En plus des missions que la Coordination s’est fixées, nous avons décidé de nous organiser pour soutenir et prendre en charge les personnes interpelé·e·s en région parisienne lors des mobilisations des Gilets jaunes. Depuis le 1er décembre 2018, notre ligne est ouverte tous les jours. Si notre numéro a eu du mal à circuler au début du mouvement, aujourd’hui, de plus en plus de personnes font appel à nous.

Ainsi, depuis le début du mouvement des GJ, nous avons soutenu plusieurs centaines de personnes en garde à vue, lors de comparutions immédiates, de procès de renvoi ou d’appels comme lors de leur détention. Ce suivi débute souvent par un appel des proches sur notre ligne de téléphone ou de demandes d’aide ou de conseils reçues sur notre adresse mail. Cela semble peu au regard du nombre d’interpelé·e·s de ces derniers mois, mais c’est énorme en termes d’interventions, de suivis et de prises en charge individuelle. Surtout que depuis le 1er mai, ces interventions ont considérablement augmenté comme nous l’avons indiqué dans ce communiqué.

Parmi nos principes, nous avons décidé de supprimer les rapports d’argent entre les prévenu·e·s et les avocat·e·s, avec qui nous nous sommes entendus au préalable sur des tarifs planchers. Nous préférons que la solidarité financière joue à tous les niveaux : les prévenu·e·s versent ce qu’ils·elles peuvent à la cagnotte, en invitant également tout leur entourage à y participer ou en faisant jouer la solidarité en organisant des évènements de soutien ou des collectes de solidarité… Ce qui est totalement différent de verser directement les honoraires à un·e avocat·e. Nous tentons ainsi d’atténuer les effets de la répression en faisant vivre concrètement la solidarité, au-delà des mots. Nous tentons de couper la chaîne de culpabilité que les institutions policière et judiciaire tentent d’inoculer en chacun·e·s des interpelé·e·s. Individualiser au maximum, pour couper du collectif et des motivations politiques de la répression, voilà ce que nous essayons de combattre. Cela nous apparaît plus que jamais pertinent.

Mais tout cela a un coût en terme de frais de justice (nous donnons une idée des tarifs selon le type d’interventions sur la page de la cagnotte). Depuis septembre 2016, ce sont plusieurs centaines de personnes que nous avons soutenues. Notre numéro étant diffusé de plus en plus, le nombre de réprimé·e·s qui font appel à nous augmente sensiblement de samedi en samedi. Et nous nous en réjouissons !

C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui un nouvel appel à dons. Nous en profitons pour remercier les interpelé·e·s et leur entourage qui versent à la caisse et font jouer la solidarité au-delà de leur propre affaire. Nous remercions aussi les groupes de personnes, collectifs, syndicats, musicien·ne·s qui organisent et ont organisé des concerts, débats, collectes diverses et ont reversé régulièrement des sous à notre caisse.

Parce que la solidarité est notre arme et parce que la répression ne vise qu’à nous isoler, continuons de jouer collectif !

Dons en ligne* : https://bit.ly/stoprep

La Coordination contre la répression et les violences policières

stoprepression(AT)riseup.net

* Si vous préférez envoyer un chèque, mettez-le à l’ordre de « FAU » (indiquer « Stop répression » au dos), et adressez-le à Librairie Michèle Firk, 9, rue François Debergue, 93100 Montreuil. Pour des virements, écrivez-nous par mail pour avoir le RIB.

Quelques principes de défense collective

● La « justice » laisse les prévenu·es seul·e·s face à leurs actes présumés, écartant toute défense commune, concertée et politique. La réponse doit être large, auto-organisée et réinvestie par le plus grand nombre sans la réserver aux spécialistes, militant·e·s ou avocat·e·s.

● La défense collective suppose de ne pas choisir entre de supposés « bon·ne·s » ou « mauvais·e·s » manifestant·e·s : la défense de l’un·e ne doit pas mener à la mise en cause d’autres.

● En contactant le groupe de soutien, la personne ou ses proches peuvent être mises en relation avec des avocat·e·s, obtenir conseils afin d’organiser collectivement sa défense.

● Le groupe de soutien n’est pas pour autant un prestataire de service : il souhaite surtout construire ensemble, avec les réprimé·e·s, une défense politique. Toute personne concernée est donc invitée à le contacter.

● La défense se prépare dans un dialogue à trois (prévenu·e, avocat·e et groupe de soutien). Le/la prévenu·e aura le dernier mot sur la stratégie. L’avocat·e devra adapter ses pratiques en conséquence.

P.S.—Conseils pratiques des caisses de soutien du Réseau d’autodéfense juridique collective : https://rajcollective.noblogs.org


Article publié le 13 Mai 2019 sur Paris-luttes.info