Septembre 26, 2019
Par Union Syndicale Solidaires
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A New-York, Emmanuel Macron a affirmĂ© qu’il n’était plus possible d’avoir «  un agenda commercial contraire Ă  notre agenda climatique Â». C’est Ă  peu de choses prĂšs l’engagement qu’il avait dĂ©jĂ  pris devant l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’ONU en septembre 2018. Entre temps, il a fait voter le CETA par l’AssemblĂ©e nationale au cƓur de l’étĂ©, alors que la commission d’experts qu’il avait lui-mĂȘme Ă©tablie a jugĂ© cet accord de commerce et d’investissement comme incompatible avec la lutte contre les dĂ©rĂšglements climatiques.

Alors que le projet de loi portant ratification du CETA a Ă©tĂ© transmis au SĂ©nat il suffirait donc qu’Emmanuel Macron demande Ă  son gouvernement de le retirer afin que ce qu’il Ă©nonce Ă  New-York se traduise en actes Ă  Paris. Ainsi pourrait s’ouvrir Ă  l’échelle europĂ©enne une possibilitĂ© de renĂ©gociation du mandat commercial europĂ©en. Si, par contre, le Parlement français venait Ă  ratifier le CETA, il refermerait cette opportunitĂ© et entĂ©rinerait, y compris pour les accords suivants, un mandat commercial europĂ©en qui aggrave le rĂ©chauffement climatique et la dĂ©forestation importĂ©e.

Le vote Ă  l’AssemblĂ©e nationale l’a montrĂ© : avec 25% des dĂ©putĂ©s En Marche qui n’ont pas votĂ© en faveur du CETA, sa majoritĂ© n’a jamais Ă©tĂ© si fragilisĂ©e sur un projet de loi que celui sur le CETA (voir notre dĂ©cryptage sur qui a votĂ© quoi). Comme nous l’avions fait en juillet, nous appelons Ă  amplifier la mobilisation contre le CETA et faire en sorte qu’enfin l’impĂ©ratif climatique et social l’emporte sur le business as usual.

La bataille n’est pas finie

Si le SĂ©nat n’a toujours pas fixĂ© de date sur le vote du projet de loi – il pourrait mĂȘme ĂȘtre repoussĂ© sine die le temps des Ă©lections au Canada – un vote nĂ©gatif du SĂ©nat, qui paraĂźt envisageable compte tenu de la mobilisation dans le monde agricole, renverrait le projet de loi de ratification devant l’AssemblĂ©e nationale. La majoritĂ© “En Marche et Modem” de l’AssemblĂ©e nationale devra alors trancher : rejeter le CETA pour ĂȘtre en conformitĂ© avec ce que Macron Ă©nonce Ă  New-York devant l’ONU ou le ratifier et ainsi faire la dĂ©monstration que ce qu’énonce Emmanuel Macron Ă  New-York ne sont que des paroles en l’air.

Pour aller plus loin sur le dilemme commerce-climat :




Source: Solidaires.org