Mai 15, 2016
Par Non Fides
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Jeudi, nous sommes deux à quitter notre appartement dans le haut de Belleville pour rejoindre la manifestation à Denfert-Rochereau.

Quelques mètres après la sortie de l’immeuble, des flics en civil (au moins sept officiers de police judiciaire) sortent leur carte de police et nous arrêtent pour un contrôle d’identité. On proteste, et exigeons de connaître le motif : « Réquisition du Procureur ».

On finira par lire le document qui leur autorise entre midi et 20 heures, le contrôle, la fouille des sacs et voitures dans une vingtaine de quartiers de Paris. Au moment de sortir le document, on aperçoit dans le même dossier un papier avec un trombinoscope. Évidemment, l’arrestation est ciblée, le contrôle d’identité est un prétexte, puisqu’ils savent très bien qui nous sommes. Ils fouillent nos sacs où ils trouvent tout l’attirail du manifestant (lunettes de plongée, masque, sérum, pulvérisateur au maalox, foulards, gants, citron), ainsi que quelques œufs de peinture. Ils prétextent que l’absence de carte officielle les empêche d’établir avec certitude notre identité. On est embarqué au commissariat de Louis-Blanc malheureusement toujours en service malgré l’attaque qu’il a subi après les violences policières au lycée Bergson…

On est fouillé plus méthodiquement. Les œufs sont testés (par sur la destination qui leur était réservée) et reniflés par les mêmes chiens qui nous ont arrêtés. De même pour le maalox. Le tout est pris en photo sous toutes ses coutures. Ils ne cherchent pas trop à nous interroger puisque nous ne répondons pas. A défaut de pouvoir nous inculper pour quoi que ce soit, ils veulent juste nous priver de manifestation, et nous garder les quatre heures complètes du contrôle que permet la loi. Juste avant de nous relâcher, dernière vengeance : ils vident méticuleusement un sachet de farine dans nos affaires. Nous repartons avec notre kit complet moins les œufs, mais la manif est déjà finie.

Depuis le début du mouvement, la répression est féroce, qu’elle se fasse directement à coups de matraque (des flics ou du SO), de flashball, de gaz, et de peines de prison ; ou plus insidieusement en empêchant toutes les tentatives de s’organiser (tenir une AG, occuper des lieux, bloquer, et maintenant aller en manif).

A priori, d’autres personnes ont été arrêtés préventivement jeudi. Il serait intéressant d’en connaître le nombre, et de s’organiser en conséquence la prochaine fois.

On va pas se laisser intimider, on reste déterminé !

[Repris de Paris-Luttes-Info.]

NdNF : Écho nous est parvenu d’autres contrôles préventifs de ce type, sans plus de précisions sur la quantité.


MAJ 1

Contrôle “préventif” avant la manif du 12 mai à Paris

En début d’après-midi, comme depuis le commencement du mouvement social, je descends de chez moi pour me rendre à la manifestation de 14h…

Lorsque je franchis la porte de mon immeuble, je vois un groupe de policiers en civil posés en terrasse au tabac qui jouxte mon bâtiment. Ils m’appellent par mon prénom puis procèdent à un “controle d’identité préventif” (ce sont les mots du policier). Ils trouvent sur moi des lunettes de piscine, du sérum physiologique, un masque anti-poussière, en soi du matériel “défensif” et non pas les “armes” qu’ils étaient venus chercher. Considérant l’absence d’éléments concluants, ils me laisseront repartir me disant :”le deal c’est qu’on te laisse et que tu ne vas pas à la manifestation”, non sans m’infantiliser au maximum en me raccompagnant dans mon immeuble, jusqu’au seuil de ma porte d’appartement…

Au-delà de l’humiliation de me faire contrôler à même la porte de chez moi, de l’image dans le quartier, me viennent des questions.

Notamment : est-ce que d’autres ont subi le même type de contrôle ?

J’ai par exemple aperçu qu’un des flics avait en sa possession un dossier avec photos…

Comment riposter ?

Un jeune habitué du cortège de tête des manifs parisiennes

[Repris de Paris-Luttes-Info.]


MAJ 2

Région parisienne : notification d’interdiciton de circulation

Samedi 14 mai, je suis chez moi, en banlieue parisienne, et deux flics (visiblement du commissariat local) toquent à la porte.

Il veulent me donner une notification d’interdiction de circulation dans certaines rues de Paris. Étant donné que je leur dis tout de suite que je refuse de signer, ils ne me font pas lire la paperasse et je ne sais pas de quelles rues il s’agit, ni pour quelle période (mais c’est très probablement lié aux récentes manifestations – et bien sûr autorisé par les mesures de l’État d’urgence). De toute façon la seule chose à faire pour moi, est de me foutre totalement de leurs interdits.

Ma participation à la manif’ du jeudi 12 est un fait établi pour les flics : avec un autre compagnon, nous avons été contrôlés peu après être sortis du métro Vavin. Est-ce que c’est pour cela ? Le contrôle s’est « bien » soldé, c’est-à-dire qu’ils ont juste piqué une bombe de peinture. Ou parce que je suis connu comme un anarchiste revendiqué ? Je ne sais pas, et franchement je me fous un peu de ça aussi.

Contre l’État, toujours.

[Repris d’Indy Nantes.]

NdNF : Trouvé sur le net, un exemple de ces arrêtés d’interdit de séjour :


MAJ 3

Intimidations policières acte II

Le 12 mai au matin, alors que je sors de chez moi pour faire quelques courses, deux policiers en civil se présentent à moi en bas de mon immeuble et me demande mes papiers, ils me palpent et me demandent ce que je compte faire de la journée, si je vais aller à la manifestation, tout en me “conseillant” de ne pas m’y rendre. Ils prétendent agir sur réquisition du procureur de la république qui les autorise à mener des contrôles préventifs dans tous les quartiers de Paris, je ne leur demande même pas de voir leur autorisation lorsqu’ils me le demandent, persuadé que par les temps qui courrent le préfet ou le procureur peuvent bien autoriser les flics à faire ce qu’ils veulent. Les poulets iront jusqu’à me demander si je suis connu des services de police, leur présence en bas de mon immeuble un jour de manifestation auraient pourtant dû leur fournir un indice, mais il est vrai que les gallinacés ne sont pas connus pour leur force de raisonnement.

Une fois le contrôle terminé j’aperçoi sur le trottoir d’en face 2 autres policiers en civil à proximité d’une voiture banalisée. Ils resteront à surveiller mon immeuble jusqu’à 15h30 environ.

J’apprendrai plus tard que plusieurs autres personnes ont subi les mêmes intimidations le même jour.

Aujourd’hui 15 mai 2016, à 9h plusieurs coups de sonnettes virulents me tirent du lit, avec le sale présentiment que la bleusaille se trouve derrière ma porte. Bingo ! C’est dingue comme parfois notre intuition s’avère pertinente…. 4 ou 5 flics en uniforme cette fois me remettent un arrêté du préfet m’interdisant de me rendre le 17 mai dans les arrondissements traversés par la manifestation prévue à cette date, soit les 6ème, 7ème, 14ème et 15ème, ainsi qu’aux abords et sur la place de la République.

Je suis donc factuellement interdit de manifestation mardi et il y a fort à parier que qu’ils seront de nouveau devant ma porte le 17 mai et tous les jours de manifestations. L’état d’urgence permet d’interdire sur simple présomption à des individus de disposer de leur liberté de se déplacer, ces pratiques visent évidement à intimider et à isoler.

Se savoir surveillé depuis la porte de son appartement par des personnes en armes instille forcément la crainte et la paranoïa, tout dans leur comportement ressemble aux intimidations mafieuses, on t’attends en bas de chez toi, on te “conseille” de ne pas te rendre en manif, on te fait savoir que l’on sait quelle est la porte de ton appartement…

Au delà de la vaine dénonciation, à cette tentative de briser le mouvement en isolant quelques individus nous devons apporter une réponse collective et réaffirmer notre solidarité sans faille à tous et toutes celles et ceux qui subissent ces mesures.

Pour une personne interdite de manifestation que 100 autres descendent dans la rue.

La solidarité est notre arme, la liberté notre crime

[Repris de Paris-Luttes-Info.]


MAJ 4

Des interdictions “préventives” de manifestations sont en cours de distribution par les forces de l’ordre

Plusieurs personnes participant au mouvement social contre la Loi travail se sont vues notifier par les forces de l’ordre des interdictions individuelles de paraître dans les prochaines manifestations (ou de certains arrondissements).

Ces décisions “individuelles”, concernent déjà plusieurs personnes et vont sûrement continuer à être distribuées dans les jours prochains.

Ces décisions administratives sont facilitées dans le cadre de l’État d’urgence. Attention, ces mesures fonctionnent comme les assignations à résidence et autres cochonneries : la décision est prise unilatéralement par la préfecture sans procès contradictoire ni preuves.

En gros, la préfecture à pris des décisions d’interdiction de manifestation individuelle.

Les flics sont chargés de les notifier. C’est à dire que plusieurs personnes sont concernées mais que la mesure ne prend effet qu’à partir du moment où les forces de l’ordre auront donné directement le document. Autrement dit, n’est pas un délit de participer à une manifestation si on était pas au courant de l’interdiction individuelle. Quel dommage pour celles et ceux qui, quand les flics passeront, seront partis faire des courses, ou une ballade, et se feront voler leur courrier en même temps !

Ces interdictions de manifestation sont utiles pour l’État a partir du moment où elle sont utilisées pour un nombre important de manifestant.

De sources concordantes

écrit rapidement.

[Repris de Paris-Luttes-Info.]


MAJ 5

Nouvelle arme anti-lutte : l’interdiction de manifester !

Depuis samedi matin, plusieurs militant-es antifascistes et anticapitalistes parisiens/nnes ont vu la police sonner à leur porte pour leur remettre une feuille signifiant leur interdiction administrative de manifester le mardi 17 mai prochain (date d’une nouvelle manifestation unitaire au départ d’Ecole Militaire et devant se diriger vers Matignon) et de se rendre à Nuit Debout le soir…

Depuis le début du mouvement initié contre la « loi travail » (et son monde), la répression étatique se fait de plus en plus féroce. Après les nombreux cas de violences policières recensés, les contrôles préventifs en bas de chez soi les jours de manifestation (avec une possible garde-à-vue à la clé si vous avez le malheur de posséder de simples protections comme casques, masques ou lunettes de piscine…) et les multiples condamnations abusives prononcées à l’encontre de manifestant-es, la préfecture de police de Paris et le ministère de l’Intérieur semblent avoir passé un nouveau cap.

Depuis samedi matin, plusieurs militant-es antifascistes et anticapitalistes parisiens/nnes ont vu la police sonner à leur porte pour leur remettre une feuille signifiant leur interdiction administrative de manifester le mardi 17 mai prochain (date d’une nouvelle manifestation unitaire au départ d’Ecole Militaire et devant se diriger vers Matignon) et de se rendre à Nuit Debout le soir…

En voici un extrait :

Considérant que M. X a été remarqué, à de nombreuses reprises, lors de manifestations contre, notamment, les violences policières et le projet de réforme du code du travail ; que ces manifestations ont dégénéré en troubles graves à l’ordre public et notamment des affrontements violents avec les forces de l’ordre ; que des groupes d’individus masqués et portant des casques sont systématiquement à l’origine des ces désordres ; qu’il y a, dès lors, tout lieu de penser que la présence de M. X aux rassemblements organisés contre le projet de loi visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs vise à participer à des actions violentes ; que, compte tenu de ces éléments, il y a lieu d’interdire sa présence à la manifestation organisée le mardi 17 mai 2016 conjointement par l’Union Régionale Île-de-France CGT, FO, SOLIDAIRES, l’UNEF, l’UNL et la FIDL ainsi que place de la République.

Mardi prochain, plusieurs de nos camarades seront donc « interdits de séjour entre 11h00 et 20h00 dans les 6e, 7e, 14e et 15e arrondissements de Paris et, de 18h00 et jusqu’à 7h00 le lendemain, dans le périmètre autour de la place de la République », comme l’explique cet arrêté préfectoral.

Sans trop revenir sur les conditions dans lesquelles ces lettres ont été données (visites directes et sportives au domicile de chacun-e par des policiers avec gazeuse dans la main prête à l’emploi, menaces en cas de refus de signature de l’interdiction et menaces de garde-à-vue en cas d’absence à son domicile, coups de pression téléphoniques aux parents pour celles et ceux qui y habitent), ces arrêtés, semblent être, à notre connaissance, les premiers à tomber sur Paris dans le cadre du mouvement contre la « loi travail ».

Si le préfet Cadot pense nous porter un coup au moral, il vient de faire exactement le contraire. Car ces arrêtés sont la preuve que le gouvernement et ses forces de l’ordre n’arrivent plus à retenir la colère d’une jeunesse (et pas seulement) déter et motivée contre la « loi travail » et son monde et que, dépassés, ils sont prêts à tenter n’importe quelle parade (comme l’accusation de “tentative d’homicide” sur un policier à Nantes par un lycéen de 18 ans à qui nous apportons tout notre soutien) pour tenter de la stopper.

Vous voulez nous faire sortir par la porte ? On rentrera par la fenêtre…

À bientôt dans les rues…

Action antifasciste Paris-Banlieue

[Repris de Paris-Luttes-Info.]


MAJ 6  : D’après les médias, ces mesures concerneraient 53 personnes.




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