Février 1, 2021
Par Rennes Info
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Depuis plus de deux ans, les revendications et mobilisations des hospitalier.e.s sont au cœur du
débat public, et d’autant plus en cette période de crise sanitaire.

L’opinion publique s’est ainsi progressivement placée en soutien à nos revendications, qui sont, des
moyens à la hauteur des besoins : des lits, du personnel, et des salaires augmentés pour toutes et tous,
pour atteindre la moyenne des pays européens pour les soignant.e.s. Le gouvernement s’est senti contraint
de lâcher du lest sur le plan salarial, sans répondre à nos revendications structurelles.

Partout en France, de nombreux hospitaliers ont porté cette parole et contribué à la faire vivre. Ils sont
aujourd’hui l’objet de représailles de la part de leurs directions : conseils de discipline, reports de
titularisations, non renouvellement de contrats.

C’est le cas de Thierry, aide-soignant contractuel aux Urgences du centre hospitalier de Dinan (Côtes
d’Armor).

Comme de nombreux autres collègues partout en France, il s’est investi au sein du Collectif Inter-Urgences.
Il en est devenu l’un des représentants régionaux, et porte-parole des revendications que le Collectif et SUD
Santé Sociaux défendent ensemble.

L’un des moments marquants de cet engagement a été la rédaction par le Collectif d’une lettre ouverte le 7
mars 2020 au Président de la République, afin de témoigner des conditions de travail difficiles et de
l’absence de solutions portées par la Direction de l’Hôpital. Au mois de juin, c’est une nouvelle lettre que
signait le Collectif pour dénoncer les conditions d’attribution de la prime exceptionnelle liée au COVID.

Ces expressions ont manifestement déplu à la Direction de l’établissement. Sans raison valable, elle
l’a transféré dans le service de gériatrie. Les évaluations de Thierry sont excellentes, il y a une pénurie
d’aide-soignant.e.s, des postes sont vacants dans l’établissement. Pourtant, la direction décide de mettre
fin à son contrat le 30 septembre 2020.

Pour SUD Santé Sociaux 35 et le Collectif Inter-Urgences, il est clair qu’il s’agit d’une mesure disciplinaire,
pour avoir exercé sa liberté d’expression et son devoir d’alerte sur les réalités hospitalières.

Pour toutes ces raisons, SUD Santé Sociaux 35 et le Collectif Inter-Urgences ont décidé de contester cette
sanction déguisée. Une procédure est en cours au tribunal administratif de Rennes, pour faire
reconnaître et condamner cette entrave à la liberté d’expression et au droit de revendication.

Certaines directions hospitalières, comme le cas de Thierry, alimentent un management répressif pour
limiter les dénonciations du démantèlement de l’hôpital public.

Sans prise de parole des hospitalier.e.s, par leurs syndicats, par leurs collectifs, par les professionnel.le.s de
terrain qui s’y investissent, il n’y aurait pas d’information du public. De surcroit, il n’y aurait aucune chance
de trouver les solutions qui permettent de faire de notre système de santé, un grand service public, que la
population est en droit d’attendre.

SUD Santé Sociaux 35




Source: Rennes-info.org