fermeture gĂ©nĂ©rale des frontiĂšres, a Ă©tĂ© affrĂ©tĂ© spĂ©cialement pour nous – le prix du billet est tellement indĂ©cent que je le tairai ici. Les vols rĂ©guliers avaient Ă©tĂ© suspendus fin mars et un vent de panique avait alors remplacĂ© la brise du lac : dans la communautĂ© « expats Â», certains se sont dit que la situation pouvait salement dĂ©gĂ©nĂ©rer si l’épidĂ©mie frappait fort le pays. Il valait mieux dĂ©caniller. D’autres n’ont pas eu le choix : leur employeur ou leur ambassade ne voulait pas avoir Ă  les gĂ©rer en cas de crise sĂ©curitaire sĂ©vĂšre causĂ©e par la crise sanitaire. D’autres encore avaient tout simplement besoin de rejoindre leurs proches dans tel ou tel pays d’Occident copieusement amochĂ© par la pandĂ©mie.

Loin de moi l’idĂ©e que nous soyons tous essentiels au Nord-Kivu, mais Ă  cet instant-lĂ , cette vision des Blancs qui dĂ©guerpissent a quelque chose d’un peu inquiĂ©tant pour la suite. D’autant qu’avec la fermeture des frontiĂšres, il risque de se passer un moment avant que les personnels mĂ©dicaux formĂ©s et autres essential staff puissent revenir ici.

Notre charter est arrivĂ©. En file indienne, face Ă  la passerelle, nous n’en menons pas large. Dans nos tee-shirts blancs couverts de slogans bienfaiteurs, nous baissons les yeux sur le goudron brĂ»lant. Est-ce notre rĂ©vĂ©rence d’adieu au volcan Nyiragongo, qui crache, imperturbable, sa lave en bout de piste ? Ou notre propre lĂąchetĂ© qui nous gifle la nuque ? Sensation dĂ©sagrĂ©able d’ĂȘtre forcĂ© Ă  se regarder dans le miroir. Dans quelques heures, nous serons de l’autre cĂŽtĂ© des dĂ©serts d’Éthiopie et d’Égypte, et loin, si loin des dĂ©serts mĂ©dicaux congolais. Ces centres de santĂ© qui s’effondrent sous les pluies, ces pharmacies vides et ces milliers d’infirmiers sans moyens ni salaires : c’est peut-ĂȘtre ça aussi que nous fuyons, alors que la ville dĂ©file Ă  toute vitesse Ă  travers le hublot. Mais nous, journalistes, chercheurs, humanitaires, nous vivons des crises. Et au moment oĂč le train d’atterrissage s’arrache enfin au bitume de Goma, une chose est sĂ»re : tĂŽt ou tard, nous reviendrons. Ici, mĂȘme aprĂšs le Covid-19, nous aurons du travail encore pour longtemps.

Texte & photo Alexis Huguet

Le paludisme en force ?

Au niveau continental, les restrictions de circulation et autres perturbations liĂ©es Ă  la lutte contre le Covid-19 inquiĂštent l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS). Dans une Ă©tude publiĂ©e fin avril, elle envisage neuf scĂ©narios dans lesquels l’accĂšs aux outils fondamentaux de lutte contre le paludisme serait perturbĂ© dans 41 pays pendant la pandĂ©mie. « Dans le pire de ces scĂ©narios, qui prĂ©voit la suspension de toutes les campagnes de distribution de moustiquaires imprĂ©gnĂ©es d’insecticide et un recul de 75 % de l’accĂšs aux antipaludĂ©ens efficaces, on compterait, selon les estimations, 769 000 dĂ©cĂšs dus au paludisme en Afrique subsaharienne pour 2020, soit deux fois plus que les chiffres de 2018 dans la rĂ©gion. Cela reviendrait Ă  retrouver des taux de mortalitĂ© due au paludisme jamais vus depuis vingt ans. Â»


Vaccins : l’Afrique n’est pas une Â« terre de cobayes Â»

Le 1er avril dernier, deux pontes de la mĂ©decine sont en direct sur le plateau de LCI. Ils y discutent en toute dĂ©contraction des recherches sur l’utilisation du vaccin contre la tuberculose (BCG) pour prĂ©venir la propagation du Covid-19. Et patatras ! Sans mĂȘme s’en rendre compte, Jean-Paul Mira, chef du service de rĂ©animation Ă  l’hĂŽpital Cochin – Ă  Paris – lance un Scud Ă  la face des Africains : « Si je peux ĂȘtre provocateur, est-ce qu’on ne devrait pas faire cette Ă©tude en Afrique, oĂč il n’y a pas de masques, pas de traitement, pas de rĂ©animation, un peu comme c’est fait d’ailleurs sur certaines Ă©tudes avec le sida, ou chez les prostituĂ©es : on essaie des choses parce qu’on sait qu’elles sont hautement exposĂ©es. Qu’est-ce que vous en pensez  ? Â» Et Camille Locht, directeur de recherche Ă  l’Inserm (Institut national de la santĂ© et de la recherche mĂ©dicale) de rĂ©pondre tranquillement : « Vous avez raison. D’ailleurs, on est en train de rĂ©flĂ©chir en parallĂšle Ă  une Ă©tude en Afrique avec le mĂȘme type d’approches. Ça n’empĂȘche pas qu’on puisse rĂ©flĂ©chir en parallĂšle Ă  une Ă©tude en Europe et en Australie. Â»

La sĂ©quence complĂšte dure moins de deux minutes, mais de Rabat Ă  Capetown, c’est un continent entier qui se lĂšve contre les mots de Jean-Paul Mira, qui sonnent comme des relents nausĂ©eux de l’ùre coloniale. Sur les rĂ©seaux sociaux, des dizaines de milliers de citoyens, des stars de la musique et du foot et quelques hommes politiques africains hurlent leur rage de se sentir relĂ©guĂ©s au rang de rats de laboratoire. Macky Sall, le prĂ©sident du SĂ©nĂ©gal, dĂ©clare par exemple que l’Afrique « n’est pas un no man’s land. Elle ne saurait, non plus, s’offrir comme terre de cobayes Â».

Au-delĂ  de la violence symbolique de tels propos, on peut s’inquiĂ©ter de leur effet sur l’acceptation sociale de la vaccination de maniĂšre globale. Mi-mai, Radio France International rapportait que les autoritĂ©s sĂ©nĂ©galaises notaient une baisse de frĂ©quentation des centres de vaccination : « Certains parents ne veulent plus faire vacciner leurs enfants contre la rougeole, la poliomyĂ©lite ou encore la tuberculose. Ils expliquent vouloir refuser le test sur leurs enfants d’un supposĂ© vaccin contre le Covid-19 par des mĂ©decins europĂ©ens. Â»


La Une du n°188 de CQFD, illustrée par Emilie Seto {JPEG}

- Cet article a Ă©tĂ© originellement publiĂ© sur papier dans le numĂ©ro 188 de CQFD, en kiosque du 5 juin au 2 juillet. Voir le sommaire du journal.

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Article publié le 17 Juin 2020 sur Cqfd-journal.org