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Alors que la loi « séparatisme » sort du Sénat lourdement amendée par la droite, une série d’actes racistes a eu lieu cette semaine dans différentes villes, sonnant comme un présage des effets directs de cette loi.

Ces derniers jours ont été marqués par une vague d’actes islamophobes : menace d’attentat au Mans, tags du centre culturel islamique de Rennes, incendie de la mosquée de Nantes. Les tags de Rennes portent la marque de l’extrême droite, s’inscrivant ainsi dans la continuité d’une vague d’attaques fascistes après l’attaque de la Plume Noire à Lyon et l’intrusion de l’Action française au conseil régional d’Occitanie. Les événements du Mans et de Nantes sont présentés dans les médias comme le fait de personnes isolées voire déséquilibrées, illustrant une nouvelle fois le fait que la responsabilité imputée aux auteurs d’attaques et la facilité à les qualifier de terroristes varient en fonction de leur profil et de celui de leurs victimes. Il est pourtant impossible d’ignorer le climat politique dans lequel se produisent ces passages à l’acte.

Cette multiplication d’attaques intervient dans un contexte marqué par la loi séparatisme, devenue un véritable fourre-tout nationaliste : interdiction du voile dans l’espace public pour les mineures, ainsi que pour les accompagnatrices de sorties scolaires, interdictions des drapeaux étrangers lors des mariages, amendement contre les « listes communautaires » aux élections… Mais aussi suppression des allocations familiales pour les familles d’enfants en « décrochage scolaire », incarnant bien l’articulation entre racisme et lutte des classes à l’œuvre dans cette loi.

Le gouvernement, par la voix de Gérald Darmanin tente de se démarquer en prétendant que ces propositions portées par la droite conservatrice et l’extrême droite vont à l’encontre de l’« esprit » de cette loi. Une position inaudible de la part de celui qui reprochait à Marine Le Pen d’être « molle » vis à vis de l’islam il y a seulement deux mois, et venant d’un gouvernement qui reprenait il y a peu le terme « islamo-gauchisme » à son compte. L’« amendement Unef », adopté à l’unanimité sans la moindre voix « contre » de la part des partis dit de gauche et avec le soutien de Marlène Schiappa est un autre rappel de la nature de ce projet de loi et de sa volonté d’attaquer les outils d’autodéfense des personnes victimes de discriminations. Cette dernière a été formulée en réaction à la découverte de la classe politique de la non-mixité, un outil d’auto-organisation d’opprimé-es pour parler de ce qu’iels subisssent. Au delà de l’Unef, cet amendement est une menace directe pour de nombreuses organisations antiracistes, syndicales et politiques.

Dans l’ambiance délétère créé par cette légitimation des idées les plus rances, comment s’étonner de la multiplication de ces violences ? Le lundi 12 avril c’est le fronton de Science Po Paris qui a été retrouvé couvert d’inscriptions antisémites, nous rappelant que les racismes se nourrissent les uns les autres et que le climat politique actuel affecte toutes les minorités. La nécessité d’un front commun antiraciste et antifasciste n’en est que plus évidente.

Union communiste libertaire, le 10 mai 2021




Source: Unioncommunistelibertaire.org