Communiqué de la Fédération des Syndicats CNT-SO de l’Éducation et de la Recherche suite à l’assassinat de notre collègue, Samuel Paty, de Conflans-St-Honorine.

Nous sommes sidéré·e·s et révolté·e·s en apprenant l’assassinat d’un enseignant, décapité hier, vendredi 16 octobre. Nous tenons à adresser nos pensées les plus fraternelles à ses proches ainsi qu’à ses collègues et élèves.

Nous sommes d’autant plus choqué·e·s que ce crime, manifestement inspiré par le fanatisme religieux, serait directement lié au contenu des enseignements de la victime.

Il nous semble évident que le métier d’enseignant·e doit permettre aux élèves de s’éveiller à l’esprit critique afin de pouvoir au mieux s’émanciper. La liberté pédagogique ne doit en aucun cas être menacée et les enseignant·e·s ne doivent pas avoir peur du danger, en particulier du danger de mort.

Nous défendons une pédagogie active qui encourage la réflexion collective et la pensée critique ; l’école doit un lieu de débat, parfois de controverse autour des savoirs, mais en aucun cas un lieu d’autoritarisme, de terrorisme et de violence, d’où qu’ils viennent.

Nous souhaitons également que cet assassinat atroce ne soit pas l’occasion pour le pouvoir ou les forces réactionnaires de semer le poison de la division et du racisme. La terreur ne se combat pas à coups de menton ou bien en pointant du doigt des minorités. Elle se combat par la solidarité.

Nous appelons les travailleur·euse·s de l’Éducation à se rassembler en hommage à notre collègue.

Syndicalistes, nous pensons encore plus fermement aujourd’hui que c’est en construisant un projet collectif émancipateur, porteur de progrès pour tous·tes, que nous ferons reculer l’obscurantisme et toutes les idéologies de haine.


Article publié le 18 Oct 2020 sur Cnt-so.org