Appel à la grève à Jussieu – Sorbonne Université et ailleurs

Nous sommes plusieurs depuis hier, dans plusieurs filières de Sorbonne Université, en mathématiques et en informatique à faire la grève, en n’assurant pas nos enseignements et en ne participant pas à l’organisation des examens, et nous continuons aujourd’hui. Nous rejoignons ainsi les collègues déjà mobilisés et les camarades en grève dans tout le pays.

Ce message est donc un appel à la mobilisation, à la grève et à la manifestation (rendez-vous dès cette après-midi ! https://paris.demosphere.net/rv/76884). Et vous n’avez pas à vous déclarer gréviste, ça ne sert rien.

Il y a tellement de raisons de réagir… En voici quelques-unes :

  • contre la réforme des retraites, plus grand recul social depuis des dizaines d’années. Et le faux recul sur l’âge pivot n’est qu’un leurre pathétique pour briser notre unité ;
  • contre la réforme de l’enseignement supérieur, dont les objectifs sont déjà largement connus et assumés. Nous sommes les prochains sur la liste du gouvernement. Cette réforme achèvera de détruire la recherche académique en France en soumettant encore plus les financements à des intérêts court-termistes, en réduisant nos libertés, en brisant notre statut et en précarisant nos carrières ;
  • contre les reculs sociaux récents : les lois Travail, la destruction de l’assurance chômage par exemple. Une bataille a été perdue sur ces sujets, mais rien n’est jamais définitif ;
  • contre la répression policière brutale et organisée délibérément par le gouvernement, et qui s’abat avec sauvagerie sur les cortèges de manifestants, en tête ou à l’arrière ;
  • contre le mépris et l’arrogance du gouvernement, incapable d’envisager la moindre négociation ou concession ;
  • et parce que ÇA SUFFIT !

La mobilisation passe par la grève. Nécessairement. Les travailleurs du pays sont mobilisés depuis des semaines et se battent pour tout le monde (salariés, fonctionnaires, chômeurs, retraités et tudiants, sans distinction, sans corporatisme et sans égoïsme). Il faut maintenir et renforcer le rapport de force établi avec succès, et apporter notre soutien concret et visible aux camarades en grève. Face aux agressions, la grève est notre arme de légitime défense sociale. De plus, demandons-nous quel soutien nous pourrons espérer lorsque le lance-flamme social du gouvernement se tournera vers nous, si nous sommes incapable de nous battre pour tout le monde ?

Sachez que :

  • vous n’êtes pas tout seul, nous pouvons nous supporter et nous encourager mutuellement ;
  • vous n’avez pas à vous déclarer gréviste. Jamais. Quelles que soit les demandes ou les pressions. Il n’y aura pas de statistiques publiques et vous ne serez pas plus visible. Et si vous voulez perdre un jour de salaire, donnez le à une caisse de grève plutôt qu’à l’état ;
  • les préavis déposés vous protègent, tout le temps (même en dehors des journées nationales de mobilisation) et quel que soit votre statut (titulaire, stagiaire ou contractuel) et sans avoir besoin d’être syndiqué ;
  • si vous subissez des retenues sur votre salaire, une caisse de grève à SU peut vous aider ;
  • des AGs s’organisent à SU, par exemple à UFR de maths à 12h15 aujourd’hui (15-25-101) et d’autres actions, comme la pétition http://chng.it/N5YnbgfVkS ;
  • les collègues du secondaire se mobilisent sérieusement, des lycées sont bloqués et des épreuves du contrôle continu du bac (les E3C) ont été annulées.

Nous vous invitons à :

  • faire grève, la grève illimitée. Pas d’enseignement, pas d’examen, pas d’autres activités ;
  • à participer aux manifestations, dans le cortège syndical ou pas (aujourd’hui https://paris.demosphere.net/rv/76884 et jeudi https://paris.demosphere.net/rv/76935) ;
  • à annoncer que vous faites grève à vos étudiants et à vos collègues et à rendre publique vos actions ;
  • à discuter des événements autour de vous. C’est en parlant de politique qu’on fait de la politique ;
  • à donner aux caisses de grèves RATP, SNCF ou Énergie (mais pas à celle de SU, elle est déjà trop pleine) ;
  • à diffuser ce message à SU, dans les autres universités et instituts de recherche, auprès des collègues votre entourage. Et surtout aux étudiants ainsi qu’aux camarades en grève pour leur montrer notre soutien. N’hésitez pas non plus à l’adapter au contexte ;
  • à prendre des initiatives militantes, sans attendre d’éventuelles décisions d’AG ou des consignes syndicales.

N’attendons pas un mouvement de masse, lançons le nous-mêmes. Toutes et tous ensemble !