Octobre 30, 2021
Par Le Monde Libertaire
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C’est arrivĂ© Ă  Rouen ou, plus prĂ©cisĂ©ment Ă  Blaneville-Bon-Secours, petite commune des environs de Rouen.
Trouvant que les calices en or et en argent massif ainsi que les colliers de pierres prĂ©cieuses n’étaient pas nĂ©cessaires Ă  la pratique du culte de la religion de JĂ©sus-Christ — lequel comme chacun sait prĂ©conisait la pauvretĂ© — des inconnus se sont amusĂ©s Ă  fracturer les portes de la basilique de Bon-Secours et Ă  rafler les susdits prĂ©cieux objets.
Jusque-là, rien d’extraordinaire, rien d’alarmant.
Des individus s’aperçoivent que dans une Ă©glise dorment, inutiles, des valeurs susceptibles de leur accorder le pouvoir d’achat qui leur fait dĂ©faut.
Ils s’en emparent. C’est normal, c’est lĂ©gitime. Il faudrait ĂȘtre dĂ©traquĂ© pour trouver Ă  redire Ă  cela.
Mais oĂč l’affaire se corse, c’est lorsque des policiers amateurs (il y en a plus qu’on ne pense), s’avisent d’établir une corrĂ©lation entre ce “vol” et celui commis en 1927 par le poĂšte Louis Aragon au prĂ©judice de l’église de Melun et de signaler ce dernier Ă  l’attention des enquĂȘteurs.
GrossiÚre, fùcheuse méprise à la vérité.
Aragon est absolument incapable d’accomplir aujourd’hui un acte aussi noble, aussi grand. Entiùrement soumis à la force capitaliste, il ne voudrait pour rien au monde la frustrer du moindre centime.
Et d’ailleurs, lui, quand il volait, ce n’était pas dans un dessein de lucre, il volait pour voler, tout simplement.
C’était du beau lyrisme, nous en convenons.
Mais de lĂ  Ă  oser lui faire endosser l’honneur de la paternitĂ© du cambriolage glorieux de la basilique de Bon-Secours, il y a du chemin. C’est Ă  notre avis pousser un peu loin l’inconscience. Aragon n’a pas besoin de voler pour se procurer des subsides. Il lui suffit de se baisser aux pieds de ses maĂźtres.
C’est plus facile et moins dangereux.

GĂ©o CĂ©dille




Source: Monde-libertaire.fr