Communiqué de presse des contractuel.les précaires de la Bibliothèque publique d’information

Nous, contractuel.les précaires d’accueil, de rangement et de bulletinage de la Bibliothèque publique d’information, réclamons depuis plusieurs mois une amélioration des conditions de travail au sein de notre établissement :

  • un allongement de la durée des contrats (actuellement de 6 mois, non renouvelables et avec un plafond d’heures ne permettant pas, ou très difficilement, l’accès aux allocations chômage)
  • une revalorisation des salaires (payés au smic) justifiée notamment par la pénibilité physique des vacations de rangement, et par le niveau d’études exigé (master) pour postuler au poste de vacataire d’accueil
  • la délivrance d’un protocole Covid pour les vacataires (toujours pas effective, 2 mois après la réouverture de l’établissement, et alors que certain-e-s d’entre nous, tombé-e-s malades, ont dû se résoudre, attendant de passer un test, à perdre plusieurs jours de salaire, voire à démissionner, du fait d’être ainsi exposé-e-s)

Dès le 26 juillet nous avons alerté la directrice de notre établissement, qui a accepté de nous recevoir, nous fixant un rendez-vous 5 semaines plus tard, le 27 août, après son retour de vacances, et 2 semaines avant la fin de contrat de nombre d’entre nous. Entre temps, une campagne de recrutement démarrait avec difficulté, à grand renforts de messages sur panneaux lumineux postés dans l’enceinte de la BPI, disposés à côté de nos postes de travail. Finalement, lors de notre entrevue, la directrice Christine Carrier nous opposa une fin de non-recevoir : un NON à l’ensemble de nos revendications. « Ma porte restera toujours ouverte », nous a-t-elle précisé cependant. Cela tombe bien, nous ne comptons pas en rester là !



Un renouvellement nous ayant été proposé pour la période de Juillet à Septembre, afin de permettre la réouverture de la bibliothèque dans de bonnes conditions, la situation actuelle a montré la possibilité pour notre établissement de prolonger, et plus généralement d’allonger, la durée des contrats.

L’expérience que nous avons acquise, dans un contexte difficile qui avive les tensions et incidents, nous rend à même de gérer les situations à risque, et les compétences dont nous avons fait preuve dans l’expertise des ressources et le service aux lecteurs nous rend aptes à assurer un service public de qualité. Ces capacités sont reconnues par l’ensemble de nos collègues.

Par ailleurs, comment peut-il être envisagé, quand la crise sanitaire n’est pas terminée, et que la crise économique est devant nous, de renvoyer des contractuel-le-s vers encore plus de précarité, vers la recherche d’emplois instables et de plus en plus rares ? La réforme de l’assurance chômage va nous pénaliser. La prise en compte de la situation critique des précaires, en particulier dans le secteur de la culture, devrait inciter à agir vers une plus grande solidarité, par exemple en allongeant la durée des contrats, ou en nous permettant de faire suffisamment d’heures de travail pendant la durée de notre contrat pour ouvrir droit à des allocations chômage.

Accentuant un inlassable turn-over, la direction envisage de placer de nouvelles recrues à la BPI, dans ce moment exceptionnel, sans qu’elles aient pu se former dans des conditions sereines, les exposant à des risques sanitaires et économiques considérables (si ces nouveaux contractuel.les tombaient malades, durant leur 4 premiers mois de travail, et qu’ils se voyaient délivrer un arrêt maladie, après les trois premiers jours de carence sans indemnisation, ils ne verraient même pas leur indemnité complétée par l’établissement)

Dans ce lieu emblématique qu’est la BPI, qui a dans ses principes la gratuité d’accès, le cosmopolitisme, la promotion de la culture pour tou-tes et l’ouverture à un public très différencié (des étudiant-e-s aux chômeurs, sans-papiers, sans abri et personnes en situation de vulnérabilité, handicapé-e-s), la direction présente, incarnée par Madame Carrier, entend imposer une “philosophie” managériale dite de flexibilité, et consolider une véritable usine à contractuel.les précaires. Que notre effectif d’une cinquantaine de contractuel.les (25% du personnel), assurant un besoin permanent et structurel à la Bibliothèque, soit ainsi méprisé, empêché d’assimiler et d’assurer correctement ses fonctions, contraint à des pertes de salaire voire poussé à la démission, enfin envoyé en première ligne et exposé au risque d’attraper le coronavirus, mis en danger, c’est ce que nous ne pouvons résolument plus tolérer. C’est pourquoi nous appelons, avec le soutien de nombre de titulaires, à une grande mobilisation, et nous organiserons une grève dès le JEUDI 10 SEPTEMBRE, 11h, afin d’alerter l’ensemble du personnel et du public, et d’amener la direction à revoir ses positions.

Collectif des contractuel.les précaires de la BPI


Article publié le 07 Sep 2020 sur Paris-luttes.info