Novembre 23, 2021
Par Rapports De Force
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Jeudi 18 novembre, onze dépôts de bus franciliens étaient en grève, la plupart dans le Val d’Oise. Des piquets de grève sont apparus tôt le matin sur les sites de Lacroix à Beauchamp, Transdev à Magny-en-Vexin et Génicourt, TVO à Argenteuil, Keolis à Versailles, ou encore Stivo à Saint-Ouen-l’Aumône, liste, entre autres, Le Parisien. La grève s’est, par endroits, poursuivi le vendredi. Un rassemblement devait se tenir devant le siège d’Île-de-France mobilités (IDM), l’autorité régulatrice des transports à la tête de laquelle siège la présidente de région Valérie Pécresse (LR). Mais la préfecture l’a interdit.

Ce mouvement de grève a pour origine l’ouverture à la concurrence impulsée par IDM, en application d’une nouvelle règlementation de l’Union Européenne. Les lignes de bus de grande couronne du réseau Optile ont été divisés en 36 lots. Ces derniers font, depuis début 2021, l’objet d’appel d’offres. Pour remporter ces appels d’offres, les sociétés de transports rognent sur les conquis sociaux et les conditions de travail de leur personnel.

Les chauffeurs de Céobus à Magny-en-Vexin, par exemple, sont employés depuis le 1er août par Transdev Vexin. « Et ça se passe très mal au niveau des conditions de travail », explique Hafed Guerram, délégué syndical CGT, à nos confrères du Parisien. « On a perdu 500 euros sur nos feuilles de salaire ».

Les salariés de Transdev, en Seine-et-Marne, avaient déjà sonné l’alarme. De début septembre à fin octobre, les grévistes ont maintenu un bras-de-fer avec leur direction et IDM, contre les nouveaux accords dégradant leurs conditions de travail. Dépôt par dépôt, la direction de Transdev avait négocié des protocoles de fin de conflit.

« Les réseaux de bus vont être placés en concurrence jusqu’en 2024. À partir de 2025, la RATP va entrer dans le jeu », détaille Laurent, délégué syndical FO chez Keolis, auprès d’Actu.fr. « Il y aura des transferts de salariés selon les entreprises qui remporteront le marché. Les primes, en lien avec la qualité de service, pourraient disparaître avec des conséquences sur nos salaires et nos conditions de travail ». 

La mission de médiation confiée le 11 octobre par Ile-de-France Mobilités à Jean-Paul Bailly (ancien Président de la RATP et de La Poste) est toujours en cours. Jamel Abdelmoumni, délégué central Transdev Île-de-France Sud Rail, la qualifiait de « coup d’épée dans l’eau ». Surtout, il promettait déjà qu’en Seine-et-Marne, « les collègues sont prêts à repartir dès que possible en grève, afin d’assurer leurs conditions de travail ». 




Source: Rapportsdeforce.fr