Novembre 29, 2021
Par Le Pressoir
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NOUS, TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS DE L’HUMAIN, SOMMES INQUIET.E.S POUR NOS CONCITOYENS

Le système de santé publique et le secteur socio-éducatif manquent de personnel.

Ce phénomène prend de l’ampleur. Il s’est accéléré depuis le 15 septembre, date à partir de laquelle beaucoup de professionnels sont interdits d’exercer (suspension, grève, arrêt maladie, démission), ce qui met à mal la qualité des soins et de l’accompagnement éducatif. A titre d’exemple, selon une enquête publiée le 27/10/21 dans le journal Libération, 20% des lits d’hôpitaux sont fermés par manque de personnel.

Beaucoup de ces travailleurs ont cessé leur activité à contre-cœur.

Nous assistons à une accélération inouïe d’une logique de gouvernance déjà bien en place : destruction du service public (santé, social, éducation, culture) et contrôle de masse par le numérique. 

Le vaccin, présenté comme unique outil de lutte contre la pandémie, est l’arbre qui cache la forêt. La propagande médiatique fait l’impasse sur l’incurie de l’État pendant la crise et sur des décennies de politiques libérales (à la recherche du profit et non de la qualité du service) en matière de soin .

Quand nos gouvernants auraient pu utiliser la pédagogie pour que chacun puisse s’approprier les outils de santé, quand ils auraient pu mettre plus de moyens dans les secteurs publics pour que chaque personne soit bien prise en charge, ils ont préféré gouverner en instillant la terreur de la maladie et le contrôle social permanent, utilisant le smartphone et le vaccin comme premiers outils face à la pandémie.

Nous déplorons que les mesures sanitaires du gouvernement n’aient fait que dégrader l’état de santé de la population pendant la crise : 

Enfermement des plus fragiles en établissement ou à domicile avec une privation de vie sociale (visite des proches), limitation de l’accès aux soins (kinésithérapie, psychothérapie, soins dentaires, petite chirurgie…), privation d’accès aux besoins les plus basiques (coiffeurs, animations…).

Enfermement massif de la population entraînant une détérioration de la santé physique et psychique et une augmentation des violences intra-familiales.

Limitation de l’accès aux lieux de soins entraînant des retards de diagnostic et de prise en charge (et donc augmentant la chronicisation de problèmes de santé qui auraient eu meilleur pronostic si pris à temps)

Paupérisation de la population par l’imposition du chômage partiel et des licenciements.

Généralisation de l’école en distanciel, mise en place de gestes barrières impossibles à faire respecter aux enfants pour qu’ils soient efficaces ( avez vous vu un enfant de 9 ans réussir à ne pas toucher son masque pendant 10 minutes ?) générant un climat anxiogène et impropre à l’épanouissement éducatif.

Cette situation nous inquiète, ainsi que l’idée d’entrer dans le monde du passe sanitaire : nous n’avons pas envie d’être contrôlés davantage, ni que nos patients soient contrôlés. Nous croyons au secret médical, nous aimons donner toute sa place à l’humain, nous refusons de l’enfermer dans les cases d’un logiciel. 

Nous constatons des inégalités dans beaucoup de domaines, suite à la mise en place du passe sanitaire :

Discrimination dans l’accès aux soins

Discrimination dans l’accès à la culture (cinéma, médiathèque, théâtre …)

Discrimination dans l’accès aux salles de sport (piscine, salle polyvalente, gymnase…)

Discrimination dans l’accès aux restaurants, aux cafés et autres espaces de récréation et de loisirs.

Discrimination dans l’accès aux proches hospitalisés ou en établissement d’hébergement

Discrimination dans l’accès aux transports

Le 15 septembre 2021, il y a déjà sept semaines, nous avons pris une décision difficile : arrêter le travail que nous aimons en réaction à la violence avec laquelle l’obligation vaccinale nous a été imposée (menaces de suspensions de salaires et de sanctions pénales, refus de l’administration de nous écouter) sachant qu’une partie d’entre nous n’a pas le droit d’être remplacée et que l’autre partie est parfois remplacée par des gens moins qualifiés ou sans expérience. 

C’est dans ce contexte politique et sanitaire que l’obligation vaccinale a été perçue comme extrêmement violente et aberrante chez de nombreux travailleurs sanitaires et sociaux à qui on a toujours demandé de travailler malade (pas que de la covid) à cause des manques d’effectifs (depuis le début de la pandémie un soignant cas contact et même positif à la covid doit continuer de travailler).

Comment obéir aveuglément à cette obligation ? Comment faire confiance à ce gouvernement ? Comment nier ce sentiment d’injustice et d’incohérence ?

Nous voudrions que chacune et chacun soit respecté dans sa liberté de jugement et de décision, dans son intégrité physique et son autonomie de penser et d’agir. Nous rêvons un système de santé adapté aux besoins de toutes et tous.

L’État souhaite rembourser des séances de psychothérapie. Oui, nous pensons nous aussi que la politique actuelle crée de lourdes conséquences sur l’humain : elle déstabilise les individus en les rendant psychologiquement fragiles.

Jusqu’à maintenant, aucun dialogue avec les autorités n’a été possible et aucun retour de terrain n’est écouté. Nous sommes dans une logique d’État hermétique qui veut faire de chacun un travailleur réduit à la seule et unique fonction d’exécutant. Les travailleurs de l’ARS, comme tous les autres, sont réduits à fonctionner sans aucune marge de manœuvre. Enfermés derrière un logiciel dont ils ne peuvent agrandir les cases, ils ont perdu tout pouvoir sur leurs outils de travail.

Nous, travailleurs de l’humain, renonçons plus difficilement à nos marges de manœuvre : si nous pouvons agir selon des règles communes, il relève de notre fonction d’adapter ces règles à l’individu. Nul n’est irremplaçable, mais nous connaissons la valeur du savoir faire, le temps d’adaptation nécessaire et sommes inquiets pour les personnes que nous suivons.

Refusons ensemble ce monde inhumain où après s’être fait fouiller son sac et être passé au détecteur de métaux, un enfant de douze ans doit présenter son statut vaccinal pour avoir accès à une bibliothèque. 

Reprenons le pouvoir sur notre travail et sur notre vie :

Travailleurs de l’ARS, ne sanctionnons pas les soignants.

Citoyens, refusons la mise en place généralisée du contrôle de tous par chacun.

Regardons ce qui nous rassemble au lieu de nous laisser diviser entre pro et anti vaccins, utilisons notre bon sens, soyons humains.

Ne facilitons plus la tâche de ceux qui veulent nous réduire à devenir des robots !

Soignants libéraux ou salariés et personnels des services médico-éducatifs, nous souhaitons continuer à exercer notre métier avec engagement et bienveillance auprès des populations.

Nous appelons toutes et tous à soutenir nos revendications :

L’abrogation de l’obligation vaccinale contre la Covid 19.

L’abrogation du passe sanitaire.

L’arrêt de la divulgation de nos données de santé.

Le renforcement financier et humain du service public ( éducation, social, santé et culture ).

Collectifs de soignant.es et travailleurs sociaux de l’Ariège




Source: Lepressoir-info.org