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Face Ă  l’initiative fasciste « Union des Droites »
L’heure de la contre-offensive est venue !
Construisons une Occitanie rouge, sociale
et vivante de ses diversités.

Les territoires de notre région se sont construits à travers les luttes sociales et par le brassage des populations.
Aujourd’hui, elle accueille de nombreux « Parisiens » (tous les immigrĂ©s venant du nord de la Loire !) mais aussi des
Syriens, des Roumains, des Kurdes, des Afghans, des Portugais
.

Autrefois c’étaient des Italiens, des Espagnols et des MaghrĂ©bins (Arabes, BerbĂšres et Pieds-noirs). Cette diversitĂ© a
façonnĂ© et continue d’enrichir notre rĂ©gion.

Notre syndicat, majoritairement composĂ© « d’immigrĂ©s », intervient dans une profession qui est le reflet de cette
histoire et de cette réalité.

Et pourtant cette richesse humaine est de plus en plus remise en cause par les peurs irrationnelles de « l’autre ». Par
une dérive nationaliste, souverainiste et identitaire qui ne repose sur aucune réalité objective.

Une extrĂȘme-droite Ă  l’offensive

Au fil des annĂ©es, les dynamiques de repli sur soi et d’individualisme ont provoquĂ© une dĂ©composition de la vie
sociale. L’impact du COVID 19 est venu accentuer ce phĂ©nomĂšne. Toute la population est concernĂ©e. C’est
Ă©galement vrai pour les organisations du mouvement syndical et plus largement du mouvement ouvrier qui
souffrent, toutes, d’un rĂ©trĂ©cissement de leurs rĂ©flexions.

C’est certainement ce qui explique l’absence de rĂ©action Ă  un danger qui se confirme un peu plus chaque jour. Celui
de la conquĂȘte du Conseil rĂ©gional d’Occitanie par l’extrĂȘme droite, et ce dans quelques mois.

Cette derniĂšre ne cache pourtant pas ses intentions. Avec sa stratĂ©gie de « l’Union des Droites », elle affirme
ouvertement se préparer à cette échéance, et ce depuis des années. Le 30 septembre dernier, Ménard, le maire de
Béziers était invité à une réunion publique par BarÚges, la mairesse LR de Montauban, pour donner un caractÚre
officiel Ă  cette stratĂ©gie. Ce sont les mĂȘmes, appuyĂ©s par le maire RN de Perpignan, qui appelaient dĂ©but novembre
les commerçants de la région à désobéir aux consignes sanitaires et à ouvrir leurs boutiques.

La stratĂ©gie de « l’Union des Droites » n’est pas tombĂ©e du chapeau d’un petit notable de l’HĂ©rault qui se serait ralliĂ©
récemment au fascisme. Elle lui a été proposée par son chef de cabinet, une figure historique du « Nationalisme
Révolutionnaire » français. Elle est impulsée par les Identitaires qui naviguent depuis des années entre le FN, la
droite rĂ©actionnaire et les groupuscules fascistes les plus dures. Cette stratĂ©gie a elle-mĂȘme Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e dans les
années 1970 par le mouvement fasciste italien (le MSI).

Elle a été réactualisée en mai 2016 par les « Rendez vous de Béziers », qui avaient rassemblé de nombreuses
organisations de l’extrĂȘme droite et de la droite rĂ©actionnaire la plus dure. Initiative lĂ  aussi orchestrĂ©e discrĂštement
par les conseillers « Nationalistes Révolutionnaires » de Ménard.

L’Occitanie se prĂ©sente donc comme le terrain d’expĂ©rimentation de cette stratĂ©gie. Une expĂ©rimentation qui
pourrait se transformer en victoire électorale dans quelques mois. Rappelons que le RN est déjà crédité, à lui seul, de
plus d’1/4 des intentions de votes, dĂšs le premier tour des prochaines Ă©lections rĂ©gionales. Une « Union des
droites » se trouve donc en capacitĂ© de l’emporter lors d’un second tour puisque le RN obtiendrait dĂ©jĂ  en solitaire
plus d’1/3 des voix.

Ce scĂ©nario n’est pas un fantasme Ă  la vue du ralliement de plus en plus de notables de LR derriĂšre BarĂšges. Elle leur
offrirait la gestion d’un territoire immense et le contrĂŽle d’un budget dĂ©terminant pour l’économie rĂ©gionale,
l’éducation, les infrastructures, la formation professionnelle, la santĂ© et le social, la vie associative et sportive,
.De
mener une politique anti-sociale, réactionnaire (patriarcale, discriminante, répressive
) et de soutien au patronat.

Ils occupent le terrain que nous abandonnons

L’influence de l’extrĂȘme droite progresse sur un terrain rĂ©gional qui lui est favorable. Car elle avance surtout en
profitant de nos reculs et ils sont nombreux ! La question n’est donc pas simplement de rĂ©sister en urgence Ă  une
menace imminente. L’enjeu du moment est bel et bien une vĂ©ritable contre-offensive, avec une dynamique sociale,
visant à réoccuper le terrain et à transformer la vie dÚs maintenant.
L’extrĂȘme droite profite du repli sur soi, dans tous les domaines. Pour la faire reculer nous devons pousser dans le
sens de l’ouverture aux autres, en resocialisant, en dĂ©passant les luttes sectorielles, corporatistes et spĂ©cifiques.
Nous proposons donc de contrer la campagne Ă©lectorale de l’extrĂȘme droite en rĂ©occupant les marchĂ©s, les
quartiers, les lieux de travail, les espaces de vie
 sur une base unitaire. En constituant un Front permanent de
toutes les organisations syndicales et associatives inscrites dans une lutte contre le capitalisme.
Car nous savons tous que la progression de l’extrĂȘme droite se nourrit Ă©galement de la dĂ©composition du systĂšme
capitaliste. Et donc de l’absence de projet alternatif. La crise du COVID devait ĂȘtre le point de dĂ©part d’un « Monde
d’aprĂšs ». Il n’en a rien Ă©tĂ©, chacun d’entre nous retournant Ă  sa petite routine, sans aucune proposition collective
de transformation sociale. C’est pourquoi nous proposons que cette dynamique unitaire antifasciste prenne la forme
d’une dĂ©marche active pour relancer les dĂ©bats et fĂ©dĂ©rer ces mobilisations pour s’attaquer au capitalisme. Car la
sociĂ©tĂ© alternative que nous dĂ©sirons ne pourra se construire sans l’émergence, dĂšs maintenant, d’une contresociĂ©tĂ© fraternelle comme elle existait autrefois dans le mouvement ouvrier.
Nous devons renouer avec la stratĂ©gie de la « double besogne ». C’est Ă  dire que chaque lutte ne doit pas ĂȘtre
construite comme une fin en soi mais comme un moyen de participer Ă  la construction d’une sociĂ©tĂ© alternative. La
lutte étant le moyen de renforcer une contre-société qui rassemble un maximum de travailleurs et qui prépare sa
généralisation.

Nous ne proposons ni démarche électoraliste, ni guérilla militariste pour contrer cette menace fasciste. Nous devons
asphyxier nos adversaires par la mobilisation d’un maximum de travailleuses et travailleurs sur le terrain, en leur
proposant de s’organiser, de multiplier les lieux de vie sociale et d’entraide, en syndiquant les salariĂ©s isolĂ©s, en
s’attaquant ensemble Ă  toutes les discriminations, en rĂ©ouvrant des locaux dans les quartiers et dans les villages en
nous inspirant du modùle des Bourses du Travail


En construisant un « Nous » de classe pour contrer ce « Je » individualiste qui nous enferme dans le pessimisme ,
la déprime quotidienne et les défaites.

Notre Syndicat vous propose donc de convoquer au plus tÎt une réunion unitaire à Toulouse regroupant toutes les
organisations syndicales et associatives revendiquant leur contestation du capitalisme. Nous espérons que ce sera
l’occasion d’élaborer le contenu revendicatif unifiĂ© et les modalitĂ©s d’action collective. Une plateforme rĂ©duite mais
offensive et défendue par toutes les composantes.

Nous proposons que les partis politiques et organisations affinitaires ne soient pas invités dans un premier temps
afin d’éviter des rivalitĂ©s sensibles en pĂ©riodes Ă©lectorales.

Cette forme de rĂ©union pourrait se dĂ©cliner dans un maximum de territoires afin de se fĂ©dĂ©rer Ă  l’échelle de toute
l’Occitanie.

A trĂšs bientĂŽt, salutations fraternelles. Le bureau du Syndicat




Source: Visa-isa.org