Février 1, 2022
Par Le Monde Libertaire
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Publié le 30 janvier 2022 par Enough 14
L’heure est venue de nous rejoindre pour défendre la forêt d’Atlanta ! : une invitation du collectif qui y habite.

La forêt, qui est un territoire volé aux Muskogee (Indiens Creeks), est appelée à recevoir une ville en préfabriqués pour la formation de la police. Nous n’avons pas l’intention de permettre cela, ni de limiter nos actions à des occupations d’arbres et des camps. Il y a déjà eu deux incendies volontaires, des sabotages de machines, des incursions à des domiciles et des bureaux, des barricades, et plus encore. Plus il y aura de gens pour rester dans la forêt, plus nous aurons de chances. Vivre dans la forêt nous met en capacité de réagir immédiatement à toute menace envers la forêt. Il ne faut pas leur laisser un mètre sans rencontrer d’opposition. Pas un brin d’herbe. A ce stade, la forêt est un monde autonome où la police hésite à s’aventurer. Aidez-nous à la conserver. Venez défendre la forêt, lutter contre la police et cette civilisation qui en a besoin.

Défendre la forêt d’Atlanta – Historique et compte rendu de lutte
Publié le 30 janvier 2022 par Enough 14

Depuis l’été 2021, des actions ont été menées pour empêcher le développement de la forêt de South River, dans une lutte intersectionnelle soutenue par une grande variété de groupes pour plusieurs raisons.

HISTORIQUE

La forêt de South River est dans l’une des régions où vivaient historiquement les Muskogee avant leur expulsion forcée. Suite à cela, leur territoire a été utilisé pour des plantations travaillées par des esclaves. Puis, après la guerre civile, ce territoire a connu l’une des premières transitions à l’esclavage carcéral avec la construction d’une prison où les populations des zones environnantes étaient détenues et contraintes au travail agricole forcé.
Une fois la prison fermée, la forêt de South River est devenue un dépotoir. La première bibliothèque publique d’Atlanta a été détruite et des objets ont été laissés sur place, des animaux du zoo y ont été enterrés, les murs de l’ancienne sont tombés en ruine. La mauvaise utilisation des terres et la pollution des terres ont gravement contaminé l’eau et le sol de la forêt.
La forêt de South River abrite désormais l’Intrenchment Creek Park, l’Atlanta Radio Control Club, un terrain de tir réservé aux policiers et un réseau de sentiers publics.
Aujourd’hui, deux entités prévoient de détruire la forêt à leurs propres fins : Blackhall Studios, qui prévoit de construire une énorme scène sonore, et le département de police d’Atlanta, qui veut y construire une installation connue familièrement sous le nom de «Cop City» [Flics Ville].
Les quartiers environnants sont principalement habités par une population à faible revenu, de sorte que la construction de la scène sonore Blackhall entraînera une gentrification qui entraînera le déplacement des populations locales.
La construction de Cop City a de vastes implications. Ce centre d’entraînement à la guerre urbaine signifierait la militarisation de la police dans le sud-est. Sa construction créerait un précédent pour les installations d’entraînement à la guerre urbaine aux États-Unis et dans le monde. Nous avons déjà le précédent historique de l’École des Amériques
Tout cela sans parler de l’importance écologique et environnementale de la conservation de cette forêt. La forêt de South River est l’une des plus grandes forêts urbaines des États-Unis. Elle est habitée par des espèces diverses telles que les coyotes et les castors, et abrite de multiples arbres centenaires.

OCCUPATION FORESTIÈRE ET DÉFENSE

L’occupation de la forêt a commencé fin 2021 dans le secteur de Blackhall. Un camp a été construit par ceux et celles que nous appellerons les « défenseurs de la forêt » dans ce texte. Cela inclut tout le monde, depuis les personnes qui sont installées dans les arbres jusqu’aux locaux.

Ces camarades, pour beaucoup, ne se connaissent même pas. Les entités agissent de manière autonome les unes par rapport aux autres même si elles ont les mêmes objectifs.

Suite à l’expulsion du camp d’origine, un nouveau camp a été établi dans le secteur de la forêt prévu pour la construction de Cop City. On a entrepris, sur plusieurs semaines, la construction de deux accrobranches. Alors qu’elles étaient en cours d’achèvement, la construction de Cop City a débuté.
Cela commencé le 18 janvier 2022. Tôt le matin, les défenseurs de la forêt ont remarqué la présence de personnels arpenteurs parcourant la forêt. Nous avions été alertés quant à de prochains tests de sol, nous n’avons donc pas été surpris. Nous savions également que l’APD n’avait pas obtenu les permis nécessaires pour arracher des arbres, ce qui a été confirmé par la personne responsable de Dekalb Land Development. Nous n’avons pas non plus été surpris par l’arrivée d’un bulldozer.
Les ouvriers ont utilisé le bulldozer pour creuser de nouveaux chemins à travers la forêt, détruisant d’innombrables arbres et jeunes arbres.
Leur plan était d’ouvrir des passages pour le forage du sol. Les défenseurs de la forêt ont convergé vers le bulldozer et escorté en toute sécurité les travailleurs hors de la forêt. Par la suite, les vitres du bulldozer ont été brisées.
La police est venue dans la forêt pour arrêter les défenseurs de la forêt. Certain.e.s se sont retirés tandis que d’autres sont restés. Un policier a pointé une arme sur un défenseur de la forêt, qui a ensuite été interpelé mais n’a pas été arrêté. La construction n’a pas repris pendant le reste de la semaine, laissant aux défenseurs de la forêt le temps de se préparer. Pendant ce temps, d’autres personnes sont venues dans la forêt, dont un géomètre de l’État, mais le calme a régné.

CETTE DERNIÈRE SEMAINE D’ACTION
Lundi 24 janvier, un nouveau groupe de personnels de la construction est venu dans la forêt, comprenant des géomètres et travailleurs des services publics souterrains. La police a escorté ces personnels à travers la forêt tandis que les défenseurs de la forêt jouaient au chat et à la souris. Des flics en civil ont encerclé la forêt et effectué des manœuvres d’intimidation des extérieurs qui voudraient se garer à proximité. Il y a donc eu soutien extérieur, mais il n’a pas été massif.
Le mardi 25 janvier, des géomètres, un bulldozer et une escorte policière sont arrivés dans la matinée. Encore une fois, le bulldozer a été utilisé pour détruire des arbres. Il est important de noter que cette activité était toujours illégale en raison du manque de permis. Heureusement, les travaux ont été retardés par des barricades et l’absence de personnels arpenteurs. Les défenseurs de la forêt, qui jouaient à cache-cache, étaient poursuivis par la police. Deux personnes ont été interpelées et ont reçu des avertissements d’intrusion criminelle, mais n’ont pas été arrêtées.
Cette nuit-là, une réunion a été convoquée. Deux manifestations étaient prévues : une « Marche pour la forêt » le vendredi 28 janvier, et une autre deux semaines après. Les soutiens de la communauté se sont coordonnés afin de s’assurer que tout le monde sache où aller. Notre plan étant établi, nous avons envisagé le lendemain avec plus de confiance.
Le mercredi 26 janvier, les défenseurs de la forêt ont réussi à bloquer les bulldozers. Le département de police d’Atlanta et le département de police de Dekalb ont collaboré à leur répression. Cette fois, la police a apporté des VTT pour poursuivre les gens et un drone pour la surveillance. Des outils ont été apportés pour détruire les barricades, et toutes sauf une ont été détruites. Des sondages dans le sol ont été effectués avec succès, mais il n’y a eu ni détention ni arrestation.
Le jeudi 27 janvier, ouvriers et policiers étaient sur place, démontant des barricades et plaçant des piquets d’arpentage. Le jeu du chat et de la souris a continué.
Le vendredi 28 janvier, plus de 60 défenseurs de la forêt et membres de la communauté se sont rassemblé.e.s pour marcher ensemble. Ce groupe a traversé le côté de la forêt du Parc Intrenchment Creek, a défilé pendant un certain temps, puis est entré dans la forêt. Les défenseurs de la forêt ont affronté des flics et des ouvriers utilisant des engins de forage. Environ 4 à 6 défenseurs de la forêt ont été arrêtés et une manifestation bruyante a été organisée pour les soutenir.
Dans l’ensemble, nous sommes touché.e.s par l’amour et le soutien de nos communautés. Beaucoup ont donné de leur temps et apporté leurs talents pour aider à défendre la forêt. Nous tenons le coup, mais nous pouvons faire et nous ferons encore plus.
À ce stade, nous avons besoin principalement de deux choses : davantage de personnes pour aider à soutenir les arbres en s’y installant et pour défendre la forêt contre la destruction, ainsi que des initiatives légales pour retarder la construction.

S’il vous plaît, rejoignez-nous et soutenez-nous. Consultez https://scenes.noblogs.org/ et envoyez un e-mail à [email protected] pour nous contacter si vous souhaitez venir.

Love and Rage,

The Forest Animals

Publié le 28 janvier 2022 par Enough 14

Traduction de l’anglais. Monica Jornet. Groupe Gaston Couté




Source: Monde-libertaire.fr