Janvier 11, 2021
Par Lundi matin
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— Ce coup de force Ă©tait une pantalonnade, consĂ©quence ultime de la tentative par Trump d’imposer une rĂ©alitĂ© alternative. Bien sĂ»r, il y avait bel et bien quelques groupes armĂ©s prĂȘts Ă  en dĂ©coudre mais mĂȘme si la confirmation de l’élection de Biden avait Ă©tĂ© empĂȘchĂ©e, par exemple en volant les bulletins de vote comme il semble que c’était le projet de certains, dans et hors de la Maison Blanche, Trump, Ă  la diffĂ©rence de Hitler, Mussolini et tous les aspirants dictateurs, ne disposait d’aucun appui significatif dans des secteurs importants de l’armĂ©e et du patronat. Certes, le traitement de faveur accordĂ© dans un premier temps aux Ă©meutiers manifeste, comme il est dit dans le texte de nos amis amĂ©ricains, une forme de sympathie de la part des forces de l’ordre et aussi, ce qui n’est pas dans le texte, un certain flottement au plus hauts sommets quand il s’est agi d’intervenir durement contre des partisans de celui qui Ă©tait encore le prĂ©sident, et qu’il avait lancĂ©s.

— Il y avait quand mĂȘme quelque chose d’assez ironique Ă  voir, en France, tant de partisans de gauche, s’épouvanter de l’envahissement d’un symbole de la dĂ©mocratie libĂ©rale alors mĂȘme qu’ils avaient pu se rĂ©jouir, par exemple, de l’occupation en 2011 de la MaisonBlanche de l’Etat du Wisconsin par des profs en grĂšve et par leurs soutiens, ou de celle, plus rĂ©cemment, du parlement de Hong-Kong. De mĂȘme, il y a quelque chose comme une farce grotesque dans le spectacle de divers gauchistes, qui, Ă  travers les Etats-Unis, s’emploient Ă  identifier sur photo certains des facsites prĂ©sents au Capitole pour les signaler directement au FBI. L’agence d’Hoover transformĂ©e en alliĂ©e objectif des antifas, il y a lĂ , quelque chose qui devrait coincer Ă  brĂšve Ă©chĂ©ance, comme on peut le deviner Ă  la lecture de l’article qui suit. L’un des destins possibles d’une certaine gauche sera toujours de se retrouver dans la peau des « girotondini Â», ces grotesques partisans italiens d’un mouvement Ă©phĂ©mĂšre lancĂ© jadis par Nani Moretti, qui faisaient la ronde autour des palais du pouvoir (tribunaux et ministĂšre) pour les protĂ©ger contre ce Berlusconi dont ils n’avaient cessĂ©, politiquement et culturellement, de prĂ©parer l’accĂšs au pouvoir.

— A part Le Pen, personne ne pleurera sur la limitation de la libertĂ© d’expression de Trump. Mais, comme dit le New-York Times :

« En retirant son mĂ©gaphone Ă  Trump, Twitter montre oĂč se tient maintenant le pouvoir – La capacitĂ© d’une poignĂ©e de gens Ă  contrĂŽler nos discours publics n’a jamais Ă©tĂ© aussi Ă©vidente. Pour finir, deux milliardaires californiens ont fait ce que des lĂ©gions de politiciens, de procureurs et de critiques du pouvoir ont essayĂ© en vain de faire pendant des annĂ©es : Ils ont dĂ©branchĂ© le PrĂ©sident Trump. Â»

MĂȘme si on peut imaginer que la brusque interruption de la jusque-lĂ  si profitable lune de miel entre les rĂ©seaux sociaux et Trump prĂ©sage la nĂ©cessitĂ© pour les Gafam de donner des gages avant les nĂ©gociations qui s’annoncent, suite Ă  une initiative de
 Trump, pour savoir si par hasard les dispositifs des lois antitrusts ne pourraient pas s’appliquer aux gĂ©ants d’Internet, ce qui vient de se passer signale une forme de rĂ©Ă©quilibrage au sommet des pouvoirs ultimes. Tout comme l’intervention de la fondation Bill Gates pour pallier l’opposition de l’Etat Ă©tatsunien Ă  l’OMS, en continuitĂ© avec des interventions sanitaires mondiales, ce transfert de souverainetĂ© ne devrait pas rester sans consĂ©quences.

6 janvier : Une base de masse pour le fascisme ?

Tandis que les RĂ©publicains se fracturent, un nouveau Centre politique Ă©merge – plus Ă  droite

ConsĂ©quence de l’occupation du Capitole par les supporteurs de Donald Trump aprĂšs un rassemblement de soutien Ă  ses affirmations sans fondement de fraude Ă©lectorale, le Parti RĂ©publicain se fracture, prĂ©parant le terrain pour la consolidation d’un nouveau centre bi-partisan – quoique beaucoup plus Ă  droite qu’auparavant. Cela ouvre aussi la voie Ă  la rupture de fractions massives de la base de Trump avec la dĂ©mocratie reprĂ©sentative, qui embrasseront une option explicitement fasciste. Les Ă©vĂ©nements du 6 janvier leur offrent des martyrs des une narration revancharde qui leur servira dans les annĂ©es Ă  venir, et leur fournira un mythe interne pour le recrutement et une justification chaque fois qu’ils auront besoin d’user de la force.

Les Ă©vĂ©nements du 6 janvier discrĂ©diteront les supporteurs de Trump aux yeux des centristes et forceront certains RĂ©publicains Ă  dĂ©placer leurs allĂ©geances vers le centre, mais ils pousseront aussi la limite de ce qui est acceptable. Cela pourrait aider l’extrĂȘme-droite Ă  recruter partout dans le pays et pourrait normaliser des actions semblables Ă  l’avenir.

Il s’agit en fait d’un problĂšme trĂšs ancien qui n’a jamais disparu. Comme l’explique Mike Davis, « les structures profondes du passĂ© ont Ă©tĂ© dĂ©terrĂ©es pendant la prĂ©sidence de Trump et ont reçu la permission de revenir Ă©trangler l’avenir Â».

Mais ce n’est pas le seul problĂšme qui nous attend. Au nom de la guerre Ă  l’extrĂ©misme, les centristes vont demander Ă  Ă©tendre les mĂȘmes mĂ©canismes de rĂ©pression Ă©tatique que le prochain Trump utilisera inĂ©vitablement contre nous. C’est pour l’essentiel ce qui s’est passĂ© dans l’Allemagne de Weimar, et qui a prĂ©parĂ© le terrain Ă  la naissance du TroisiĂšme Reich. De mĂȘme, l’arme principale de Trump tout au long de 2020 a Ă©tĂ© le Department of Homeland Security (MinistĂšre de l’IntĂ©rieur), crĂ©Ă© sous la prĂ©sidence Bush en rĂ©ponse aux attentats du 11 septembre, et qui a aussi bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une plus grande centralisation sous Obama. Les appels des centristes Ă  combattre le « chaos Â» serviront Ă  Ă©loigner de la rue beaucoup de nos alliĂ©s, tout en justifiant de nouvelles actions rĂ©pressives qui nous viserons nous, aussi bien que l’extrĂȘme-droite.

AprĂšs ça, le tour de vis Ă©tatique supprimera vraisemblablement des libertĂ©s de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, en visant toutes les formes de dissensus. En Turquie, quand Erdogan a rĂ©primĂ© une tentative de coup d’Etat militaire de droite, cela a ouvert la voie Ă  la rĂ©pression de toute forme de protestation. La rĂ©pression Ă©tatique de la droite suivra le scĂ©nario qu’ils utilisent contre notre mouvement – incorporer les Ă©lĂ©ments rĂ©formistes tout en isolant et dĂ©truisant les Ă©lĂ©ments « extrĂȘmes Â». Si la seule pression contre le gouvernement vient de l’extrĂȘme-droite, l’Etat leur fera des concessions.

Nous avons dĂ©jĂ  vu nos anciens alliĂ©s abandonner la rue durant les Ă©vĂ©nements du 6 janvier. Les gens de gauche incitaient Ă  ne pas aller Ă  Washington, en se reposant sur les autoritĂ©s pour s’occuper des supporteurs de Trump. Mauvais calcul. Les forces de sĂ©curitĂ© ne sont pas particuliĂšrement enclines Ă  rĂ©sister Ă  la partie de la population avec laquelle elles sympathisent le plus – et mĂȘme si elles choisissaient de le faire, leurs mains seraient effectivement liĂ©es par l’habitude profondĂ©ment enracinĂ©e dans les institutions, de traiter les blancs conservateurs avec beaucoup plus de respect que les gens de couleur, les pauvres, et les anticapitalistes.

En bref, personne ne viendra nous sauver. Nous devons nous prĂ©parer Ă  la possibilitĂ© qu’un mouvement fasciste encouragĂ© continue Ă  mener des attaques Ă  travers les Etats-Unis tandis qu’un nouveau consensus centriste de gouvernement mettra en Ɠuvre des mesures qui nous viseront tout autant. Si nos mouvements doivent survivre, cela nĂ©cessitera une organisation locale Ă  une Ă©chelle jamais vue jusqu’à prĂ©sent.

Nous avons dĂ©jĂ  vu les signes d’un virage bipartisan vers la rĂ©pression des anarchistes et des antifascistes. Par exemple, aprĂšs avoir remportĂ© les Ă©lections, le maire de Portland Ted Wheeler – un dĂ©mocrate – a annoncĂ© de nouveaux efforts pour viser, discrĂ©diter et rĂ©primer les antifascistes et les anarchistes, en usant le mĂȘme langage que Trump. Le New York times fit de mĂȘme il y a trois mois, en rĂ©pĂ©tant presque mot Ă  mot les arguments de Trump.

Trump lui-mĂȘme a menacĂ© les antifascistes avant le 6 janvier, en leur enjoignant de se tenir Ă  l’écart de Washington et de ne pas interfĂ©rer avec le spectacle qu’il prĂ©parait et mettait en scĂšne. La quasi-totalitĂ© des plateformes d’extrĂȘme-droite se rejoignent dans la lutte contre les « antifa Â», notamment parce que les alliances contre un sujet nĂ©gatif permettent de produire de l’unitĂ© en temps de polarisation politique, mais aussi parce que les antifascistes ont remportĂ© jusque-lĂ  beaucoup de victoires dans la rue, ralentissant leur essor. Le 5 janvier, un mĂ©moire de la Maison Blanche copiĂ© directement sur le scĂ©nario fasciste annonçait qu’ils essaieraient de rĂ©activer la Loi d’exclusion des anarchistes de 1903-1918, essayant de chasser des États-Unis les opposants au fascisme. Une telle politique, commencĂ©e sous Trump, pourrait continuer sous Biden – par exemple, Ă  travers ses anciens supporteurs qui ont rejoint le centre politique Ă  condition qu’il adopte certains points de son programme.

La tradition des opprimĂ©s nous enseigne que « l’état d’exception Â» dans lequel nous vivons est la rĂšgle. Nous devons parvenir Ă  une conception de l’histoire qui rende compte de cette situation. Nous dĂ©couvrirons alors que notre tĂąche consiste Ă  instaurer le vĂ©ritable Ă©tat d’exception ; et nous consoliderons ainsi notre position dans la lutte contre le fascisme.

Walter Benjamin, Sur le concept d’Histoire

Les Ă©vĂ©nements du 6 janvier : une chronologie sommaire.

Pour la postĂ©ritĂ©, nous avons composĂ© une documentation de certaines des scĂšnes les plus importantes qui se sont dĂ©roulĂ©es hier. Plus tard, quand ce rĂ©cit sera contestĂ©, il pourrait ĂȘtre utile d’avoir tout cela rassemblĂ© au mĂȘme endroit.

Cette sĂ©quence montre le dĂ©but de l’incursion. D’aprĂšs diffĂ©rentes informations, beaucoup de ceux qui se trouvent au premier rang de la charge Ă©taient des fascistes endurcis :

Certains ont exagĂ©rĂ© la bonne volontĂ© de la police Ă  ouvrir les portes aux supporteurs de Trump. Voici une autre vue des affrontements initiaux :

Des scĂšnes confuses se sont dĂ©roulĂ©es quand certains supporteurs de Trump ont tentĂ© de protĂ©ger les agents contre d’autres supporteurs de Trump, tout en continuant Ă  repousser en arriĂšre les policiers.

Cette vue aérienne montre une ligne de policier en train de se battre sans réussir à repousser les supporteurs de Trump, en nombre bien supérieur.

Les supporteurs de Trump faisant irruption dans la partie nord du bĂątiment du Capitole.

Ils sont entrĂ©s dans le bĂątiment par le premier niveau et ont poussĂ© jusque Ă  l’extĂ©rieur de la salle du SĂ©nat.

Nous les voyons ici arriver dans la Rotonde. Comme beaucoup l’ont remarquĂ©, ces cordons de velours les ont contenus beaucoup plus efficacement que la police :

Des supporteurs de Trump ont vidĂ© un extincteur Ă  l’intĂ©rieur du Capitole et on commencer Ă  s’affronter encore avec la police.

Des agents ont sorti leurs pistolets pour défendre la grande salle de la Chambre des Représentants.

Les supporteurs de Trump qui sont entrĂ©s dans le SĂ©nat vide ont trouvĂ© un vide Ă  l’épicentre du pouvoir – ils s’étaient emparĂ© du temple, mais pour dĂ©couvrir l’absence de Dieu. Le pouvoir ne rĂ©side pas dans des lieux physiques fĂ©tichisĂ©s ; il est plutĂŽt inclus dans les diverses maniĂšres dont nous sommes habituĂ©s Ă  obĂ©ir, dans les innombrables gestes non pensĂ©s par lesquels nous cĂ©dons notre capacitĂ© d’agir aux autoritĂ©s chaque jour, et chaque heure.

Certains des supporteurs de Trump brandissaient des serflex, qu’ils avaient sans doute apportĂ©s pour prendre des otages.

Pendant ce temps, le New York Times rapportait que des engins explosifs avaient été découverts aux siÚges des Partis Démocrates et Républicains.

Une « source proche de la Maison Blanche Â» qui Ă©tait en contact avec les supporteurs de Trump qui avaient pĂ©nĂ©trĂ© dans le bĂątiment ont rĂ©pandu le bruit que les participants entendaient rester Ă  l’intĂ©rieur du Capitole durant la nuit. Selon des rĂ©cits ultĂ©rieurs, la foule comprenait des policiers hors service et des militaires, dont certains brandissaient leurs badges d’identification.

La police avait barricadĂ© une porte pour protĂ©ger certains des politiciens qu’ils avaient Ă©vacuĂ© ; une poignĂ© d’agents montaient la garde Ă  l’extĂ©rieur mais des supporteurs de Trump les ont persuadĂ© de s’écarter. Quand ils ont tentĂ© de dĂ©foncer la porte, un policier de l’autre cĂŽtĂ© a tirĂ© une seule balle, tuant Ashli Babbit, ex-policiĂšre. A ce moment des agents d’appui tactique arrivaient de l’autre cĂŽtĂ© de la porte, immĂ©diatement derriĂšre Babbitt et les autres supporteurs de Trump. Cette troublante vidĂ©o montre le moment oĂč la police a tirĂ© sur elle.

Voici le coup de feu sous un autre angle. De nouveau, le contenu est extrĂȘmement choquant.

A regarder l’interview du supporteur de Trump qui Ă©tait Ă  cĂŽtĂ© de Babbitt quand elle a Ă©tĂ© tuĂ©e, il est difficile de dĂ©terminer la part de la naĂŻvetĂ© et la part d’artifice. Ça apparaĂźt d’un coup comme une Ɠuvre de propagande consciente et en mĂȘme temps, comme Ă©trangement naĂŻf – par exemple sur les consĂ©quences de donner son nom comme participant Ă  l’intrusion dans le Capitole.

Pendant ce temps, il semble que la police ait utilisé ds gaz lacrymogÚnes.

Les affrontements continuaient pendant que la police tentait de reprendre la Rotonde.

Certains des participants Ă©taient probablement allĂ©s plus loin qu’ils ne s’y attendaient et, surpris par leur succĂšs initial, n’étaient pas capables de consolider leur avantage pour tenir leur territoire. D’autres, qui avaient annoncĂ© sur des forums publics qu’ils exĂ©cuteraient des politiciens et occuperaient le bĂątiment en furent apparemment empĂȘchĂ©s par l’évacuation que la police rĂ©ussit Ă  mener et par sa dĂ©fense des poiticiens, ce qui donnaient aux envahisseurs peu de raison de recourir Ă  la force lĂ©tale pour dĂ©fendre les parties du bĂątiment qu’ils avaient conquises.

Ici, un grand nombre de supporteurs de Trump quittent le Capitole à visage découvert.

Pendant ce temps, des scĂšne semblables se dĂ©roulaient dans d’autres capitales d’Etat Ă  travers le pays.

C’est le vice-prĂ©sident Mike Pence qui a approuvĂ© l’ordre de dĂ©ployer la Garde nationale, pas Trump. Ceci semble renforcer l’hypothĂšse selon laquelle Trump ou ses supporteurs se seraient arrangĂ©s pour que la sĂ©curitĂ© soit imprĂ©parĂ©e ou que la rĂ©action soit autrement retardĂ©e. Dans certaines parties du Mexique ( ?), on a dit que si la police ou les militaires Ă©taient ostensiblement absents, c’était parce les paramilitaires allaient venir faire le sale boulot pour eux. Cela reste des spĂ©culations, mais il est certain que Trump avait fait en sorte, en novembre, d’éloigner des officiels en place depuis longtemps du DĂ©partement de la dĂ©fense et d’autres agences en les remplaçant par des loyalistes, dĂšs que son Ă©chec face Ă  Biden a Ă©tĂ© confirmĂ© et avait restructurĂ© la chaĂźne de commandement pour concentrer le pouvoir directement entre ses mains. Au risque de rĂ©pandre nos propres thĂ©ories complotistes, nous rappellerons comment le 18 ovembre, Ă  Fort Bragg, quand le SecrĂ©taire Ă  la DĂ©fense en fonction, Christopher C. Miller a annoncĂ© que dĂ©sormais, les OpĂ©rations SpĂ©ciales dĂ©pendraient directement de lui, il s’est interrompu pour dire : « ceci est un prĂ©sage Â».

En exĂ©cutant les ordres du prĂ©sident, nous reconnaissons que cette transition et cette campagne sont lourdes de risques et de dĂ©fis et d’occasions inattendus. C’est pourquoi je suis ici pour annoncer ceci – ceci est un prĂ©sage
 Je suis ici pour annoncer que j’ai ordonnĂ© Ă  la direction civile des OpĂ©rations spĂ©ciales de s’adresser directement Ă  moi au lieu de suivre la chaĂźne bureaucratique courante.

Certains officiels alliĂ©s ont avancĂ© que ce qui s’était passĂ© avait des relents de coup d’Etat. Notre propre interprĂ©tation est que plus tĂŽt en 2020, Trump a effectivement envisagĂ© de prendre le pouvoir quel que soit le rĂ©sultat des Ă©lections – mais, craignant sans doute que le soulĂšvement consĂ©cutif Ă  l’assassinat de Georges Floyd ne soit qu’en avant-goĂ»t de ce qui pourrait arriver en cas de tentative de coup d’Etat, d’importants Ă©lĂ©ments de la classe dominante ont choisi de ne pas le soutenir, avec pour rĂ©sultat que le 6 janvier, il n’y avait pas de possibilitĂ© rĂ©elle d’en rĂ©aliser un, et que tout ce qui restait Ă  Trump comme possibilitĂ©, c’était de lancer ses supporter dans un dernier baroud pour punir le reste de la classe politique de ne pas lui avoir permis de garder le pouvoir et pour leur montrer que, mĂȘme hors du pouvoir, ses supporteurs et lui Ă©taient une force dangereuse.

En tous cas, le 6 janvier, Ă  la tombĂ©e de la nuit, un nombre important de policiers ont Ă©tĂ© enfin dĂ©ployĂ©s :

Dans l’obscuritĂ©, la police a pourchassĂ© les partisans de Trump avec une violence trĂšs comparable Ă  celle habituellement employĂ©e contre les manifestations Black Lives Matters.

Un tĂ©moin visuel rapporte que 15 vĂ©hicule portant des autocollants Trump, qui avaient Ă©tĂ© garĂ©s sur un parking dans le quartier de Fort Totten Ă  Washington ont eu leurs pneus crevĂ©s – deux par vĂ©hicule, de maniĂšre Ă  ce que le problĂšme ne puisse pas ĂȘtre rĂ©solu.

Plus tard, dans le bĂątiment du Capitole :

(En rĂ©alitĂ©, toutes les statues du Capitole sont trempĂ©es de sang – mais les camĂ©ras ne montrent que le sang rĂ©pandu par des Blancs)




Source: Lundi.am