Notre tâche est simple : œuvrer par tous les moyens à la prolongation de la grève, à sa prise en main par les grévistes eux-mêmes, élargir les fronts de lutte. La participation aux différentes assemblées quotidiennes et autres comités de base est à ce titre essentielle, pour construire une coordination des forces en mouvement. Plusieurs rendez-vous d’importance rythmeront les prochains jours : la manifestation à l’initiative du Collectif des Mères du Mantois à Barbès dimanche et les blocus lycéens du 9 comme du 10 décembre. L’intersyndicale vient d’annoncer une prochaine manifestation mardi, au départ des Invalides. Pour maintenir une pression maximale sur le gouvernement (qui prépare déjà les esprits à quelques “concessions” cosmétiques), la réussite de cette prochaine journée d’action est cruciale.

Répondant à l’appel “pour un cortège de tête festif”, de nombreux manifestants se sont regroupés jeudi derrière la banderole “La Macronie est Bientôt Finie”, qui a maintenu tout au long du parcours une atmosphère animée : chants, slogans, danses, torches, fumigènes – l’ambiance était au rendez-vous. Surtout, ce pôle a permis de faire redémarrer la manifestation place de la République, après de longues minutes de flottement.

C’est là que se situe d’ailleurs le point négatif d’un point de vue tactique : le cortège a trop longtemps attendu avant de démarrer. Cette situation stagnante a occasionné un blocage immédiat des forces de l’ordre aux premières échauffourées, une difficulté à recomposer les différents morceaux du cortège et une incompréhension générale à l’arrière, où beaucoup de manifestants ont perdu patience. Cependant, la journée de jeudi a démontré une nouvelle fois que le cortège de tête, loin d’être une forme morte, ne cesse au contraire d’accroître sa puissance numérique et d’agréger de multiples foyers de lutte : syndicalistes, gilets jaunes, pompiers, sans-papiers, collectifs autonomes, militants politiques et associatifs… Tous ont défilé dans un même esprit de détermination et de solidarité.

Il nous paraît donc d’autant plus nécessaire que le cortège de tête se dote d’une conduite plus claire, plus lisible et collectivement partagée. La formation immédiate d’un bloc offensif homogène aux premières lignes semble aujourd’hui peu adaptée à l’évolution du dispositif de maintien de l’ordre et court le risque d’une attaque frontale qui aboutit la plupart du temps à la dispersion pure et simple du cortège, ou à son isolement. La police n’est jamais aussi efficace que lorsqu’elle fait face à des formes identifiées et prévisibles. Faisons preuve au contraire d’intelligence collective et de créativité. Comme nous l’avons vu jeudi, déclencher des affrontements à peine quelques mètres après que le cortège se soit élancé implique presque toujours son blocage et sa neutralisation. Décidons plutôt ensemble, politiquement, de ce que nous voulons faire, sans céder aux pulsions émeutières à courte vue.

Il nous semblerait intéressant qu’un pôle animé puisse prendre la tête mardi afin d’éviter de stagner plus d’une heure et demie au même endroit : ce pôle permettrait de faire démarrer rapidement le cortège, tout en conservant une relative fluidité tout au long du parcours. Où que se situent ensuite les points de fixation, il pourra aussi servir de zone de repli mobile. Apprenons à mieux nous coordonner, à mieux articuler les différentes portions du cortège pour gagner en force collective.

La manifestation partira à 13h30 de la place Vauban (7ème arrondissement), retrouvons-nous massivement avec joie et détermination en tête de cortège !


Article publié le 09 Déc 2019 sur Nantes.indymedia.org