Nous étudiantes et étudiants de Lyon, appelons à une mobilisation générale pour nos droits, contre la précarité, et afin de faire honneur aux convictions de notre camarade et ami qui a tenté de se suicider.

À celles et ceux qui n’en peuvent plus. À celles et ceux qui peuvent encore mais en ont assez. À celles et ceux qui hésitent. Et à celles et ceux qui veulent bien nous entendre et nous comprendre.

Il y a une semaine, un camarade et ami s’est immolé devant les bureaux du CROUS. Souffrant de son extrême précarité il a décidé d’attaquer le CROUS qui lui a enlevé ses bourses. Cependant, il est la démonstration même de l’extrême précarité dans laquelle vivent certain.e.s étudiant.e.s. Sa lettre en est le catalyseur : il accuse l’Etat de ne pas réussir à subvenir aux besoins premiers des étudiant.e.s, il accuse le fascisme de créer des illusions mais surtout il appelle à ce que la lutte continue et que nous nous battions. Alors oui, définitivement, son geste est éminemment politique.

Parent.e.s, enseignant.e.s, étudiant.e.s doivent entendre et comprendre notre détresse, notre souffrance, et donc comprendre que nous sommes déterminé.e.s, puisque condamnés à « survivre » pour reprendre les mots de notre camarade. Le dialogue n’existe plus, quoique nous tentons encore de nous exprimer. Il est donc temps de prendre position et de tenir pour sortir de l’invisibilité dans laquelle nous, toutes et tous, étudiant.e.s, enseignant.e.s, et membres de cette société avons été plongés.

La situation devient insupportable alors, pour que notre camarade ne subisse pas cette violente indifférence, et pour honorer ses convictions, nos convictions, agissons. Faisons monter ensemble la pression. Car la précarité nous touche toutes et tous. Car nous sommes toutes et tous légitimes à agir, nous qui souffrons.

Dès la semaine prochaine, des actions de soutien auront lieu à Lyon. Aussi, nous appelons chacun et chacune à se mobiliser pour nos droits, pour l’amélioration de nos conditions de vie, et pour celles et ceux qui viennent après nous, aussi. Nous demandons le retrait de la loi ORE, de la loi d’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant.e.s étranger.ère.s, des logements salubres et accessibles (avec un plafonnement des loyers) pour tou.te.s, ainsi que le salaire à vie.

Réquisitionnez des espaces publics pour rendre visible et audible notre contestation. Occupez les salles et amphithéâtres pour créer des espaces continus de discussions, et d’échanges. Bloquez vos universités car c’est notre unique droit de grève.

Nous rappelons que la lutte à la fac, ainsi que l’accès aux études supérieures, sont des privilèges que certaines personnes précaires ne possèdent pas. En effet, en tant qu’étudiant.es nous ne prétendons pas être les avant gardistes de la lutte mais nous nous situons seulement dans une continuité de mouvements sociaux et d’émeutes. Nous appelons donc à rejoindre toutes les actions de solidarité organisées dans vos villes respectives. Depuis 50 ans de multiples corps de métiers et autres personnes s’organisent et se mobilisent : luttes anti-racistes, contre l’exploitation des ouvrier.ères, contre l’homophobie et la transphobie, contre l’islamophobie ambiante, contre la présence policière dans les banlieues. Il est temps que les étudiant.e.s les rejoignent. Ne restons pas fermé.e.s, ouvrons nous à tout type de lutte et de solidarité.

Étudiant.e.s de toute la France vous disposez de vos propres forces de pression, incarnez vos propres initiatives. L’avant-garde n’existe pas.

Vive le socialisme. Vive l’autogestion. Vive la sécu.

Les étudiant.e.s de Lyon 2, Lyon 3, Sciences Po, Ens de Lyon.


Article publié le 16 Nov 2019 sur Rebellyon.info