Il faut prendre

Rendez-vous

Pour tout, il faut un rendez-vous

Plus aucune spontanéité

Pour se voir, pour se parler

Comme je le disais à un copain

Sans rendez-vous, tout ne vaut rien

Nonobstant, il y a encore pas m al d’années

Chez les autres, à l’improviste, l’on pouvait passer

C’était l’effet de surprise

Pourtant sans aucune méprise

Puis, avec les codes

Pour l’entrée des immeubles, nouvelle mode

L’on ne pouvait plus passer inopinément

Quel charme cela avait, pourtant

Il faut prendre rendez-vous

Il faut un motif pour tout, c’est fou

Presque une lettre de motivation

Presque une lettre de recommandation

Agence nationale pour la relation

Pour pouvoir se voir, se parler, se confier

Sans pour autant s’utiliser

Mais à la vérité

Moi si simple, dans une totalité si compliquée

Et personne ne se parle plus vraiment

Et personne ne s’écoute plus vraiment

Tout le monde fait semblant

Cela est dit depuis si longtemps

Prendre un rendez-vous pour nos monologues

Prendre un rendez-vous sans aucun dialogue !

Et ce de l’individu aux nations

Des calculs et des fractions

Comme l’éternel problème des Balkans

Des fantômes et des revenants

Du royaume de l’ancienne Yougoslavie

Où jadis de l’auto-stop, je fis

Avec tant de diverses patries

Bosnie Herzégovine, Croatie

Slovénie, Serbie

Monténégro, Macédoine

Et la République fédérale de Yougoslavie

Des conseils ouvriers et de l’autogestion

Mais sous le contrôle de l’habile titisme

Qui ne put faire taire chaque nationalisme

5 avril 1992

29 février 1996

Sarajevo camp de rétention

Sarajevo, la guerre de partition fragmentation

350.000 personnes dans un piège

11541 personnes moururent de ce siège

Et toutes les femmes mutilées et tous les hommes mutilés

Et toutes les femmes blessées et tous les hommes blessés

Et ce par dizaines de milliers

Mais c’est partout Sarajevo

Quand le monde entier est idiot !

Et puis, déjà, le 28 juin 1914

Feu François-Ferdinand, voilà la jeune Bosnie

Encore et toujours la Yougoslavie

Pour la guerre de 1914/1918, fut l’un des produits

De par le jeu des alliances

De par le jeu de la finance

C’est si compliqué de faire simple

C’est si simple de faire compliqué

Il faut entretenir le concept obscur

Il faut jouer aux durs

Cela fait pourtant le malheur universel

Quand même la laideur se fait belle

Comme ce meurtre organisé

De tous les gens expulsés

Douce France

Son fascisme libéral, l’inégalité en outrance

490.000 personnes, dans la famille, chez des amis

De l’hébergement, quand l’on est sans logis

1.800 million de ménages

En attente d’une belle ou pas belle cage

C’est le logement social

Il n’est pas philanthrope le capital

Et une expulsion sur deux

Familles avec enfants mineurs, c’est odieux !

De toutes façons

Encore bien des motifs pour des manifestations

En France

17 pour cent des gens, ont des difficultés

Pas étonnant, pour payer leur loyer

Car ces quarante dernières années

Tout loyer a plus que doublé

L’on ne travaille plus

Pour se vêtit ou pour manger

L’on travaille

Pour pouvoir payer son loyer

C’est là la première des priorités

Sinon, c’est une expulsion comme programmée

C’est comme de la logique formelle

Quand la vie est comme une poubelle

Ainsi

En 15 ans, la procédure de l’expulsion

C’est 58 pour cent d’augmentation

Pas seulement en France

Mais dans le monde entier, une évidence

De plus en plus de gens à la rue

Tout le monde en a la vue

Le capital, s’en cacher, ne le peut plus

En France, une ville sur trois

20 pour cent de logements sociaux, est hors-la-loi

Hors quota, , elle paye une amende, et puis voilà !

Et dans le même temps

C’est devenu le tout-venant

Chaque être humain

Du TOUT commercial, qui est malin

Reçoit environ, chaque jour, 15000 stimuli

D’acheter, tout doit vous donner l’envie

Dans tout domaine, une création de hiérarchie

Comme jadis dans l’horreur, avec les Oustachis

Séparatistes croates, bien pires que les nazis

En 1941, ils massacraient au couteau

Des tortionnaires monstrueux, les plus idiots

Et des concours de l’efficacité

Pour le plus possible torturer et tuer !

Mais tout fascisme s’assemble

Car tout fascisme se ressemble

Plus ou moins manifeste

Plus ou moins bête

Pour rendre toute vie aussi infecte

Partout, l’horreur absolue est en fête

Elle finit par s’inscrire sur et dans nos têtes

Le capital est immonde, je le répète

Je me fais la guerre

Je te fais la guerre

Tu me fais la guerre

Tu te fais la guerre

Il se fait la guerre

Il te fait la guerre

Nous nous faisons la guerre

Vous vous faîtes la guerre

Il et elles se font la guerre

Ils et elles te font la guerre

Une même conjugaison guerrière

Le capital sur TOUT jette des pierres !

Il n’est pas de l’impossibilité

De feu l’humanité, ne rien retrouver

Pas même un coprolithe, excrément fossilisé

Datant de plusieurs millions d’années

Qui sur un mode de vie, peut beaucoup orienter

Déjà, il y a 150 millions d’années

Du duvet, sorte de plume, du dinosaure sacralisé

Notre origine est bien hybride

Du tout mélangé, et des sauropsides !

Mais, c’est bien cela

Le capitalisme est prévoyant, voilà

Anticipant le catastrophisme, futé le gars

800.000 graines sont déjà conservées

Quelque part par moins dix-huit degrés

Une arche de Noé, un trésor végétal

Il connait son désastre le capital

Mais encore, en réserve, donc, des gènes de semence

Une durée de conservation optimale

4000 à 5000 ans, c’est pas mal

De la banque d’argent à la banque végétale

Toute parole, toute action, tout fait, toute pensée

Comme des cellules du capital, comme organe incarné

Le capital de la contestation

N’est pas la contestation du capital !

Patrice Faubert ( 2016 ) puète, peuète, pouète, paraphysicien ( http://patrice.faubert.over-blog.com/ ) Pat dit l’invité sur ” hiway.fr “