Décembre 9, 2020
Par Union Communiste Libertaire Vosges
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Dans un article paru dans Vosges matin, les habitant ont appris que Mr NARDIN prenait la décision unilatérale, et sans préavis, d’armer ses « policiers maison ». Les caméras vidéo viendront compléter le tableau d’une mairie qui plonge, et nous avec, dans l’illusion sécuritaire paranoïaque.

Maintenant qu’il en a les clefs, le locataire de l’hôtel de ville se comporte comme le propriétaire. Mr le maire se donne la légitimité de l’homme fort de la ville. Il flatte ses électeurs et la presse en leur servant le bon vieux discours sécuritaire. Les recettes sont partout les mêmes, et à Épinal on ne fait pas différemment. On se rassemble derrière le chef quand ça chauffe. Car quelques récents faits divers sont érigés en menaces globales et récupérés pour justifier d’une réponse forte. Il nous faut, selon l’élu, des armes et des moyens de surveillance de la population. Taser, Flash-Ball, la police en fera « bon usage » affirme Mr NARDIN au canard. Pourtant, les dernières violences policières démontent complètement ce « bon usage ». L’objectif principal d’un arsenal en constante évolution de toutes les polices quelle qu’elles soient, est d’impressionner et de provoquer peur et respect. L’ennemi est partout et il faut le terrasser.

Malgré tellement de faits graves et d’études fort bien documentées qui prouvent le contraire, la sécurité ne se discuterait pas. Elle et ses idées reçues ne seront pas débattues démocratiquement. La sécurité c’est sacré ! Circulez ! Elle se règle par les armes et nécessite une réponse policière. Une évidence.

Pas d’idéologie nous dit Mr NARDIN ! Juste le bon sens. Le débat serait donc totalement inutile et une perte de temps. Armer la police, ajoute le maire, et surveiller la ville ne relèverait pas d’une idéologie mais d’un raisonnement naturellement juste. Cette posture est assez incroyable pour un homme qui vient de tirer son pouvoir des urnes ?!

Un rapide sondage de quelques centaines de personnes suffirait à donner l’assentiment des 35 000 autres de la commune spinalienne. De ce sondage, nous n’avons pourtant aucune information de contexte et de méthodes (questions posées, dates, panels géographiques et sociaux des personnes interrogées…). C’est désormais une autre caractéristique de notre système démocratique dit moderne : l’avis de la population est aux mains des sondeurs. Un célèbre sociologue disait que l’on en apprenait bien plus des intentions de celui qui posait les questions que de celui qui y répondait…

Des définitions lointaines du citoyen le présentait comme celui qui savait gouverner et être gouverné. On nous refusera l’un et l’autre dans cette histoire.

Fort dommageable tout de même car Mr NARDIN ne donne pas dans la demie mesure. Il nous dit que les armes ne suffisent pas. Le schéma des actuelles implantations de caméras de surveillance du centre ville n’est plus adapté. Le plan de l’édile inclut une dizaine de caméras supplémentaires, car le maintien des libertés locales doit impérativement passer par la surveillance. Bien entendu !! Pour vivre libre il faut vivre surveillé ! CQFD. Nous n’en sommes plus à une contradiction près depuis que le « en même temps » de notre président a fait des petits. C’est un peu comme quand on défend les travailleurs en leur ôtant toute protection ou qu’on sauvegarde l’emploi en procédant à un licenciement collectif. Il y a des logiques qui rendent fou.

Certaines parties importantes de la population rappelleraient au conseil municipal, si elles en avaient l’opportunité, que leurs sécurités commencent par des mesures sociales d’égalité et de partage.




Source: Ucl-vosges.org