Novembre 11, 2021
Par Brest Media Libre
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Articles tirés d’Indymedia Athènes :

Écraser les fascistes est un acte d’amour…

De : Collectif Autonome d’Etudiants en Ingénierie Electrique

Le 07/10/2021

Article initial

Événements récents

Au cours de la dernière semaine, des attaques fascistes contre des antifascistes ont eu lieu. L’attaque des fascistes à l’intérieur de l’EPAL (lycée technique) de Stavroupoli contre des étudiant·es antifascistes qui distribuaient des textes contre l’EBE (sélection à l’entrée à l’université) à l’extérieur de ladite école, des attaques violentes de bastions fascistes à l’intérieur de l’EPAL, contre des étudiant·es antifascistes qui organisaient des rassemblements antifascistes à l’extérieur (mardi 28 et mercredi 29 septembre). Les manifestations antifascistes de masse à Thessalonique (28/9 et 2/10), la seconde étant réprimée inutilement par les flics (révélant le soutien clair aux fascistes donné par flics et l’État), sont venues comme une première réponse au serpent du fascisme qui re-sort de son trou et aux appels fascistes de la Ieros Lohos (Ιερού Λόχου). Cependant, les attaques fascistes se poursuivent, avec l’attaque au pied de biche contre des membres de la KNE (jeunesse du parti communiste) à Thessalonique (4/10) et celle contre des membres de la Keerfa (union contre le racisme et le fascisme) à N.Héraklion le même jour.

Le fascisme se bat dans la rue

À travers ces événements, se pose la question qui était très préoccupante l’année dernière, à savoir si “le fascisme va-t’il en prison* ?”. La “raclée” donnée par les fascistes ces semaines répond clairement NON à la question ci-dessus. Une réponse au-delà des attentes ! C’est une terrible illusion de s’imaginer que le discours de haine, le totalitarisme et la “purification” sociale sont nés et nourris par une poignée de personnes, et qu’en les incarcérant vous avez résolu le problème. Ces discours, et les pratiques qui vont avec, sont “dispersés” et multipliés dans la rue, dans les classes pauvres et populaires. C’est un discours facile à digérer face aux problèmes quotidiens – simples et complexes – d’une personne, élevée dans un environnement ethnocentrique, religieux et rétrograde, dans lequel elle n’essaie pas de résister et de s’organiser pour faire face à ces problèmes. Il finit par refléter sa classe et ses problèmes sociaux sur des causes bon marché, ciblant les minorités et combattant une “guerre” nationale (pas de classe !) envers un “ennemi”.

“Guerre” et “ennemi” sont des formes vagues dérivées de concepts bourgeois romancés tels que l’unité nationale, le prototype masculin (Macho) et des concepts plus larges de xénophobie religieuse, sexuelle, voire juste d’apparence. Le moment où le problème commence, c’est lorsque les gens s’organisent derrière cette idéologie, partisan ou “simple soldat” en termes de bataillons. Autrement dit, le fascisme est une idéologie qui part de la rue et montre ses dents dans la rue, ce n’est pas tant une théorie qu’un acte. Comme nous l’avons dit plus haut, c’est une issue, à l’indignation directe. La personne qui exprimera la haine pour raviver les croyances des fascistes et sera présentée comme leur chef, est quelque chose de superficiel et de temporaire. Le fascisme est né dans la rue, et il ne se terminera pas avec l’emprisonnement d’aucun leader*. Ça se terminera dans la rue !

Nous savons tous que les prisons en tant qu’institution ne sont utiles que pour que l’État puisse prendre soin de ceux qu’il ne peut pas contrôler et provoquer un sentiment de sécurité dans la classe moyenne, alors qu’en fait il n’a aucun rôle correctionnel..

Le fascisme, ce subordonné de l’État

Le paradoxe du cas du fascisme est que bien qu’il se compose de “guerriers” indignés qui se battent pour voir le changement social et politique (s’opposant à la nouvelle “normalité progressive” qu’apporte le régime), il a toujours existé sous ce régime. Historiquement, les foules pouvaient se désorienter de leurs vrais problèmes et s’unir en ciblant leur haine vers des boucs émissaires. Cette désorientation, le régime actuel, l’offrait volontiers en période de crises et de bouleversements pour ne pas prendre la responsabilité et les conséquences des problèmes économiques/sociaux qu’il créait. Et même de nos jours dans le monde entier, les chefs des principaux partis des États, caressent les oreilles des organisations et des partis fascistes, leur laissant de la place, car ils savent qu’ils fonctionnent comme des entrepôts d’indignés (exemple récent : Républicains et extrême droite aux États-Unis). Tout en dépit du discours antifasciste de ces régimes, ils patronnent et protègent les fascistes dans les zones qui les desservent (problème d’extrême droite / nazi dans la police allemande d’aujourd’hui !). Il est donc clair que non seulement les institutions ne sont pas aptes à faire face au fascisme, mais qu’elles le “nourrissent” également.

Le projet anti-violence (contre-attaque)

Les apostats qui “condamnent la violence d’où qu’elle vienne”, dans une tentative désespérée de nous montrer la supériorité morale qu’ils se considèrent avoir, assimilent la violence de l’agresseur à la violence de la victime, la violence de l’oppresseur à la violence de l’opprimé. La violence est un outil, et selon qui l’utilise et dans quel but, nous jugeons si elle est mauvaise ou bonne. La violence existe tout autour de nous, comme la violence de la propriété privée des moyens de production, la violence de l’esclavage salarié, la violence du chômage, la violence de l’État envers les manifestants ouvriers. La seule chose qui change, c’est quelle forme de violence est légalisée et laquelle est condamnée.

Le projet pacifiste est que tant que les fascistes “nettoieront” les gens, ils manifesteront par des actions symboliques et pacifiques afin de déplacer les masses et de massifier leur but au point que l’État agisse pour eux. Cette idéologie contre toutes les formes de violence découle d’une position de privilège, le privilège de ne pas être parmi les premières victimes des fascistes, tant que les fascistes attaqueront des immigrant·es, des queer, des anarchistes et des manifestant·es, ils pointent du doigt celles et ceux qui se défendent en utilisant l’anti-violence (contre-attaques) et en les pointant ainsi avec condescendance, les condamnent à attendre patiemment qu’ielles soient assassiné·es avant que les classes privilégiées reconnaissent le problème. Les pacifistes ne reconnaissent pas qu’écraser un fasciste est un acte d’amour, d’amour de la liberté.

C’est le paradoxe de la tolérance, si une société tolérante fait preuve de tolérance envers des individus non tolérants, alors ces individus utiliseront cette tolérance à leur avantage et détruiront la tolérance de la société. La société doit se défendre, elle ne doit pas tolérer les intolérants. Les fascistes n’ont absolument aucun problème à casser des têtes, à poignarder et à mettre les gens dans des sacs. Ils savent qu’ils n’ont aucun coût politique avec l’usage de la force parce que le public qu’ils s’adressent est impressionné par la violence envers les minorités. La violence n’engendre pas la violence, les fascistes engendrent la violence et la violence envers les fascistes engendre la liberté.

Il est temps que les pacifistes comprennent que lorsqu’ils condamnent la violence non institutionnelle, tout ce qu’ielles obtiennent, c’est saper le mouvement antifasciste et pousser les fascistes à poursuivre leurs barbaries.

La manière de traiter le fascisme n’est donc ni les institutions, ni les justifications pacifistes du type “Éduquer les fascistes”, mais l’utilisation de l’anti-violence et de l’organisation dans la rue.

NI DEVANT LES TRIBUNAUX, NI À COUP DE LOIS, C’EST DANS LA RUE QUE LE FASCISME S’ECRASE.

Collectif Autonome d’Etudiants en Ingénierie Electrique

autonomohmmy.espivblogs.net


Manifestation en solidarité avec le squat Yfanet

de : squat mondo nuevo

Le 14/10/2021

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Les occupations font partie intégrante de la lutte, elles sont le terrain à partir duquel se prépare la lutte sociale de classe, et c’est pourquoi elles sont ainsi attaquées, dans le cadre de la “contre-insurrection préventive”, afin qu’elles ne soient pas en mesure de trouver les accès sociaux nécessaires pour s’unir à la rage grandissante des masses, de la plèbe, Surtout à une époque où les projets de lutte anti-étatique sont les seuls à pouvoir offrir une réponse à la réalité barbare que nous vivons.

SOLIDARITÉ AVEC AVEC L’OCCUPATION DE L’USINE YFANET

Le 8 août 2021, le ministère de la Culture a annoncé la décision de démolir des sections du toit du complexe industriel classé monument historique préservé d’YFANET, à Thessalonique. Cette décision, qui après la fin du mois d’octobre est applicable à tout moment, représente par essence une menace ouverte contre l’occupation Yfanet, puisqu’elle prépare le terrain à une éventuelle expulsion.

Après un an et demi de pandémie, alors que la santé publique a été détruite, les indicateurs de chômage en augmentation continue et le salaire minimum ne suffisant même plus pour se nourrir, il est plus qu’évident que pour les administrateurs du pouvoir de l’État, le retour à la normalité passe par la poursuite de l’attaque contre la base sociale et l’évacuation des structures de lutte du mouvement anarchiste-anti-autoritaire. Contrairement à la stratégie de communication choisie par le ministre de la protection du citoyen à l’hiver 2019, lorsqu’il a publié des ultimatums aux squatteurs anarchistes, menaçant d’effectuer des expulsions à l’échelle nationale, l’État s’est maintenant tourné vers une stratégie plus souterraine, en menant des expulsions en douce

Cependant, tout comme leurs actions répressives précédentes ont échoué, les actuelles échoueront également. La réponse militante donnée à travers la reprise du bâtiment par les camarades de Rosa Nera, avec l’achèvement du toit du bâtiment par Libertaria, contre toutes les tentatives de le voir disparaître, ainsi que les 1000 personnes qui ont défilé à Thessalonique contre l’état policier et en solidarité avec Terra Incognita expulsé, montrent que nous ne marchons pas seuls sur le chemin de la lutte.

Solidarité, auto-organisation et entraide. La présence intense et constante des militant.es anarchistes sur tous les fronts de la lutte, leur lien avec les luttes de classe sociale, la participation des jeunes, des étudiant.es et des élèves, des jeunes travailleur.euses, des personnes impliquées dans d’innombrables projets de lutte anarchiste-anti-autoritaire et anti-étatique ont formé un corps militant qui revendique sans supplier, qui attaque sans se plaindre. Et en tant que relation, il n’est pas expulsable.

Le mouvement anarchiste-révolutionnaire est né des relations d’entraide sociale mutuelle, s’est développé et a inspiré avec son arme – sans condition – la solidarité et cela reste son idéal et son orientation pour la société qu’il envisage.

Du territoire occupé de Mundo Nuevo, nous déclarons :

CONTRE LA VIOLENCE ET LAPRESSION DE L’ÉTATPAS DE REDDITION PAS DE TRÊVE

SOLIDARITÉ AVEC L’OCCUPATION DE L’USINE YFANET

BAS LES PATTES DES SQUATS ET DES STRUCTURES DE LA LUTTE

RASSEMBLEMENTMARCHE : VENDREDI 15/10, 18:00 CENTRE CULTUREL DE TOUBAS


Pour l’argent vous êtes prêts à tout (une reconstruction qui coûtera un peu plus cher) | Vancouver Apartment

De : Vancouver Apartment

Le 14/10/2021

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Le 31 août, un appel d’offres a été lancé à Diavgeia pour la reconstruction du bâtiment qui abritait le squat Vancouver-Apartment jusqu’à son évacuation le 2 novembre 2019. Cet appel fait suite à une série de documents et de demandes soumis par le Sénat de l’AOP (Université économique d’Athènes ASOEE) et le recteur Bourantoni aux Ministères du Développement et de l’Éducation, tout au long de l’été. Leur but est de transférer le projet à n’importe quel organisme qui ne soit pas l’université, alors que le bâtiment squatté leur était si cher. Leur ardent désir est de nier leur responsabilité dans la reconstruction, raisonnement qui est reflété dans le procès-verbal de la 17e séance du Sénat du 1er juillet 2021. Il y est fait référence au précédent et « aventureux », d’après leurs termes, concours de 2016, pendant lequel une intervention massive de solidarité avait eu lieu entraînant son annulation. Le concours s’est terminé quelques mois plus tard au Ministère de l’éducation, à huis clos, afin d’éviter de nouvelles réactions. Cependant, cet acte a lancé un nouveau cycle de mouvements multiformes de défense de l’occupation contre l’ autorité du recteur, mais aussi contre les entrepreneurs. Finalement, comme l’affirme le sénateur – sans bonne grammaire – “en raison d’actes illégaux graves de personnes extra-universitaires issues du milieu anti-autoritaire qui occupaient l’immeuble depuis dix ans, l’entrepreneur a démissionné de son contrat” ​​(sic). Du coup, le projet est devenu frauduleux et l’ancien recteur Giakoumakis n’a pas gagné son pari. Ainsi, le Sénat a conclu que « jugeant que toute implication de l’Université dans la reconstruction de ce bien conduirait à la même impasse […] et a décidé d’adresser un document au Ministère de l’Education et des Cultes demandant la mise en œuvre du projet sous la responsabilité du Ministère […] en vue d’assurer la paix et l’ordre académiques » (sic).

Ainsi, Niki Kerameos semble assumer cette tâche difficile, en tant que ‘Deus ex Machina’. Le nouveau concours s’est déroulé par voie électronique sous la crainte des réactions et de notre présence physique là-bas, les offres des entreprises étant soumises jusqu’au 5/10/2021 et maintenant nous attendons les super chanceux qui entreprendront le projet. Le calendrier du projet fixe 540 jours pour son achèvement à partir du moment où l’entreprise contractante sera missionnée et le coût s’élève au montant « bon marché » d’environ trois millions d’euros (2 842 080 + TVA).

L’incompétente Ministre de l’éducation et du culte a utilisé l’argument de la réduction du budget de l’État pour l’éducation à quelques reprises, sans même avoir la moindre idée du pourcentage du PIB qui lui est alloué (laissant béats ses interlocuteurs, membres de sa cour, dans une émission télévisé). Du massacre de milliers d’étudiants avec la mise en place de la base minimale d’admission (EBE), de la fermeture de dizaines de départements dans les universités principalement en province, aux réductions continues des prestations étudiantes (dortoirs, restauration, etc.) et à la promotion manifeste des collèges privés à la ville contre les professeurs grévistes du secondaire, Kerameos s’est engagé à mettre en œuvre la politique néolibérale de ses proviseurs. Il vise à fragmenter le caractère public de l’éducation, l’éducation devenant entièrement un produit pour quelques chanceux et les riches, afin que le reste de la plèbe soit la main-d’œuvre bon marché de la dystopie de demain.

Le ministère de l’Éducation, dirigé par Niki, s’est empressé d’entrer en garant de l’ordre et de la sécurité afin que l’appel d’offres pour la reconstruction d’un bâtiment classé se déroule sans heurts, pour le compte d’une université, qui ne sait même pas ce qu’elle fera. Il ne sait pas quoi faire de ses immenses biens immobiliers, étant l’un des établissements d’enseignement les plus riches du pays. Bien sûr, nous ne parlons pas d’un quelconque bâtiment mais d’une ancienne occupation d’anarchistes/anti-autoritaires dans le centre d’Athènes. Bien sûr dans ces cas, l’Etat a des réflexes particulièrement vifs et pour de tels projets on sait qu’”il y a de l’argent”.

Pendant l’occupation de Vancouver Apartment, son exploitation était vouée à l’échec, étant un îlot d’auto-organisation qui a efficacement déconstruit l’absurdité du concept de propriété, offrant un abri à celles et ceux qui en avaient besoin et accueillant un certain nombre d’événements et de mouvements politiques. Elle a créé un problème en tant que source de résistance contre la misère de l’État et du capital, autant dans la région (ex : opérations balai pour les sans-abri à Patission et empiètement du champ Areos par l’homme d’affaires de nuit H. Marosouli avec le théâtre Alsos) qu’au niveau central (structures d’alimentation et de solidarité des immigrés, mouvements de solidarité avec les détenus, rassemblements antifascistes, actions pour la libre circulation dans le MMM, etc.).

En même temps, pendant toutes ses années d’existence, l’occupation a créé un problème pour ASOEE, brisant la fausse image que l’université peine à se former, dans sa tentative d’obtenir des bourses pour des programmes de recherche avec le travail non rémunéré d’étudiants, visant principalement à promouvoir l’université pour attirer les étudiants européens plutôt que les locaux qui n’ont pas à payer.

L’AOP entretient une relation intemporelle avec la répression, qu’elle confirme à ce jour à chaque occasion. Ces dernières années, il a été un digne allié de l’État dans la répression violente de la région, avec des opérations de ratissage quotidiennes contre les toxicomanes, les immigrés, les sans-abri et les vendeurs ambulants. Le Sénat se sent consterné par le fait qu’ils « nuisent à la réputation et au prestige de la Fondation » et son âme charitable n’allant pas au-delà de « l’éloignement immédiat et permanent des toxicomanes des zones périphériques des installations de la Fondation, ainsi que de la zone plus large ». Avec la bonne coopération de l’université et de la police grecque, la région a toujours été sous contrôle policier. Aussi, les autorités du rectorat de l’AOP ont tenté d’inaugurer l’application de la loi abolissant l’asile universitaire en tentant, le 30 octobre 2019, de faire évacuer de l’école et d’y faire entrer les forces de l’ordre après que des heurts et des actions de solidarité avec le soulèvement chilien ait eu lieu autour de l’université, ce qui échoua lamentablement puisque les étudiants ne quittèrent pas l’entrée de la rue Derigny. Le lendemain (31/10), le recteur de l’époque, Giakoumakis ordonna lui-même par réquisitoire l’évacuation du squat de Vancouver (2/11), puis en raison des réactions qui firent suite, mais aussi en raison de l’évacuation du steki ASOEE (10/11), en conjonction avec le prochain anniversaire du 17 novembre, imposa un lock-out. Ainsi, ces inaugurations eurent lieu quelques jours plus tard, les forces de l’ordre s’en prenant aux élèves, envahissant finalement la cour de l’université. Il convient également de mentionner l’incident qui a suivi après quelques mois, avec le flic armé dans la cour de l’école, qui a brandi son arme et menacé les élèves qu’il l’utiliserait, obtenant la réponse qu’il méritait. L’AOP ne cesse de s’ériger en terreau fertile pour la mise en œuvre de diverses mesures répressives légiférées en rafale par l’État, tels que les dispositifs de contrôle dans les universités (tourniquets, barres, caméras, cartes d’entrée, disciplines) et soutient en pratique l’implantation de la police universitaire (alors que la grande majorité des autorités presbytériennes de toute la Grèce expriment leurs doutes, voire une totale opposition).

Comme si ce qui précède ne suffisait pas et après l’intervention solidaire d’occupation du bureau de l’actuel recteur Bourantonis pour laquelle l’ancien chef de la police Chrysochoidis a proclamé la culpabilité de 8 personnes, majoritairement étudiant·es de l’AOP ciblés pour leur activisme politique, et les a fait appeler à témoigner pour finalement les poursuivre en pénal. L’État ordonne désormais le prélèvement obligatoire de leur matériel génétique (ADN), une pratique qui se répétera dans le cas de 14 des squatters interpellés et arrêtés le 17 novembre 2020, sur la base d’un effort ridicule de la police grecque de ficher le plus d’étudiants possible pour leur activisme politique. En conclusion, l’Université AOP est un autre partenaire précieux de l’État, appliquant massivement la doctrine de la loi et de l’ordre et servant la souveraineté et le capital à la moindre occasion.

Mise à part le désir des représentants de l’appareil d’État et du capital pour les millions qui s’échangent sans encombre, on sait que l’immeuble de Vancouver dérange et trouble même après son évacuation. C’est pourquoi, puisque l’AOP tient absolument à n’être aucunement au centre de luttes, il est jusqu’à aujourd’hui gardé quasi quotidiennement par un fourgon de MAT (CRS) ; c’est pourquoi il est entouré de forces de police à chaque fois qu’il y a des manifestations, actions et événements politiques différents dans la région au sens large ou lors d’anniversaires tels que le 6 décembre et le 17 novembre. C’est un autre casse-tête pour les autorités du rectorat et c’est exactement la raison pour laquelle ils se battent pour reconstruire un bâtiment qui est inutile et qu’ils ont abandonné depuis des années, tout en “transférant” la responsabilité à ceux qui sont toujours prêts à se salir les mains : le ministère de l’Éducation.

Enfin, on ne peut manquer de mentionner que ces derniers temps, l’Etat passe par le ministère de la Culture ! Cette fois, il lance une attaque et menace d’évacuer et de démolir un autre bâtiment classé, le squat qui fête ses 17 ans : Fabrica Ifanet à Thessalonique. Une occupation qui pendant toutes ces années fait partie organique de l’espace anti-autoritaire de la ville, qui a donné vie et « utilisé » en pratique avec des structures de toutes sortes les murs abandonnés d’une usine à Toumba.

Les squatters ont été touchés et sont touchés précisément parce qu’ielles incarnent un monde sans maîtres, une coexistence à armes égales et sans compensation, une vision du monde différente et profondément dangereuse pour le système existant, celle de son effondrement. Les évacuations des squatters ne sortent pas de nulle part, mais fonctionnent comme une condition préalable à l’invasion croissante de l’État et du capital dans nos vies. Dans la guerre contre « l’illégalité », les squats sont les cibles principales de l’État. Ce qui est illégal pour eux, ce sont les expropriations de bâtiments et d’espaces abandonnés et leur transformation en foyers de résistance, d’effervescence politique, de création et de solidarité. La rage des investisseurs pour la course au profit est légale, les pogroms de sans-abri sont légaux, l’incarcération des toxicomanes, l’appauvrissement des immigrés est légal, les accords entre les gros entrepreneurs et les patrons sont légaux. Le concept de propriété est légal, faisant du logement non pas un bien mais une chasse à la survie. De notre côté, nous pensons qu’il est plus que jamais impératif d’entrer dans les maisons vides et de créer en permanence des foyers de résistance, d’auto-organisation et de solidarité.

TOUT EST À NOUS, TOUT CE QUILS ONT ILS L’ONT VOLÉ

SQUATTONS LES VILLAS ET LES LIEUX ABANDONNÉS

PRENONS NOTRE VIE EN MAIN

SOLIDARITÉ AUX SQUATS

Squatters de Vancouver Apartment


[Patra] Intervention de contre-information contre l’augmentation du coût de la vie

de : « cheval récalcitrant »

le 7/10/2021

Article initial

Intervention de contre-information contre l’augmentation du coût de la vie : samedi 9 octobre à 11h00 au super marché AB Vassilopoulos (NEO k America)

(Dans le cadre d’une campagne conjointe de collectifs d’Athènes, Thessalonique, Patras, Xanthi et Alexandroupolis contre l’augmentation du coût de la vie et l’exclusion de l’accès aux produits de première nécessité et aux moyens de subsistance).

La vie chère, la hausses des prix et la « taxation injuste » : pour nous la facture, pour le capital la rentabilité…

Nous avons ressenti dans notre chair ce que la crise constante du système capitaliste d’État signifie pour nos poches et nos vies, avec un nouvel épisode que nous vivons depuis un an et demi. Les élites politiques et économiques, afin de préserver et de maximiser leurs profits, ont lancé une attaque féroce contre la majorité sociale. Avec une série de mesures réactionnaires antisociales, ils privent la base sociale des moyens de survie les plus élémentaires, transgressent des conquêtes centenaires et remettent tous les biens et services publics entre les mains du capital, créant ainsi les meilleures conditions pour l’intensification de l’exploitation et de l’oppression. Il y a quelques semaines, on a appris qu’une nouvelle vague de hausses de prix était déjà en cours pour les biens de consommation et industriels, une nouvelle vague d’augmentation qui touche les produits de base, tels que la nourriture, l’électricité, le carburant. Il s’agit d’une baisse indirecte des salaires et des pensions de la majorité de la société, qui s’ajoute au vol fiscal de la dernière décennie, qui a eu lieu au nom du remboursement des dettes aux « créanciers », en même temps que la dette a dépassé les 236% du PIB. En plus de la fiscalité et des augmentations constantes des prix, nous avons assisté ces dernières années à des restructurations et des privatisations réactionnaires plus larges dans un certain nombre de domaines qui pèsent sur la vie quotidienne de la société, augmentent le coût de la vie, abaissent le niveau de vie.

La nouvelle vague d’augmentation des prix est également enregistrée dans les données ELSTAT qui montrent des augmentations d’environ 2 % pour presque tous les articles de consommation populaire, tandis que pour certains articles, elles atteignent jusqu’à 12 %. Les chiffres suivants indiquent la forte augmentation des prix de divers produits nécessaires : fruits de mer frais 4,39 %, huile d’olive 2,61 %, légumes 8 %, viande 13,21 %, essence 16,8 %, diesel 20,25 %, gaz naturel 72,32 %. Respectivement, il y a une augmentation de 6,7% dans les transports et de 4% dans le logement. Ces augmentations de prix, les plus caractéristiques de toutes étant les énormes augmentations du secteur énergétique (jusqu’à 50 % dans l’électricité), résultent du besoin de capitaux locaux et internationaux de retrouver rapidement une rentabilité maximale, reflètent la concurrence du marché et sont directement liées à la stratégie de “libération” d’énergie et de transition “verte”, prônée par les gouvernants. Donc encore une fois, la crise et la concurrence du monde capitaliste sont payées par la base sociale.

La nouvelle vague de précision arrive dans une condition sociale très particulière et est en fait une continuation de la planification antisociale de l’État et du capital, comme elle l’a été ces dernières années. Nous sommes plus de dix ans après le déclenchement de la crise financière de 2008 et près de 2 ans depuis le déclenchement de la pandémie. Pendant ce temps, les inégalités de classe se sont aggravées, le coût de la vie a considérablement augmenté et les salaires sont plus bas que jamais. La période pandémique est caractérisée par des intentions et une planification de domination. Dès le début de la crise sanitaire, il est devenu clair non seulement que l’État était indifférent à la protection de la vie humaine et de la majorité sociale, mais aussi que toutes ses actions visaient à servir les intérêts du capital. Ainsi, au lieu de renforcer le système public de santé, au lieu d’embaucher du personnel médical et de prendre des mesures de protection efficaces sur le lieu de travail, l’État travaille déjà sur un plan de poursuite de la privatisation du système de santé en n’embauchant pas et en licenciant des travailleurs, avec des annonces de fusions de cliniques et d’hôpitaux, avec l’entrée d’entreprises privées dans le système public de santé (PPP).

Mais au-delà de la santé, une planification similaire existe dans un certain nombre d’autres secteurs et services tels que l’éducation, l’approvisionnement en eau, les transports, le logement, les infrastructures publiques et la propriété (des bâtiments aux montagnes et plages entières). Il est caractéristique que la restructuration complète qui a eu lieu ces dernières années dans le domaine de l’éducation comprend, entre autres, l’introduction de frais de scolarité dans les programmes d’études de troisième cycle (et maintenant de premier cycle), l’implication de plus en plus d’entreprises privées à la fois dans les services universitaires et les programmes de recherche, l’imposition de barrières de classe par la réduction des admissions et l’introduction de la Base d’Admission Minimale.

De plus, l’attaque de l’État et du capital contre la majorité sociale s’étend à la question du logement. Depuis quelque temps, l’État a levé les restrictions sur les enchères et adopté un nouveau code des faillites, qui libère les enchères et les expulsions de résidence principale. En particulier, le nouveau code de la faillite, s’inscrivant dans la lignée de mesures du précédent gouvernement Syriza et imposée par les directives de l’UE, rend possible la vente et la location du logement principal du « débiteur », et permet aux banques, fonds et autres créanciers d’activer cette procédure directement eux-mêmes. Entre autres, l’emprunteur transférera la propriété du bien à un organisme privé spécialisé mis en place à cet effet et pourra alors devenir locataire de son logement tout en faisant face à la menace constante d’expulsion définitive, puisqu’au bout de trois ans la banque sera libre de résilier le contrat si 3 loyers mensuels ne sont pas payés à temps. Dans le même temps, une liquidation totale des biens du débiteur est envisagée, qui n’a désormais accès qu’aux montants de ses revenus qui couvrent les « frais de subsistance raisonnables ». En d’autres termes, juste quelques miettes pour qu’il ne meure pas. De cette façon, il devient clair que pour l’État, l’objectif principal n’est pas de répondre à un besoin social de base, comme le logement, mais de sécuriser les profits pour les banques et le capital. La possibilité qu’une énorme crise du logement éclate dans un avenir proche est déjà visible.

Une mention spéciale doit être faite à la question de l’énergie, car ces dernières années, tous les gouvernements sans exception et sous les directives de l’UE ont fait du pays un vaste chantier de construction de projets de « développement » qui, selon leurs annonces, visent à promouvoir les énergies « vertes » et l’autosuffisance énergétique du pays. Le business des SER non seulement n’a pas apporté l’autosuffisance – au contraire – non seulement n’a-t-il pas apporté une baisse des prix à la consommation comme évangélisée par ceux qui sont fortement subventionnés par les fonds européens pour produire de l’électricité chère, mais a plutôt stimulé les prix de l’énergie dans les foyers populaires, tandis que les fabricants continuent de s’approvisionner en électricité au prix de revient. Le plus grand pourcentage de DEI (EDF grec) est entre des mains privées depuis un certain temps maintenant et l’ouverture du marché de l’énergie n’a fait qu’apporter des services pires et des pannes d’électricité immédiates à ceux qui payent deux factures. Tout ce qu’il reste à la société de ces politiques énergétiques sont les travaux destructeurs qui sont effectués dans tout le pays et qui pillent toutes les ressources naturelles, accablant les montagnes, les forêts, les rivières et les mers.

Tout cela, depuis la hausse des prix des biens de première nécessité et de l’électricité, la privatisation rapide d’une série -jusqu’à récemment- de services publics, d’espaces et de structures (ports, train, DEI, réseaux d’infrastructures électriques, aéroports, bus urbain de Théssalonique, clubs étudiants, etc. ), jusqu’à la privatisation de la santé, la poursuite de l’implication du capital dans l’éducation et la libéralisation des enchères, font partie de l’offensive globale lancée par le système d’exploitation dominant contre les couches sociales inférieures. Les augmentations des produits de base en combinaison avec les salaires minimums (et malgré la maigre augmentation provocatrice du salaire minimum de 0,52 € par jour), le nombre énorme de chômeurs et les conditions de travail dégradées, surtout après la dernière loi anti-travail, étouffent ainsi la majorité sociale. Les travailleurs et les chômeurs, les pauvres et les opprimés sont de plus en plus exclus de l’accès aux moyens de subsistance de base, à la santé et à l’éducation. Chaque jour, nous nous enfonçons de plus en plus dans la pauvreté et l’insécurité.

De la lutte individuelle constante pour la survie, à la lutte collective constante pour la vie.

L’avenir immédiat recèle une pauvreté encore plus profonde, une exclusion encore plus nette de la santé, de l’éducation, de l’énergie, des transports, du logement, d’une gamme de produits de première nécessité tels que l’eau et la nourriture. Partout dans le monde, prenant différentes formes de mise en réseau et d’organisation, des résistances dynamiques et militantes défendent le caractère public et social d’un ensemble de services, diversifient et protègent souvent efficacement les besoins de la société contre les privatisations, les expulsions, les loyers élevés, les coupures de courant, factures hors de prix. Ayant entre nos mains le forum et l’expérience du vainqueur, après de nombreuses années de lutte des travailleurs de l’e-food, personne ne peut nous convaincre de la futilité de notre résistance organisée. Dans chaque quartier, dans chaque lieu de travail, dans chaque lieu où nous nous rencontrons, communiquons nos problèmes communs, unissons nous autour du principe de l’entraide, mettons en place des réseaux et des structures de solidarité sociale et de classe. Battons nous pour l’augmentation de nos revenus et la réduction du coût de la vie, bloquons la privatisation de la santé et de l’éducation, construisons par le bas un large front social radical qui placera au centre de son analyse l’homme et ses besoins et se battra pour le libre accès à la santé, à l’énergie, au logement, à l’éducation, à toutes sortes de produits de première nécessité pour tous, locaux et immigrés.

BLOQUONS L’AUGMENTATION DU COÛT DE LA VIE, LES LOCATIONS CHÈRES, LES EXPULSIONS, LES PRIVATISATIONS

METTONS EN PLACE DESSEAUX ET ASSEMBLÉES DANS CHAQUE QUARTIER

NE LAISSONS PERSONNE SEUL·E FACE L’ATTAQUE DE L’ÉTAT ET DES CAPITALISTES

ORGANISATIONSOLIDARITÉ – CONTREATTAQUE

Contre-attaque de classe, groupe d’anarchistes et de communistes (Athènes, Thessalonique)

Pelotos, en route vers l’anarchie et le communisme (Xanthi)

Occupation de l’ancienne morgue (Alexandroupolis)

Groupe anarchiste « cheval récalcitrant” (Patra)


Appels à des rassemblements anti-guerre et annonce conjointe de collectifs contre l’accord Grèce/États-Unis

De TA , Πέλοτο, ΚΠΝ, ΔΙ

Le 18/10/2021

Article initial

Appels à des rassemblements anti-guerre et annonce conjointe de collectifs contre les nouveaux accords de guerre entre la Grèce et les États-Unis/France

La crise capitaliste mondiale, après son dernier déclenchement, celui de la crise financière de ’08, ne montre aucun signe de fin. Dès la mi-2019, les organisations internationales (FMI, OCDE) mettaient en garde contre un nouvel épisode de crise en 2020. La pandémie de Covid-19 qui a frappé la planète a non seulement aiguisé les contradictions existantes, mais a également ajouté de nouveaux champs de concurrence entre les centres capitalistes. La contraction attendue – selon le FMI – de l’économie mondiale est comparable avec le Grand Krach de 29. C’est maintenant devenu plus qu’évident. La crise à plusieurs niveaux, et la tentative des États capitalistes d’apprivoiser une dette toujours croissante, sont des signes pour le prolétariat international de l’intensité de l’exploitation et de la pauvreté, l’autoritarisme au sein des États, l’augmentation de la répression de la résistance sociale et de classe, de nouvelles interventions impérialistes et une exacerbation des tensions transnationales. Si nous voulons survivre, nous devons à notre tour en tant que classe nous mettre en position de combat contre nos oppresseurs nationaux et étrangers.

Localement, les effets ont déjà commencés à être clairs. La dette publique dépasse actuellement 230% du PIB et le chômage dans le pays touche 1 million de personnes. Ce qui précède s’inscrit dans un cadre étouffant de crise sanitaire et après une série de lois anti-travail qui façonnent une nouvelle brutalité du travail. À titre indicatif : travail de 10 heures journalières et flexibilité, doublement de la limite des heures supplémentaires non rémunérées, télétravail, dimanche travaillé, fichage de ceux qui se syndiquent et criminalisation des grèves. A plus grande échelle, la dette mondiale en 2021 devrait dépasser 400% du PIB mondial, une hausse bien supérieure à celle enregistrée en 2008 avec l’impact connu pour le monde du travail.

Les États urbains, et le capital qu’ils représentent, ont du mal à trouver une issue et à se développer. Les taux d’épuisement des champs pétroliers, la recherche de nouvelles sources d’énergie telles que le gaz naturel et les terres rares (nécessaires dans les économies capitalistes au développement de nouvelles technologies et en particulier de systèmes d’armes) en addition à la concurrence sur le marché établissent un cadre de concurrence de plus en plus forte. Cette nouvelle situation nécessite la renégociation des équilibres géopolitiques existants auparavant. À titre indicatif, les dépenses mondiales d’équipement militaire, au cours de la période ’19- ’21, ont enregistré un record des 30 dernières années.

L’antagonisme des deux pôles impérialistes dominants U.S.A / OTAN – Russie / Chine, concerne le contrôle des sources productrices de richesses, de l’énergie et des routes commerciales. Les États-Unis cherchent à encercler militairement la Russie et la Chine, cette dernière contestant actuellement, sur le terrain du marché, la primauté des États-Unis. La Chine est encerclée d’au moins 400 bases, navires de guerre, sous-marins et bombardiers s’étendant du nord de l’Australie au Pacifique, en passant par l’Asie orientale et centrale.

Après le retrait des États-Unis d’Afghanistan, à la suite du soi-disant « accord de paix » entre les États-Unis et les talibans, ces derniers ont pris le pouvoir en imposant le régime du terrorisme et l’oppression extrême des femmes et d’autres groupes de population. Mais l’État américain a une continuité. Ayant utilisé plusieurs fois par le passé des groupes fondamentalistes dans la région lors de la confrontation avec l’ex-URSS et plus récemment avec l’axe russo–chinois, il équilibre sa fuite d’Afghanistan en améliorant ses effectifs militaires il y a quelques semaines avec la nouvelle alliance USA – Grande Bretagne – Australie (AUKUS).

L’annonce de la nouvelle alliance (AUKUS) est une exacerbation de la confrontation au niveau militaire entre les États-Unis et la Chine. L’accord se concentre sur la sécession de l’influence chinoise dans la région Indo-Pacifique, avec ce que cela implique, y compris la fourniture à l’État Australien de 8 sous-marins à propulsion nucléaire États-Uniens. Il convient de noter ici que les réacteurs nucléaires qui fournissent de l’énergie aux sous-marins utilisent de l’uranium enrichi dans la même mesure que celle nécessaire à la création d’armes nucléaires. Après s’être retirés de l’accord nucléaire, les États-Unis poussent la planète dans une direction dangereuse, dans une région grouillante de puissances nucléaires. Le climat de guerre froide qui se forme dans la région, dans un éventuel conflit, aura des proportions désastreuses pour l’humanité et la planète.

Dans la région des Balkans et du Moyen-Orient, l’État américain ne cesse d’accroître sa présence à travers l’OTAN, dont le nombre de bases augmentent, mais aussi à travers l’axe Grèce -Chypre-Israël – (Égypte), sous les auspices des États-Unis et la France ayant également un degré d’implication important. L’occasion est l’accord énergétique coûteux du gazoduc East-Med, qui, s’il va enfin de l’avant, transportera du gaz naturel vers l’Europe du Sud-Est, afin d’être autonome énergétiquement par rapport à la Russie, qui couvre actuellement 35% de ses besoins énergétiques. Un rôle important dans l’intégration euro-atlantique des Balkans occidentaux a été joué par l’accord entre la Grèce et la Macédoine du Nord, qui servait simultanément les intérêts impérialistes et les appétits de la bourgeoisie locale pour une nouvelle excursion d’exploitation dans le pays voisin. L’État grec transforme désormais ses territoires en une vaste base de l’OTAN, en même temps que ses avions de chasse surveillent l’espace aérien de 3 pays des Balkans tout en se présentant comme l’allié le plus fidèle des États-Unis.

Le 14 octobre, le ministre des Affaires étrangères N. Dendias se rendra aux États-Unis pour la signature de l ‘« Accord de Coopération en matière de Défense mutuelle » (MDCA). L’accord devrait durer 5 ans, au lieu d’être renouvelé chaque année, ce qui approfondit encore l’implication de l’État grec dans les plans États-Unis / OTAN. Dans le même temps, l’accord prévoit la modernisation des bases déjà existantes (agrandissement de Souda, qui est la plus importante de la région, Larissa – qui héberge déjà des drones américains, militarisation du port d’Alexandroupolis), tandis que Xanthi, Kavala et Skyros sont en discussion, ce dernier étant un favori en raison de sa position géostratégique. Skyros est situé au cœur de la mer Égée et des décisions opérationnelles telles que le stationnement de deux drones israéliens de type Héron sur l’île, soulignent l’intention de le renforcer davantage.

Dans le même temps, la tentative d’impliquer l’État grec en Libye, en demandant l’abolition du mémorandum turco-libyen sur la construction de la ZEE (zone économique exclusive), la déclaration de la ZEE avec l’Égypte et l’Italie, l’implication militaire au Mali dans le cadre de la coopération avec l’État français, les transactions de systèmes d’armes avec l’Arabie Saoudite, les mouvements de main-d’œuvre dans la région et les entraînements conjoints des forces aériennes des deux États, soulèvent la possibilité que le pays soit impliqué dans un conflit.

La bourgeoisie grecque, dans un environnement international instable de forte concurrence, entièrement sous le joug de la puissance US / OTAN, suit l’escalade de la confrontation, revendiquant à la fois la protection et une part du gâteau énergétique qu’elle espère partager dans la région de la Méditerranée orientale. L’Etat grec ressent le besoin de s’attacher en des termes encore plus directs et non négociables à la puissance de l’Occident et de jouer le rôle de gendarme dans la région sud-est de la Méditerranée.

À l’heure où nous comptons des milliers de décès dus au virus covid-19, les fonds de l’ ESY (ministère de la santé) restant amputé et où nous nous attendons à la 4e vague de pandémie, les dépenses gouvernementales en équipement sont gigantesques. L’État grec se classe deuxième en pourcentage des dépenses d’équipements militaires basées sur le PIB parmi les membres de l’OTAN dans la liste correspondante. Rappelons que l’arrêt de la pandémie s’est couplé avec le recrutement de milliers de flics et de militaires, la fourniture de centaines de voitures de patrouille et de matériel de répression. Souvenons-nous également de la lutte contre les incendies avec la présence de policiers anti-émeutes au lieu de pompiers, les premiers réprimant les efforts des habitants pour sauver leurs villages.

Poursuivant la dilapidation de milliards d’euros pour la préparation de la guerre, le récent discours de K. Μitsotakis a annoncé l’achat de 24 (contre 18) avions de combat de type Rafale, alors qu’il y a quelques jours, a été voté par le Parlement un nouvel accord avec la France pour l’achat de navires de guerre, c’est un feu vert pour l’acquisition de trois frégates de type Belharra, trois corvettes Gowind, la mise à niveau des quatre frégates ΜΕΚΟ (avec un coût total de près de 5 milliards d’euros), ainsi qu’un texte complet sur la coopération et la préparation militaires. L’article 2 du traité dispose que “le gouvernement de la République hellénique et le gouvernement de la République française se prêtent mutuellement assistance et soutien, par tous les moyens appropriés à leur disposition et, le cas échéant, par le recours à la force armée, s’ils constatent conjointement qu’une attaque armée a lieu contre le territoire de l’un ou l’autre des deux, conformément à l’article 51 de la Charte des Nations Unies”. L’article 18 de l’accord de défense prévoit que la coopération entre la Grèce et la France peut également prendre la forme d’une “participation à des déploiements conjoints de forces ou à des déploiements sur des théâtres d’opérations à l’appui d’intérêts communs, comme par exemple des opérations sous commandement français au Sahel “.

En même temps qu’une grande partie de la base sociale est incapable d’accéder à un certain nombre de besoins sociaux de base (et alors qu’une nouvelle vague d’augmentation du prix des biens de consommation et industriels arrive), la pression des grandes industries de guerre combinée au nationalisme et au militarisme locaux augmentent les dépenses en programmes d’armement et justifient l’implication de l’armée dans de plus en plus d’affaires “internes” comme nous le voyons de manière caractéristique avec la gestion des migrants. L’augmentation du service militaire, les exercices de guerre de plus en plus fréquents à l’intérieur et à l’extérieur des frontières – dont plusieurs impliquent des plans de répression des foules, les évacuations des squats de logement de migrants et leur emprisonnement dans des camps de concentration dans des conditions misérables, sans accès aux soins médicaux (pas d’accès à l’Amka et aux vaccins en temps de pandémie), les refoulements (push-backs) en mer Égée, les assassinats clandestins à Evros par des fascistes paramilitaires et les plaintes pour viol, comme le climat de guerre créé par le gouvernement dans la période précédente contre les migrants, montre l’attitude de l’État grec. Les médias urbains n’ont cessé de répliquer la nécessité de protéger le “Parthénon moderne” en modernisant la clôture d’Evros, tandis que de nouveaux flux migratoires sont attendus après la domination des Talibans à Kaboul.

D’autre part, la Turquie, qui dispose de la 2e plus grande armée de l’OTAN et maintient des forces militaires en plusieurs points à l’extérieur de la frontière, réévalue son rôle géopolitique et poursuit une politique étrangère expansionniste énergique. Le gouvernement d’Erdogan, ayant établi un régime autoritaire et personnel sous le manteau parlementaire, suit une politique de révisionnisme fort dans le contexte de l’expansion économique et territoriale de la Turquie et maintient un climat belliciste, puisqu’il a reçu un mandat clair pour moderniser la bourgeoisie de l’État turc qui cherche également des moyens de profits afin d’échapper à une longue période de crise. Dans le même temps, les régions en difficulté des pays voisin sont impitoyablement attaquées par l’État turc, répertoriant des dizaines de morts et des milliers de prisonniers.

L’implication toujours plus grande de l’Etat grec dans les plans de guerre de l’OTAN et de ses alliés, met en évidence la nécessité de rallier un mouvement anti-guerre de masse et militant qui ciblera – sur une base régulière et non opportuniste et d’étiquette – les vrais responsables, c’est-à-dire les conflits impérialistes et transnationaux, le nationalisme, le militarisme, mais aussi le système d’exploitation et d’oppression lui-même, faisant de la solidarité internationaliste entre les peuples le seul choix face à la perspective d’une guerre généralisée.

La question de la perspective révolutionnaire a pour condition préalable l’existence d’une action organisée, continue et cohérente et nécessite l’enrôlement et la participation de tous ceux qui sont du côté des exploités. La lutte pour parvenir à une société sans guerres, sans pauvreté et sans réfugiés passe par l’organisation de la base sociale, en fonction de ses besoins et de ses intérêts de classe. Prendre nos vies en main, organiser la couverture de nos besoins fondamentaux et sociaux à l’extérieur et contre l’État et la marchandise. Faire le pas pour la Société de la Liberté, de la Solidarité, de l’Égalité et de la Sociale.

NOUS BLOQUERONS :

  • LES ACCORDS GUERRIERS ENTRE LA GRÈCE ET LES ETATSUNIS/FRANCE
  • LA TRANSFORMATION DE LA GRÈCE EN UNE VASTE BASE DE L’OTAN
  • LES BUDGETS DE GUERRE AU PROFIT DE L’INDUSTRIE DE L’ARMEMENT
  • LE MILITARISME, LE NATIONALISME, L’IMPÉRIALISME, LA PRÉPARATION À LA GUERRE

EN GRÈCE ET EN TURQUIE, DANS LES BALKANS, AU MOYENORIENT ET PARTOUT DANS LE MONDE : S’ORGANISER, S’UNIR, SE BATTRE

Mardi 19 Octobre : Athènes : 19h00 – Syntagma, Thessalonique : 18h00 – Statue De Venizélos, Xanthi : 18h00 – Préfabriqué, Alexandroupolis : 18h30 – Salle De Lecture

Mercredi 20 Octobre : Patras : 18h30 – place Olgas

TA:Contre-attaque de classe, groupe d’anarchistes et de communistes (Athènes, Thessalonique) / Pelotos, sur le chemin de l’anarchie et du communisme (Xanthi) / occupation d’une ancienne Morgue (Alexandroupolis) / groupe anarchiste “dysinios hippos” (Patras)




Source: Brest.mediaslibres.org