benedettiYvan Benedetti (jeune nation )

Pour comprendre les lien entre tous les intervenants de ces « Assises Régionales Normandes », on part de la dissolution de l’ Oeuvre française suite à l’ assassinat de Clément Méric

1- Dissolution de l’Oeuvre française, plus ancien groupe d’extrême droite en activité (source : Blog du Monde Droites-extrêmes)
La dissolution de l’Oeuvre française vient d’être annoncée par Manuel Valls, ministre de l’intérieur, à l’issue du conseil des ministres du 24 juillet 2013.  C’est un événement pour l’extrême droite. Ce groupuscule fondé par Pierre Sidos en 1968 était le plus ancien encore en activité. Les Jeunesses nationalistes, la branche « jeune » de l’Oeuvre est aussi frappée de dissolution.
Les pouvoirs publics qui se basent sur la loi de 1936 relative aux groupes de combat et milices privées, reprochent notamment à ce petit groupe ses positions politiques racistes et antisémites rendues publiques sur leur site internet; « le culte de personnages connus ayant collaboré avec l’Allemagne nazie », comme Pétain, Brasillach ou Degrelle; et l’organisation de camps « paramilitaires, physiques et idéologiques », ce qui apparenterait l’Oeuvre française à une « milice privée ».
Antisémite et pétainiste, l’Oeuvre française (OF) a, été fondée sur les ruines de l’OAS, et a toujours privilégié l’action clandestine. De ce passé, elle a gardé le culte du secret, le goût pour les doubles structures, un recrutement tourné en priorité vers les anciens militaires de régiments de combat, lesquels forment par ailleurs l’essentiel de son service de sécurité interne. Ses militants se définissent comme des   »soldats politiques ». Par exemple, son bureau politique se nomme… « l’Autorité » et se réunit, à huis-clos même pendant les congrès.
Très hiérarchisée, l’OF possède un uniforme et des grades. Ses militants portent une chemise bleue comme les Phalangistes espagnols des années 1930. Elle est entourée de cercles concentriques- Jeune nation, les Jeunesses nationalistes et autres Cercle du 6 février-qui servent à la fois à filtrer les militants et à assumer les actions plus chaudes, sans mettre en péril l’organisation mère. Il faut donc s’interroger sur l’efficacité de leur dissolution.
Pierre Sidos, le fondateur de l’OF est le fils de François Sidos, fusillé à la Libération pour fait de collaboration. Pierre Sidos et son frère Jacques se réclamaient comme leur père, du Francisme (sorte de fascisme à la française) de Marcel Bucard, ainsi que de la Milice. Les deux frères seront condamnés à des travaux forcés à la Libération.
En 1949, les deux frères fondent Jeune Nation qui visait à la « constitution d’un État national, autoritaire, populaire et hiérarchique ». Mouvement viscéralement anticommuniste, Jeune Nation connu son heure de gloire en 1956 avec les manifestations contre le siège du PCF et l’incendie des locaux de l’Humanité. Jeune nation sera dissous en 1958 à la suite des événements du 13 mai. Par la suite, M. Sidos fondera un éphémère Parti nationaliste (lui aussi dissous) puis le journal Jeune nation (qui existe encore sous la forme d’un site Internet). Il participera aussi à la création d’ Occident en 1964 avant d’en être évincé. Entre temps, il aura été emprisonné un an entre 1962 et 1963, pour son soutien à l’OAS et à l’Algérie française.
Idées radicales
En 45 ans d’existence, l’Oeuvre française n’aura pas beaucoup évolué, ni dans son discours, ni dans son organisation, ni dans ses sigles, notamment la croix celtique. L’OF a changé de tête seulement en 2012 avec Yvan Benedetti comme président . M. Sidos demeurant « président d’honneur ».
L’OF ne s’est jamais caché de sa pensée radicale. Son journal Le Soleil – qui sera interdit de vente et de publicité en 1990 en application de la loi Gayssot – se plaçait sous le patronage de Drumont, Barrès, Maurras, Alexis Carrel et Robert Brasillach (numéro d’octobre 1970) et a titré en « une » à plusieurs reprises,  »La pieuvre sioniste » (notamment en décembre 1971 avec une caricature de Golda Meir, chef du gouvernement israélien, sous les traits de la pieuvre, puis dans le numéro de janvier/février 1990, sans référence cette fois à une personnalité).
L’antisémitisme est facilement revendiqué à l’OF. Ainsi, lors de l’émission télévisée « Ciel Mon Mardi » du 6 février 1990, présentée par Christophe Dechavanne, M. Sidos déclare qu’il n’est « pas plus antisémite que Saint-Louis ». Dans son livre référence Les extrême droites en France (Syllepse, 2009) Jean-Paul Gautier, évoquant cet épisode, note que « Saint-Louis a obligé les Juifs à porter un signe distinctif – la rouelle jaune- et a interdit les mariages mixtes ».
« Physiquement européen »
Le fond de la pensée de l’Oeuvre est , on l’a compris, antidémocratique, contre révolutionnaire, raciste et antisémite. Pour adhérer à l’OF, Pierre Sidos précise qu’il fallait donc être « politiquement très national, physiquement européen, spirituellement chrétien, intellectuellement rivarolien, électoralement frontiste » (Rivarol du 2 novembre 2007). Un autocollant résume le racisme de l’OF : « Défend ta peau, défend ton drapeau ».
M. Sidos déclare également en 2010, toujours à l’hebdomadaire d’extrême droite Rivarol (proche de l’OF via Jérôme Bourbon qui le dirige) qu’ »appartenant à la civilisation du Christ et à la nation française, par respect de notre histoire nationale, nous devons proscrire l’athéisme , le judaïsme, l’islamisme, le bouddhisme, le shoahtisme car ils ne sont pas des éléments constitutifs de ma nation française mais ont au contraire été introduits récemment dans le composé français pour le perturber fortement ».
« Shoahtisme », est le terme méprisant utilisé par les négationnistes pour désigner le génocide des juifs par les nazis. L’OF est en effet une organisation amie des négationnistes, notamment du néonazi Vincent Reynouard puisqu’elle l’a accueillie à plusieurs reprises lors de ses camps d’été pour y donner des conférences et lors du Forum de la nation, organisé par l’OF, de 2010. Bruno Gollnisch était un habitué de ces réunions rassemblant plusieurs mouvements radicaux européens.
La radicalité de l’Oeuvre française a conduit le mouvement aussi dans la rubrique faits divers. En 1995, ce sont des skinheads proches du groupuscule qui tuent Brahim Bouaram en le jetant dans la Seine en marge du défilé du FN le 1er mai.
Cinq ans plus tôt, trois militants de l’Oeuvre avaient été interpellés car ils projetaient une action violente contre Patrick Gaubert (conseiller antiracisme de Charles Pasqua, alors ministre de l’intérieur). Des plans de la résidence secondaire de M. Gaubert, ainsi que son emploi du temps détaillé et une dizaine d’armes, avaient été retrouvés chez les trois suspects. A cette occasion, M. Sidos avait été placé en garde à vue puis relaché (Le Monde du 16 décembre 1993).
Récemment, Pierre Sidos, né en 1927, avait laissé Yvan Benedetti monter dans la hiérarchie du groupuscule. Sous l’égide de ce quadra, l’OF a pris un virage plus « nationaliste révolutionnaire » sur le fond et a mis l’accent à la fois sur l’activisme radical et sur une sorte « d ‘entrisme » au sein du FN.
Ainsi, d’une part, M. Benedetti et plusieurs militant de l OF faisant campagne pour Bruno Gollnisch en 2011 M. Benedetti était directeur de campagne de M. Gollnisch. D’autres membres de l’OF étaient actifs comme Alexandre Gabriac, conseiller régional Rhône-Alpes – comme M. Gollnisch- ou Christophe Georgy, membre éminent du DPS et par ailleurs à la tête de la Lettre des amis de Léon Degrelle – du nom d’un ancien Waffen SS qui dirigeant la division Wallonie sur le Front de l’Est. La quasi totalité de double militants seront exclus à l’arrivée de Marine Le Pen à la tête du FN.
Par ailleurs, M. Benedetti a aussi doté l’OF d une branche les Jeunesses nationalistes (JN). Les JN sont aussi visées par le décret de dissolution.
Les JN sont les derniers nés de l’extrême droite radicale. Elles sont encadrées par des militants formés de l’OF dont elles constituent le vivier de jeunes.
Elles sont dirigées par Alexandre Gabriac qui s’est rendu célèbre en 2011 quand une photo de lui faisant le salut nazi devant un drapeau à croix gammée a été diffusée sur le Net. C’est ce groupe qui a bénéficié de la meilleure dynamique dans la mouvance depuis un an et demi. Elles n’ont pas rechigné à faire ce qu’elles appellent des « actions coup de poing » pour avoir le plus de reprises possibles.
Ils ne rechignent pas non plus à se référer à la seconde guerre mondiale. Une délégation est allée rendre hommage au Duce dans sa ville natale de Predappio en Italie, ils défilent avec la Phalange espagnole, et ne manquent jamais de se référer à Léon Degrelle.
Les intentions étaient claires depuis le lancement de la structure: « On veut créer un bloc solide, nationaliste, pour créer des officiers politiques »,déclarait à la création du groupe,fin 2011, Yvan Benedetti. Les JN disposent d’une solide base-arrière à Lyon, bastion traditionnel de l’Oeuvre française. Elles recrutent notamment dans les milieux hooligans, et sont versées dans la violence.

2- Réactivation de Jeune nation
Ce n’est pas une surprise. Yvan Benedetti, président de lŒuvre française, et Alexandre Gabriac, chef des Jeunesses nationalistes, ont réactivé le site internet  après la dissolution du 24 juillet. Ce site existait mais il était laissé en déshérence depuis de longs mois. Un compte Twitter a aussi été ouvert.
MM. Benedetti et Gabriac n’avaient pas fait mystère de leurs intentions. Dans un texte intitulé « Dissolution ? Non ! », ils indiquaient: « On ne dissout pas l’Œuvre française, ni les Jeunesses nationalistes, pas plus qu’on ne peut dissoudre la France ou les Français. Car ce ne sont pas des partis, des syndicats d’intérêts avec leurs belles permanences, leurs créances, leurs employés, leurs prébendes, leurs mandats… Ce sont des mouvements qui prennent leur origine dans la France. »
Le site Jeune nation est enregistré au nom d’Yvan Benedetti. Il a une nouvelle maquette, prédéfinie par WordPress. Il indique l’agenda de MM. Benedetti et Gabriac. On y apprend ainsi que plusieurs « rencontres militantes » sont prévues cet été avec ces deux dirigeants, et qu’ils seront présents au Festival Boréal, dont l’édition 2013 se déroule à Milan mi-septembre.
« Judéocrature internationale »
Le slogan du site est « l’information sans concession », une reprise de celui des Jeunesses nationalistes – « l’action sans concession ». Une citation de Maurice Bardèche – néofasciste, négationniste historique et beau-frère de Robert Brasillach –  résume l’esprit de ce site : « Tout continuera comme avant : la permissivité, la niaiserie, la sensiblerie, l’antiracisme, l’antifascisme, le métissage, les grèves, le contre-pouvoir syndical, la violence, l’anarchie, les intouchables, et, au-dessus de tous ces poisons, un seul pouvoir, celui de l’argent. Ne nous berçons pas d’illusions. Quoi que nous fassions, celui que désigneront nos suffrages ne sera jamais que le gauleiter [du nom donné par le IIIe Reich au responsable d’un gau, subdivision territoriale de l’Allemagne nazie] de la ploutocratie et de la judéocrature internationale. »

3- la relance du PNF
Le Parti Nationaliste français (PNF) a réunit son « haut conseil » à Lyon le 12 mars 2016 , tandis que sa première apparition publique de l’année (la « fête des patriotes ») vient d’être interdite ce même jour, permettant à ce groupuscule de sortir brièvement de l’anonymat où il végétait jusqu’à présent. En effet, son actualité récente se résumait à l’interpellation mi-février de ses militants dans le cadre d’une enquête sur des dégradations commises sur un centre de culte musulman en novembre dernier à Elne, dans les Pyrénées-Orientales. C’était seulement quelques jours à peine après la création de ce groupuscule qui, en dépit d’un héritage nationaliste conséquent, peine à trouver sa place et se trouve concurrencé sur son terrain par une Action française en plein essor…
Mi-février, le PNF a pour la première fois depuis sa création les honneurs de la presse locale. « Dehort Islam », « France blanche », « white power » et croix celtique, des graffitis tracés en novembre 2015 sur le tout nouveau centre de culte musulman d’Elne : tout le folklore (orthographe approximative comprise) de l’extrême droite traditionnelle, et c’est donc assez logiquement que les flics sont allés sonner à la porte des militants du Parti Nationaliste Français (PNF) du coin, d’autant qu’ils avaient lancé début février une page Facebook contre la construction d’une mosquée dans la ville. Ce parti se veut en effet la nouvelle structure légale de l’Œuvre française (OF), dissoute en juillet 2013 suite au meurtre de notre camarade antifasciste Clément Méric. Alors que le parti avait été lancé en grande pompe le 31 octobre dernier, dans l’espoir de permettre à nos nostalgiques de Vichy de retrouver une place dans le paysage politique, c’est la rubrique des faits divers (et pas des plus glorieux) qui leur permet un bref instant de sortir de leur anonymat. À la Horde, nous attendions depuis des mois l’occasion de revenir sur l’apparition de ce « nouveau » parti, et nous commencions un peu à (dés)espérer tant son activité était proche de zéro…

le Parti Nationaliste Français est la réactivation d’une structure créée le 10 décembre 1983 par l’équipe du journal Militant et d’anciens SS, comme Jean Castrillo (qui le dirige), Henri Simon (le père de l’actuel président du PNF, Jean-François) ou Pierre Bousquet. Ce dernier a fait partie du premier bureau politique du front national et était le premier trésorier du FN, et l’un des dirigeants du PNF, Pierre Pauty, avait lui aussi participé à la création du FN : estimant la ligne imposée par Jean-Marie Le  Pen trop « consensuelle », ils avaient claqué la porte du parti au début des années 1980 et espéraient alors avec le PNF attirer ceux qui comme eux voulaient restés fidèles à leurs idéaux sans compromis.
Hélas pour eux, alors que le FN connaît ses premiers succès électoraux et sa percée médiatique, le PNF reste à l’état groupusculaire et peine à mettre dans la rue plus d’une cinquantaine de personnes lors des traditionnelles manifestations d’hommage à Jeanne d’Arc. En juin 1985, le PNF connaît une scission, qui donne naissance au Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE), l’une des rares structures d’extrême droite française à se revendiquer ouvertement néonazie. Malgré un rapprochement au début des années 1990 avec Troisième Voie, dirigé alors par J.-G. Malliarakis, et les JNR de Serge Ayoub, le PNF n’existe qu’à travers sa revue Militant et quelques réunions publiques confidentielles. Ainsi, las de végéter dans un groupuscule, plusieurs de ses cadres cédèrent aux sirènes des partis institutionnels, comme Pauty qui retourne finalement au FN.
Le PNF sombre dans l’oubli jusqu’en juillet 2015 avec la publication de l’édito du numéro 673 de Militant intitulé « Appel aux français non reniés (sic) », simultanément disponible en vidéo sur Youtube, dans lequel le président du PNF, André Gandillon, également rédacteur en chef de la revue, dresse un bilan apocalyptique de l’état de la France et invite pour y faire face les nationalistes qui selon lui « constituent cette élite qui incarne l’âme de la France » à rejoindre le PNF: « c’est en puisant dans les vertus ancestrales de notre peuple, de notre race, nourris de la doctrine nationaliste fondée sur l’expérience des hommes et des ans, que nous restituerons la France aux Français et restaurerons la grandeur de notre patrie plus que millénaire », déclare-t-il.
Gandillon secretaire du pnf et Yvan Benedetti
Probablement ému aux larmes par tant de lyrisme, Yvan Benedetti, l’actuel président de l’OF, s’empresse d’engager ses militants à rejoindre le PNF, un ralliement qui est officialisé le 31 octobre lors d’un congrès « fondateur ». Une réaction sans surprise, car André Gandillon, que les lecteurs fidèles de La Horde connaissent comme le président des amis de Rivarol , s’était en effet rapproché de l’Œuvre française avant sa dissolution, alors que le mouvement, en particulier à travers l’activisme de ses Jeunesses nationalistes, avait le vent en poupe. Le 10 mai 2015, Gandillon tient ainsi la banderole de tête de l’Œuvre française lors de la manif d’hommage à Jeanne d’Arc et on retrouve une certaine Marie-Claire Gandillon à la tête des Caryatides, la structure féminine de l’OF.
Cette volonté de se réapproprier le PNF n’est pas nouvelle non plus, car ce parti a toujours intéressé des groupuscules d’extrême droite, attirés par le fait que le parti possédait un journal historique (qui fut un temps rappelons-le le journal officiel du FN) et un local rue des Vinaigriers à Paris (où Serge Ayoub a tenu l’une des ses conférences dans les années 2010). Un temps convoité par Christian Bouchet à l’époque d’Unité radicale[ au début des années 2000, il était depuis plusieurs années dans l’orbite de l’Œuvre française, qui associait le mouvement à ses initiatives et se rendait aux rares activités publiques du PNF, comme le banquet de Militant. Visiblement, les vieux messieurs du PNF ont donc fini par céder aux pressions de l’église de « Sidologie ».
Mais revenons au congrès des 31 octobre et 1er novembre 2015 au Novotel de Sèvres. L’organigramme du parti y a été présenté : le fils du SS Henri Simon, Jean-François Simon, fait office de président de papier, et André Gandillon de secrétaire. Pour ne pas tomber sous le coup de la loi pour reconstitution de ligue dissoute, Benedetti n’y figure pas, bien que son rôle dans l’organisation soit centrale.
dans la salle, une centaine de personnes, la plupart des têtes connues des différentes sections de l’OF  (Lorraine nationaliste, Lyon nationaliste, Franche-Comté nationaliste, etc. qui ont commencé depuis à se renommer PNF Lorraine, PNF Lyon, etc.) ont écouter une brochette de « personnalités » se succéder à la tribune : les antisémites pathologiques Jérôme Bourbon (du journal Rivarol), Hervé Ryssen et Daniel Conversano, les invités étrangers du Jobbik hongrois, de la Phalange espagnole et d’Aube dorée, et bien entendu les cadres de l’ex-Œuvre française, Yvan Benedetti en tête. Élie Hatem, de l’Action française, était également à la tribune, là aussi sans surprise, puisque c’est un habitué

Enfin, Jean-Marie Le Pen, fidèle à sa stratégie consistant à la fois à emmerder sa présidente de fille qui l’a poussé vers la sortie et à se poser en rassembleur de tout ce que l’extrême droite compte de nostalgiques en tout genre, s’est fendu d’une petite lettre de soutien à la « nouvelle » formation, vidéoprojetée lors du congrès : « Au président et aux membres du PNF en refondation : salut et fraternité. Jeune nation et l’Œuvre Française, derrière leur fondateur Pierre Sidos, ont mené un combat national indépendant depuis plusieurs décennies, parallèlement au Front national que je présidais. Nous avancions vers le même but : arracher notre patrie et son peuple français à une décadence que nous savions mortelle. Le tsunami migratoire rend nécessaire une mobilisation générale des patriotes et la coordination de tous les mouvements nationaux. Chacun d’eux doit être de plus en plus fort dans son secteur. C’est tout ce que je souhaite à votre congrès en ces temps où la fête des morts annonce la résurrection. »

e congrès a également été l’occasion de présenter le nouveau logo de la formation (image A), événement moins anecdotique qu’il n’y paraît. En effet, pour la première fois de son histoire, l’Œuvre française abandonne la croix celtique : si les couleurs et la couronne de lauriers évoque le logo du parti néonazi grec Aube dorée (B), et si le glaive associé à un autre symbole est un classique chez les néonazis (C : logo du groupuscule belge l’Assaut, où le glaive recouvre la rune odal), l’utilisation de la fleur de lys, symbole royaliste, peut surprendre. Le PNF nouvelle formule s’en explique : « antique symbole du royaume de France », la fleur de lys symboliserait la France éternelle, et le PNF entend bien ne pas la laisser aux royalistes. Or l’Action Française (AF), principale formation monarchiste et plus ancien mouvement d’extrême droite français, a pris soin  récemment de « moderniser » sa fleur de lys (E) alors que le PNF, lui, en reprend la forme et les couleurs traditionnels, se ringardisant fortement au passage.
Ce choix est, dans le contexte actuel, d’autant plus cocasse que l’AF, boostée par le mouvement « Manif pour Tous » des années 2012-2014, a pris depuis quelques mois la place des Jeunesses nationalistes sur le terrain de l’activisme, et devient the place to be pour tout facho en manque d’action, au grand dam de l’OF qui voudrait bien, avec le PNF, servir de pot à miel pour attirer en son sein tous les nationalistes égarés et retrouver son dynamisme perdu.
C’est d’autant plus cruel que le PNF n’a pas grand-chose d’autre à proposer, comme le montre la page « Programme » de son site internet : tentant de faire du neuf avec du vieux, cette tentative de ressusciter l’Œuvre française de façon détournée semble condamnée à rester la cour des miracles du milieu nationaliste. Mais le passé récent a montré que la bête pouvait avoir quelques soubresauts, et il convient de garder sur elle un œil vigilant.
Le 3 septembre, dans une circulaire interne, Yvan Benedetti a en effet appelé ses troupes à rallier le PNF:
Cette consigne a été suivie par les différents groupes issus de la dissolution de l’Œuvre Française et des Jeunesses Nationalistes:
– Anjou Nationaliste (7 septembre)
– Picardie Nationaliste (8 septembre)
– Échirolles Fait Front (9 septembre), conseillers municipaux dissidents du FN depuis octobre 2014
– Haute-Savoie Nationaliste (10 septembre)
– Toulouse Nationaliste (12 septembre)
– Saint-Étienne Nationaliste (13 septembre)
– Ain Nationaliste (14 septembre)
– Haute-Loire Nationaliste (15 septembre)
– Vénissieux Fait Front (16 septembre) d’Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac
– Lyon Nationaliste (17 septembre)
– Roanne Nationaliste (18 septembre)
– Lorraine Nationaliste (27 septembre)
– Alsace Nationaliste (29 septembre)
– Isère Nationaliste (2 octobre)
– Franche-Comté Nationaliste (8 octobre)
– Les Caryatides (12 octobre)
– Paris Nationaliste (13 octobre)
– Var Nationaliste (16 octobre)
– ….
Alors que les forces vives de la mouvance « identitaire » sont progressivement siphonnées par le FN (à l’exception de la Ligue du Sud de Jacques Bompard), la refondation du Parti Nationaliste Français constitue un vrai pôle militant à la droite du FN, en concurrence avec le Parti de la France de Carl Lang.
Le PNF refondé pourrait par ailleurs prendre la succession de l’Œuvre Française au sein de l’Alliance pour la Paix et la Liberté (aux côtés des Allemands du NPD, des Grecs d’Aube Dorée, des Italiens de Forza Nuova, etc.).