Mai 3, 2021
Par Rennes Info
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Retardée plusieurs fois par la pandémie de covid-19, la réforme de l’assurance chômage devrait entrer en vigueur au 1er juillet 2021. Cette réforme va changer en profondeur les règles d’indemnisation chômage. Parmi les mesures les plus graves, le changement de calcul du salaire journalier de référence qui va entraîner, selon l’Unedic*, une baisse des allocations de 17% en moyenne pour 1,15 million d’allocataires. Tous les salariés ayant connus des périodes non-travaillées sur une période de 24 mois seront touchés.

Autre mesure dangereuse, l’allongement de la durée de cotisation pour ouvrir des droits, il faudra travailler 6 mois au lieu de 4 aujourd’hui pour bénéficier de droits à l’assurance chômage. L’Unedic estime à 190 000 le nombre de personnes exclues de l’ouverture de droit par cette mesure. Le droit au rechargement sera aussi remis en cause puisqu’il faudra avoir travaillé 6 mois au lieu d’ 1 aujourd’hui pour prolonger ses droits existants à l’allocation.

Enfin, le gouvernement instaure le principe de dégressivité des allocations pour les cadres, principe maintes fois annoncé avant Macron et toujours abandonné. Les organisations de chômeurs et les syndicats ont toujours combattue cette mesure car ils percevaient bien qu’ en définitive elle devait s’appliquer à tous.

Cette réforme qui devait déjà s’appliquer au 1er avril 2021, a été annulé une première fois par le conseil d’état le 25 novembre 2020 à cause de la rupture d’égalité qu’elle produisait entre les demandeurs d’emploi. Alors pourquoi, dans un contexte de crise économique et de pandémie mondiale, alors que les autres réformes « sociales » ont été repoussées, Macron et son gouvernement s’acharnent t-ils à vouloir appliquer une réforme qui va fragiliser les salariés les plus touchés par la crise et les plus précaires, les intérimaires, les jeunes, les femmes et tous ceux qui ont un rythme de travail fractionné ?

A ses débuts, l’enjeu annoncé de la réforme était de limiter les contrats courts en instaurant un bonus-malus sur les cotisations des employeurs, mesure repoussée pour l’instant au plus tôt au 1 er septembre 2021. La vérité, c’est qu’au lieu de lutter contre les contrats courts et la précarité de l’emploi, le gouvernement va lutter contre les chômeurs et précariser les revenus. Avec des allocations plus faible, il va inciter les allocataires à accepter n’importe quel travail pour survivre. Il va même accentuer mécaniquement le travail au noir, puisque les salariés auront intérêt à ne pas déclarer certaines activités défavorables au calcul de leurs droits.

L’autre vérité, c’est que dans le scénario le plus favorable, le gouvernement espère faire une économie de 2,3 milliards d’euros par an avec cette réforme. En bon représentant des classes dominantes, il doit donner des gages de sa soumission en appliquant des réformes néolibérales, réduire les dépenses publiques et réduire la dette. Cette réforme a donc une haute valeur symbolique, elle envoie le signal, dans cette année pré-électoral, de l’application d’ une politique d’austérité jusqu’aux prochaines élections.

Dans ce contexte, lutter contre la réforme de l’assurance chômage est non seulement une nécessité pour défendre les droits des travailleurs les plus précaires mais aussi une manière de s’organiser contre la politique économique globale qui est en train de se mettre en place.

Pour s’organiser et lutter face aux réformes et à la précarité annoncée nous vous invitons à une première réunion pour la création d’un collectif de chômeurs et précaires sur le pays de Brocéliande :


RDV Jeudi 6 mai 2021 à 17h30

6 rue de Bédée à Iffendic (derrière la maison de l’enfance)

*association chargée par délégation de service publique de la gestion de l’assurance chômage




Source: Rennes-info.org