Mars 3, 2020
Par Paris Luttes
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SAMEDIMARS AU LABO 0 DÉCHET, 20, AVENUE ÉDOUARD VAILLANT, PANTIN, À PARTIR DE 16H

Écologistes de tous les pays, qui traitent vos déchets ?

En général, lorsqu’on parle de déchet, les discours se focalisent sur ce que l’on met dans nos poubelles, à l’échelle individuelle, sur ces déchets domestiques qui nous encombrent, mais qu’il faut trier en espérant qu’ils seront recyclés proprement. Pire encore, les discours électoralistes se contentent de cibler le déchet visible, dans le cœur des métropoles ou dans les « espaces naturels », comme l’ennemi d’un tourisme de masse qui requiert des environnements « propres ».

Ce premier cycle de discussion a pour objectif de repolitiser cette question et de faire du déchet un outil stratégique pour des luttes écologistes radicales. Dans cette optique, quatre thématiques ont été identifiées, mais elles pourront évidemment se multiplier ou s’enrichir. Pour chacune des thématiques, des acteur·rice·s des luttes, du monde du travail ou de la recherche seront présent·e·s pour participer aux échanges et pour reconnecter le déchet aux enjeux écologistes, féministes et antiracistes, aux enjeux de classe et de capitalisme, de la vie quotidienne aux questions internationales.

Déchets et exploitation

La grève et les blocages menés par les travailleur·euse·s du déchet en Île-de-France ont démontré que le problème se situe bien au-delà de nos poubelles. Cette lutte visait d’abord à rendre visible les modes d’exploitation de celles et ceux qui traitent les déchets : pour les éboueurs comme pour les ouvriers des usines de tri, majoritairement racisés, le travail brise les corps et réduit l’espérance de vie. Leur combat s’inscrit dans la continuité de ceux menés par les femmes de chambre des grands hôtels, assignées par la sous-traitance et le racisme au traitement des déchets domestiques et à des modes de vie précaires. Il y a une géographie raciste et sexiste de l’exploitation du déchet.

Production et circulation

L’accumulation des poubelles dans la métropole parisienne, suite aux blocages, a aussi illustré de façon très concrète l’absurdité d’une politique de recyclage qui ne soulève pas la question des quantités produites. Se contenter de recycler les masses de déchets, de leur redonner une valeur, c’est prolonger un modèle industriel dévastateur. Un modèle qui a simplement fait du recyclage un nouveau type de production, dont l’appareil industriel est en plein développement et qui prolonge le colonialisme en exportant ses pires déchets dans les pays du Sud.

Exposition, santé et territoires

L’externalisation du déchet et de ces impacts sur les plus dominé·e·s vaut aussi à une échelle locale. En incinérant les déchets en banlieues ou en les enfouissant en campagne, l’État — de plus en plus secondé par le privé — répartit les expositions en fonction des territoires, comme il l’a toujours fait, pour tous types de pollution. Dans les quartiers populaires, les camps de migrant·e·s, ceux des voyageurs ou dans les villages pauvres, le déchet impacte le quotidien et dégrade les corps, alors qu’il pose seulement une question d’image et de confort dans les quartiers riches.

Responsabilisation et alternatives

Que ce soit dans le secteur associatif ou à l’échelle individuelle, la récupération du déchet et son usage renouvelé ont pris une place importante dans les initiatives se réclamant de l’écologie. Anoblies par les pouvoirs publics, ces démarches peuvent accompagner la reconstitution de solidarités locales, mais elles reposent souvent sur du travail gratuit — le bénévolat ou le travail domestique notamment — voire sur des formes d’exploitation « douces » qui perpétuent l’idéal du salariat comme forme d’intégration.

Organisation : l’AG des écologies en lutte a été appelée au départ par quatre organisations : Désobéissance écolo, Extinction Rébellion, Plateforme d’enquête militante et Youth for Climate. La première assemblée a réuni plus de 80 personnes, pour une discussion autour de l’implication des écologistes dans le mouvement des retraites.

Déroulement : l’AG se déroule en trois moments.

1) Une première partie consacrée à des interventions d’activistes concerné·e·s par les thèmes que nous abordons.

2) Une deuxième partie en assemblées pétales consacrée à une réflexion sur la signification de ces combats pour les écologistes.

3) Une troisième partie en assemblée générale au cours de laquelle on rend compte des assemblées pétales.




Source: Paris-luttes.info