Mai 13, 2022
Par CRIC Grenoble
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Rassemblement ce samedi 14 mai à 17h place Félix Poulat à Grenoble

Lundi 2 mai, la presse américaine a révélé un projet de la Cour Suprême des États-Unis (la plus haute instance du pays) qui vise à déconstitutionnaliser l’accès à l’IVG. Cela signifie que les États seront libres d’autoriser ou non l’avortement (un droit constitutionnel depuis 1973). Si une telle loi passe, l’accès à l’IVG serait rendu dépendant de la législation de chaque État, sachant que 28 d’entre eux tiennent déjà des positions hostiles à ce dernier.

Cette situation n’est pas le problème des États-Unis seuls, bien que l’attention des médias se concentre principalement sur ces derniers. En effet, elle s’inscrit dans un contexte mondial d’hostilité envers le droit des femmes à disposer librement de leur corps. Pour ne citer que quelques exemples, rappelons que le Brésil a récemment durci l’accès à l’avortement en obligeant les victimes de viol à raconter leur récit avec détails pour avoir accès à ce droit, que la nouvelle présidente du Parlement Européen est ouvertement anti-ivg, que depuis octobre 2021 l’accès à IVG a été restreint en Pologne. Sur tous les continents les femmes se battent pour pouvoir garantir leurs droits. De la Pologne au Brésil, et dans tous les pays, solidarité internationale des femmes !

Ces projets réactionnaires et conservateurs s’accompagnent également d’attaques et de mesures restreignant les droits des personnes trans à disposer, elles aussi, librement de leurs corps. En 2021 60 textes ont été discutés aux USA dans le but de limiter le droit des personnes trans.

Partout, la droite et l’extrême droite s’allient pour renforcer le système de domination patriarcal, et continuer d’exploiter économiquement les femmes et de précariser les populations LGBTI. Réduire l’accès à l’IVG permet de renforcer l’assignation des femmes à la sphère domestique, notamment les femmes prolétaires, qui contrairement à la bourgeoisie ne pourront pas se permettre d’assumer les frais d’un IVG à l’étranger. Interdire l’accès aux parcours de transition c’est renforcer la détresse des personnes trans et participer à leur marginalisation.

Restreindre la libre disposition de nos corps comme l’IVG ou les parcours de transition n’empêche pas d’agir, mais pousse à le faire de manière clandestine, et à se mettre en danger. Selon Véronique Séhier, co-présidente du Planning Familial, il est estimé qu’une femme meurt toutes les 9 minutes dans le monde à la suite d’un avortement clandestin. Garantir l’accès inconditionnel à ce droit c’est protéger nos vies.

Ces discours réactionnaires entraînent aussi des conséquences lourdes en France : sur ces 10 dernières années, le conseil de l’Égalité dénombre 130 fermetures d’établissement pratiquants l’IVG.

C’est pourquoi il est primordial de se mobiliser afin de montrer que la lutte féministe est internationale, et qu’elle ne pliera pas sous la pression des pouvoirs réactionnaires. Pour cela nous réaffirmons la nécessité de continuer à renforcer les structures de luttes féministes et LGBTI en s’y investissant, puisque c’est elles qui nous permettent d’exercer nos droits. C’est à travers ces dernières que nous construiront un rapport de force aussi bien au niveau local qu’international. Les conservateurs ne cesseront de remettre nos acquis en question, organisons nous pour une riposte populaire et féministe.

Puisque c’est notre unité qui fera notre victoire, nous appelons à un rassemblement ce samedi 14 mai à 17h place Félix Poulat à Grenoble.




Source: Cric-grenoble.info