Juillet 16, 2021
Par Paris Luttes
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Appel à manifestation suite à l’interdiction du « Bal des migrant·e·s » par la préfecture de police.

Pour la sixième année consécutive, le BAAM devait organiser ce 13 juillet un « bal des migrant·e·s » sur la place de Stalingrad à Paris. Le bal est un événement aussi festif que revendicatif qui réunit des personnes exilées et leurs soutiens pour danser fièrement contre les politiques migratoires française et européenne. Cette année, il s’agissait plus particulièrement de dénoncer la politique mortifère de l’UE dans le cadre du mouvement #AbolishFrontex.

Hélas, à la suite d’une polémique raciste et infondée, lancée par un communicant politique qui fait campagne pour Zemmour ainsi que le député LREM François Jolivet qui affirmait que le bal devait se tenir pour partie en non-mixité et était interdit aux personnes blanches, ce qui est faux, le BAAM s’est retrouvé au cœur d’une campagne de cyber-harcèlement. Malgré de nombreux démentis (mais un soutien réaffirmé au mode de lutte que constitue la non-mixité), il nous a fallu jongler pendant plusieurs jours sur les réseaux sociaux entre les appels au meurtre ou au viol et un harcèlement constant.

Cinq heures à peine avant le début du bal, la préfecture de police a finalement décidé de l’interdire purement et simplement, arguant notamment du fait que l’organisateur, « loin de calmer les polémiques, a contribué par ses prises de position publiques à les rendre plus vives et n’a pas démontré, ce faisant, sa capacité à assurer la sécurité des participants à la manifestation qu’il organise ».

Cette décision fait porter au BAAM la responsabilité des attaques incessantes dont il a été victime, légitimant ainsi les paroles et les actions d’intimidation menées par l’extrême-droite. Pire, cette interdiction est intervenue alors qu’un mouvement de solidarité inter-associatif, né sur les réseaux sociaux autour du hashtag #JeSoutiensLeBAAM, s’était formé pour défendre notre association et assurer la sécurité de l’événement. L’ensemble des conditions étaient donc réunies pour que celui-ci se déroule sans problème. Il ne s’agit donc ni plus ni moins que d’une censure aux motifs politiques d’un événement festif et revendicatif.

Le gouvernement et ses députés ne tolèrent visiblement aucune critique de leur projet de société, encore moins de leur politique migratoire xénophobe et raciste. Dénoncer le sort et l’accueil réservés aux migrant·es en France, pointer du doigt le fonctionnement de Frontex et sa responsabilité dans les milliers de morts en Méditerranée, tout cela n’est plus permis. Et tant pis s’il faut piétiner la liberté d’expression et d’association pour faire taire les voix discordantes. En laissant faire, le PS, majoritaire à la mairie de Paris, est lui aussi coupable. Mais qui peut encore être étonné de ce reniement quand on connaît les défaillances de la ville de Paris en matière d’accueil et de prise en charge des étranger·ères ?

Il en faut plus pour nous arrêter. Nous marcherons donc ce vendredi à partir de 18 heures depuis l’Assemblée Nationale jusqu’à la mairie de Paris pour crier notre refus :

  • Des politiques migratoires xénophobes françaises et européennes ;
  • De la censure des associations qui doivent pouvoir manifester et s’exprimer librement ;
  • Des discriminations racistes et sexistes sous couvert de “respect des principes républicains”.

Bien sûr, le BAAM continue d’exiger :

  • la liberté de circulation et d’installation ;
  • la régularisation de tous·tes les sans-papiers ;
  • la fin de l’enfermement ;
  • l’abolition de Frontex.



Source: Paris-luttes.info