Le CRA (Centre de Rétention Administrative) est une prison pour sans-papiers. Chaque année, environ 50 000 personnes y sont enfermées (un record en Europe), criminalisées pour la simple raison qu’elles n’ont pas les « bons » papiers.

Les CRA permettent notamment à l’État français d’expulser en masse les migrant·es qu’il juge indésirables. C’est également un moyen de casser les mouvements collectifs de sans-papiers, dissuadés par la menace de l’emprisonnement.

Les CRA sont des lieux d’enfermement et de privation de liberté, où les violences policières, les menaces et les humiliations sont quotidiennes : insultes racistes et sexistes, alimentation exécrable et pas adaptée (nourriture haram pour les musulman·es), mauvaise hygiène, refus de soins, absence de chauffage l’hiver, isolement, écrasement des mouvements collectifs….etc.

À Marseille, dès 1963, au lendemain de la guerre d’indépendance algérienne, l’État a organisé clandestinement l’expulsion d’Algérien·nes à partir d’un hangar sur les docks d’Arenc. Cette pratique de rétention et d’expulsion des étranger.es s’institutionnalisera par la suite en France. En 2006, la prison d’Arenc est transférée au CRA du Canet, à Bougainville.

Depuis 2018, la durée maximale d’enfermement est passée de 45 à 90 jours. De plus le système est en expansion : en septembre dernier, le gouvernement a annoncé la construction de trois nouvelles prisons pour étranger·es à Lyon, Bordeaux et près d’Orléans.

Nombre d’entreprises privées collaborent avec l’État et travaillent à maintenir le système des CRA : par exemple Eiffage, Bouygues ou Vinci. C’est le cas aussi de certaines sociétés de transports (SNCF, RTM ou la compagnie Air France). D’autres encore sous-traitent le sale boulot de l’État, comme l’association Forum Réfugiés, qui gère le CRA du Canet, et participent activement au tri des migrant·es.

Malgré les risques et la répression, les détenu·es en CRA se révoltent individuellement et collectivement. Début février, des grèves de la faim se sont multipliées au CRA d’Oissel (près de Rouen) et un incendie s’est déclenché dans un bâtiment du CRA de Vincennes (près de Paris).

Les détenu·es dans les CRA ne manquent pas de détermination à résister. Pour faire circuler la parole de celleux qui luttent à l’intérieur et relayer leurs revendications, pour renforcer la solidarité à l’extérieur, pour dénoncer les vautours qui prospèrent sur leur dos…

Face aux CRA construisons la riposte.



Le collectif El Manba appelle à une assemblée publique le mercredi 4 mars à 18h30 au 8 rue Barbaroux (métro Réformés)


Article publié le 28 Fév 2020 sur Mars-infos.org