Appel de lycéens au blocage des établissements partout à Lyon et aux alentours le 5 décembre et dans les jours qui suivent !

Nous appelons tou.tes les lycéen.ne.s lyonnais.e à rejoindre le mouvement de grève à partir du 5 décembre en bloquant leur Lycée puis en participant à la manifestation de 10h30. Rejoignons les mouvements d’occupation et de blocage des FAC et lycées qui a déjà commencé un peu partout en France.

Nous devons nous mobiliser par solidarité avec les employé.e.s du privé, du service public et avec les étudiant.e.s, mais aussi parce que les réformes de la retraite et du chômage, quoi que les médias puissent en dire, nous concernent.

C’est nous qui subirons la totalité des conséquences des réformes mises en place aujourd’hui.

Qu’on entame de longues études ou qu’on commence à travailler rapidement, on risque tous d’être confronté.e à des situations de précarité a un moment ou à un autre.

Nous devons avoir notre mot à dire sur cette mise au travail de force. Il faut qu’on prenne conscience que cela nous concerne aussi, ne nous laissons pas faire !

Organisons nous et ripostons !

Créons des liens avec les luttes des profs, des étudiants, des GJ, du droit au logement.

Faisons du lycée un lieu de politisation, de lutte et d’entraide !

Appel à la Gréve Générale et au Blocage Lycéen à partir du Jeudi 5 Décembre

1. Précarité

Récemment une lycéenne de la région parisienne a fait une tentative de suicide en s’immolant, quelques semaines seulement après l’immolation d’un étudiant syndiqué qui en a fait un geste politique en dénonçant la précarité étudiante. Il y a aussi eu le suicide d’une directrice d’école d’Ile de France qui a laissé une lettre pour dénoncer l’Éducation Nationale et sa surcharge de travail, et celui d’un agent d’entretien dans un collège suite à l’expulsion de son logement et la découverte du lieu ou il s’était réfugié dans le collège …

Ces actes font écho à la situation de beaucoup de personnes, l’école est un lieu violent pour pas mal de monde. Tout suicide, même non politisé, est politique car il est lié à une situation sociale.

C’est la conséquence d’une situation insupportable, d’un abandon de la part de la société, de sa violence envers ceux qu’elle juge comme quantité négligeable, remplaçable. Elle préfère détourner le yeux plutôt que de regarder en face ce qu’elle nous fait.

2. Retraite

La réforme des retraites, ça touche nos parents mais aussi nous dans nos choix de carrière.

Cette réforme permet de passer d’un calcul de la retraite sur les 25 meilleurs années de salaires pour le privé et les 6 derniers mois pour le public à la carrière complète. Traduisez : une baisse globale de la retraite pour tout le monde ! Génial ! La réforme pénalise les gens qui ont eu des années de chômage, de mi-temps ou de congés parentaux en premier. D’autant plus qu’on passe d’un système de calcul sur un pourcentage du salaire (entre 50 et 75%) à un système ou l’on gagne des points dont la valeur en euro pourra être recalculé par l’État, soit plus aucune garantie de retraite précise à la fin de sa carrière.

3. Chômage

La réforme qui est passée le 1 novembre est une catastrophe, elle oblige les gens qui ont perdu leur emploi a avoir travaillé 6 mois au lieu de 4 sur les 2 dernières années pour avoir de quoi survivre. En plus de ça les indemnisations ont beaucoup baissé pour être étalées sur plus de temps. Le but est simple : nous forcer à prendre le premier boulot merdique qu’on trouve. Car certes le chômage a baissé ces dernières années mais c’est pour des emplois toujours plus précaires (CDD/intérim mis-temps etc…) qui menacent de nous faire retomber à la case départ : chômage, galère et débrouille …

Et ça va toucher en premier nos grands frères/grandes sœurs et potes qui ont déjà commencé à bosser, qui ont de bas salaires et des emplois précaires, parfois en plus des études.

4. ParcourSup et réforme du lycée

La réforme de cette année est une catastrophe, les profs composent au jour le jour car n’ont pas tous les programmes, les informations sont données au compte-goutte, des classes surchargées, d’autres à moitié vide, et nous sommes les derniers et dernières au courant de ce qui va faire notre avenir. Pas le temps de se poser, de discuter, de s’aider, ni de réfléchir, il faut suivre le programme !!! (Enfin quand on l’a !) On commence juste à s’y faire qu’on nous explique ce magnifique système compétitif qu’est ParcourSup pour les études de merde qu’on va se taper (si seulement on y arrive et dans la plus part des cas pour aller bosser pour les intérêts d’un patron ou d’actionnaires). On nous demande de choisir maintenant et gare à celui ou celle qui est malade/en dépression/paumé ou indécise, suit la cadence et tais-toi, « sois jeune et tais-toi » !

5. La colère monte

Que ce soit avec la mobilisation des Gilets Jaunes depuis un an, celle du milieu hospitalier cette année, des cheminots et des profs l’année dernière, des étudiant et étudiantes ce mois ci, c’est un même système néo-libéral qui casse les services publics que l’on combat. L’État n’est plus qu’un contremaître qui maintient l’ordre et nous met au travail grâce à sa police et à son système judiciaire en échange de quelques menues services. Il ne fait plus que gérer la variable humaine dans un système capitaliste mondialisé et s’assure d’étouffer toute tentative de création d’alternative. Toi, moi, battons-nous ensemble contre ce système !

Vive le socialisme !

Vive l’autogestion !

Vive la sécu !

Des lycéens parmi d’autres


Article publié le 02 Déc 2019 sur Rebellyon.info