Depuis le début de l’année, au moins 138 femmes ont été tuées par leur conjoint, et ça, c’est sans compter toutes les femmes trans assassinées et poussées au suicide. Et oui, le sexisme et la transphobie tuent ! Aujourd’hui, en france, des personnes s’immolent ou menacent de s’immoler par désespoir et parce que leurs conditions matérielles ne leur permettent plus de survivre. Et oui, la précarité et le capitalisme tuent. Aujourd’hui, des personnes en exil meurent en mer ou aux frontières, et quand elles arrivent jusqu’ici, on les enferme dans des conditions horribles parce qu’elles n’ont pas de papiers, des personnes racisées se font régulièrement tuées par la police parce qu’elles n’ont pas la bonne couleurs de peau. Et oui, les frontières et le racisme tuent. Depuis quelques mois, des révoltes populaires explosent partout (bolivie, colombie, algérie, iran, liban, hongkong, etc) mais partout la répression est féroce et meurtrière tellement il faut préserver les intérêts de ces sociétés capitalistes, sexistes, racistes et patriarcales. Bref, on pourrait continuer encore très longtemps mais vous l’aurez compris, nous vivons dans un monde de merde.

Les personnes minorisées que ce soit les meufs, les gouines, les pd, les trans, les intersexes, les travailleur-euse-s du sexe, les personnes non valides,les personnes en exil, sans papiers, etc., sont souvent les personnes les plus précarisées. Accès difficile au travail et au logement, psychiatrisation forcée, problème d’accès au soin, discriminations, harcèlements et violences, enfermements en centre de rétention, rafles, expulsions, mais pourtant la plupart du temps tout le monde s’en fout. On se fout constamment de notre gueule avec des lois successives qui nous précarisent, nous répriment et nous mutilent.

Pour nous, le constat est toujours le même que ce soit dans les syndicats, les gilets jaunes ou même les milieux dits anti-autoritaires, soit nous sommes toujours obligé-es de vous rappeler que nous existons, soit nous devons vous rappeler constamment de ne pas parler à notre place. Ça fait des années qu’on nous accuse de diviser, qu’on nous parle de convergences des luttes, qu’il faut du temps, qu’on doit d’abord s’attaquer au capitalisme et que le reste viendra après. Mais voilà on en a marre que la convergence aille toujours dans le même sens, qu’on nous dise comment on devrait lutter, on en a marre de lutter à vos côtés, de subir mépris et dominations. On ne se retrouve pas dans des collectifs qui ont comme seul objectif la « libération du prolétariat » et pour qui l’anticapitalisme passe avant tout le reste. La lutte est intersectionnelle ou elle n’est pas. Car pendant ce temps là on continue à se faire mutiler, agresser, violer et y compris dans les milieux militants soit disant antisexistes, lgbt friendly, bref trop déconstruits. Ça fait plusieurs mois qu’on ne se retrouve pas dans vos appels et vos manifs alors, comme le 1er mai, on a décidé de reprendre la rue et de faire un cortège à part, féministe, queer et inclusif.

Viens avec tes plus belles perruques et paillettes !

JEUDI 5 DÉCEMBRE – 10H45 – PARVIS DE LA FACGALEN

La révolution sera féministe ou ne sera pas !

Sex Work Is Work !

Queer Bash Back !

Appel à un cortège queer révolutionnaire le 5 décembre

Article publié le 03 Déc 2019 sur Brest.mediaslibres.org