Un jour, on vous a foutu de la flotte sur la tĂȘte. Pas marquĂ©.e au fer rouge mais Ă  l’eau froide, on vous a inscrit.e Ă  l’insu de votre plein grĂ© dans le grand troupeau des brebis catholiques. Je connais, je l’ai Ă©té 
Des années plus tard, vous souhaitez sortir du rang, appliquer la trÚs grande distanciation sociale avec cette religion. Vous pouvez


1e Ă©tape, vous renseigner afin de savoir dans quel hangar Ă  priĂšres vous avez Ă©tĂ© baptisĂ©, de quelle paroisse, Ă  quelle date. Savoir de quel Ă©vĂȘchĂ© cette paroisse dĂ©pend.
2e Ă©tape, l’évĂȘchĂ© n’étant pas fermĂ© de l’intĂ©rieur lui adresser une lettre (Lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception, l’évĂȘque Ă©tait un animal fourbe et revĂȘche) telle que :

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Monsieur l’EvĂȘque,
Ayant reçu mon baptĂȘme en l’église de 


 le 



. sous le nom de 


 , je vous fais part, par la prĂ©sente, de mon intention de ne plus apparaĂźtre dans vos registres.

C’est le moment de lui faire une tartine de motivations. Par exemple : non croyance en un dieu. Refus d’appartenir Ă  une communautĂ© entachĂ©e de pĂ©docriminalitĂ©, d’homophobie, de sexisme, d’obscurantisme. Refus d’appartenir Ă  une communautĂ© dont l’histoire est synonyme de massacres. Refus du baptĂȘme imposĂ© Ă  des enfants en bas Ăąge. Avortement, prĂ©servatif, complicitĂ© dans des coups d’État, dans des gĂ©nocides
 LĂąchez-vous
.

Pour toutes ces raisons, je vous demande de radier mon nom et toute autre donnĂ©e me concernant du registre des baptĂȘmes et de tout autre fichier manuscrit ou informatisĂ© que vous dĂ©tiendriez. Cette lettre fait office de dĂ©cision dĂ©finitive, il est donc inutile de me demander une quelconque confirmation.
ConformĂ©ment aux articles 38, 39 et 40 de la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 modifiĂ©e, cet acte d’apostasie ne peut m’ĂȘtre refusĂ©. ConformĂ©ment Ă  la loi prĂ©citĂ©e, les donnĂ©es me concernant doivent ĂȘtre “effacĂ©es”. Suite Ă  la dĂ©cision de la Cour de cassation, vous ĂȘtes pour le moins tenu d’ajouter la mention “a reniĂ© son baptĂȘme par lettre datĂ©e du…” en marge des registres. Je vous rappelle cependant que rien ne vous empĂȘche d’effacer complĂštement (rendre illisible) mon acte de baptĂȘme.
ConformĂ©ment Ă  l’alinĂ©a 2 de l’article 40 , je vous demande de me fournir, sans frais, une attestation confirmant cette radiation.
ConformĂ©ment Ă  l’alinĂ©a 2°c de l’article 11 de cette mĂȘme loi et en cas de non rĂ©ception de mon attestation de radiation, je serai au regret de saisir la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertĂ©s), voire d’engager toute procĂ©dure nĂ©cessaire pour obtenir le respect de ma volontĂ© prĂ©sentement exprimĂ©e.
Veuillez agréer, Monsieur, mes sincÚres salutations.
Date et signature.

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Pour ce qui est de faire disparaĂźtre sous un surlignage noire les lignes vous concernant, ce n’est pas gagnĂ© : Un « baptisĂ© deux jours aprĂšs sa naissance » fait sa demande de radiation et de l’effacement de toute mention Ă  son baptĂȘme. Le 6 octobre 2011, le tribunal lui donne raison et ordonne au diocĂšse de tout virer dans les 30 jours. Appel suspensif et
 , le 10 septembre 2013, le tribunal d’appel a annulĂ© le jugement. Les traces du baptĂȘmes resteront donc visibles


Le fait de baptiser des enfants en bas Ăąge sans leur demander leur avis permet de gonfler les chiffres des membres de l’Église catholique : celle-ci annonce qu’environ 70% des français sont catholiques alors que des enquĂȘtes d’opinion montrent que plus de la moitiĂ© des français ne se rĂ©clament d’aucune religion.

Ite missa est.


Article publié le 31 AoĂ»t 2020 sur Monde-libertaire.fr