Anarquia.info / vendredi 24 juillet 2020

Depuis toujours, la peur est la meilleure arme pour nous manipuler. Aujourd’hui, elle a été mise à profit et elle a une fois de plus montré son efficacité, dans cette société carcérale totalement endormie et soumise. Cela par l’avancement de l’industrialisation technologique, qui continue a progresser, ainsi que par l’exercice d’une domination silencieuse qui est devenue la norme même dans les milieux les plus rebelles.

Jusqu’au point, d’une part, de se résigner face aux réseaux/moyens de contrôle sociaux comme seules possibilité de communication et de diffusion de nos idées et de notre propagande. Comme si, face à cette « nouvelle réalité pandémique », il n’y avait pas d’autres possibilités, comme s’il n’y avait jamais eu d’autres possibilités… Et surtout la léthargie de ne pas aiguiser nos griffes contre le pouvoir, de ne pas le remettre en question et de ne pas étudier les possibilités d’évasion propres à ce contexte, tant dans la rue que dans le monde virtuel. Pour arrêter de leur offrir nos données, nos visages, nos projets et nos vies, de manière volontaire et obéissante.

C’est aussi la crainte qui nous amène aujourd’hui à être juges et policiers, en balançant celles/ceux qui n’obéissent pas aux ordres, ceux/celles qui ne vont pas accepter l’enfermement volontaire qui nous est imposé, qui nous amène à applaudir l’action répressive, dégoûtante, des forces de l’ordre, qui ne seront jamais des « gentil.le.s » et seront toujours là pour surveiller, punir, persécuter, violer, faire disparaître et assassiner celles/ceux qui sont une nuisance pour cette société et pour toute forme de société dominante, qu’elle soit de gauche ou de droite ; cela a déjà été démontré avec les disparitions et les meurtres de Luciano Arruga* et de la « China » Cuellar**, assassinée en prison. De même avec Santiago Maldonado et Rafael Nahuel et maintenant avec Facundo Castro****, pour n’en citer que quelques-uns, très peu.

Des sociétés qui ont besoin de contrôle, qui ont besoin d’exploiter tout ce qui les entoure et qui, en ces temps de confinement, ne se sont pas arrêtées une seule seconde. En détruisant des milliers de forêts, en polluant les mers, les rivières et les lagunes, en perçant d’anciennes collines, en assassinant et en avançant avec leur logique extractiviste, polluant tout sur leur passage. Tout en fournissant des « forêts », des « lagunes » et des « parcs » en tant qu’espaces artificiels réduits à marchandise, contrôlés, surveillés, comme seuls endroits où nous pouvons nous retrouver.

Alors qu’ils continuent à enfermer, à domestiquer et à tuer des animaux, des plantes et toute la vie sauvage. Quelle que soit sa couleur, le système techno-industriel sera toujours le même. Et il exercera sa domination. Ne soyons pas paralysé.e.s par la peur.

La seule véritable pandémie c’est l’enfermement !

Prenons soin les un.e.s des autres et continuons à chercher des failles pour déclencher, de manière stratégique, notre rage contre l’État et toute forme de domination.

Feu à l’État ! Feu aux prisons ! Force à ceux/celles qui se révoltent !

Notes d’Attaque :

* Luciano Arruga, interpellé par la police à Buenos Aires le 31 janvier 2009, lorsque il avait 17 ans, et disparu depuis, jusqu’à que ces restes soient retrouvés en 2014.
** Florencia « la China » Cuellar, morte en taule en 2012.
*** Rafael Nahuel, jeune Mapuche assassiné par balle par les garde-côte lors de leur intervention, fin novembre 2017, contre des Mapuches qui avaient occupé des terres.
**** Facundo Castro, interpellé par la police près de Buenos Aires le 30 avril dernier, pour avoir enfreint le confinement, disparu depuis.


Article publié le 21 Août 2020 sur Attaque.noblogs.org