Juin 25, 2022
Par Zone À DĂ©fendre
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Rencontre-dĂ©bat avec Lorentxa Beyrie, ancienne militante de l’ETA ayant passĂ© 20 ans en prison

Il y avait plein de monde mardi 21 juin Ă  l’ambazada pour le trĂšs fort film “Nos corps sont vos champs de bataille” et ça continue le vendredi 1er juillet Ă  19h30, avec une soirĂ©e suivie d’un buffet avec des spĂ©cialitĂ©s du Pays Basque

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« Lorsque je vois des policiers passer Ă  proximitĂ©, je ne me sens pas Ă  l’aise, c’est comme si j’allais ĂȘtre apprĂ©hendĂ©e Ă  nouveau. J’ai encore cette sensation, elle diminuera sĂ»rement Â». ArriĂšre-goĂ»t d’expĂ©riences qui la replongent plus de vingt ans en arriĂšre, lorsque Lorentxa Beyrie Ă©tait militante clandestine du groupe armĂ© ETA. InterpellĂ©e en dĂ©cembre 2001 Ă  Auch Ă  l’ñge de 26 ans, libĂ©rĂ©e en avril 2021, elle se sera battue sans relĂąche contre le systĂšme carcĂ©ral destructeur. « La prison, c’est fatigant, long, dur et inutile. On vous place dans une situation violente mais, en mĂȘme temps, il ne se passe rien, c’est un non-sens quotidien. Si tu ne fais pas d’efforts pour faire des choses par toi-mĂȘme, tu sombres dans ce nĂ©ant Â».

Toutes les demandes de libĂ©ration conditionnelle lui seront refusĂ©es pour cause de « risque de rĂ©cidive Â». A cet acharnement judiciaire s’ajoutera, comme pour les autres prisonnier-e-s politiques, l’éloignement systĂ©matique des lieux d’incarcĂ©ration. Fleury-MĂ©rogis, Fresnes, Joux-la-Ville, Roanne… Les procĂšs et transferts dans les diffĂ©rents centres pĂ©nitentiaires auront Ă©tĂ© nombreux et, Ă  chaque fois, le mĂȘme procĂ©dĂ© : « On te transforme en appareil Ă  accomplir des ordres. On te donne des injonctions que tu dois appliquer, en silence. Si l’administration te propose un entrevue, elle sera dirigĂ©e, l’objectif Ă©tant de te faire rentrer dans leur rythme, de te couper de ton monde pour subir le leur Â». Il faut, alors, tenter de renverser la vapeur : « Ne pas se laisser faire. Si tu prends l’initiative, c’est une premiĂšre victoire. C’est un rapport de force permanent. On vous rĂ©torque souvent ’C’est votre peine que vous ĂȘtes en train d’accomplir’. Je leur rĂ©pondais que non, que ce n’était pas la mienne, mais celle que l’on m’avait infligĂ©e. J’ai choisi un engagement, une voie, je ne fais pas partie de leur histoire, celle de la construction des lieux de dĂ©tention, des condamnations, ce n’est pas mon monde Â».

Une façon de ne pas se laisser marcher dessus. Garder cette attitude, une source supplĂ©mentaire de problĂšmes ? « On a la force du collectif, celle des prisonniĂšres engagĂ©es politiquement. D’autres codĂ©tenues nous demandaient parfois ’Comment faites-vous pour tenir si longtemps, si bien ?’ SĂ»rement grĂące aux convictions et Ă  l’organisation, essentiellement grĂące au soutien des gens. C’est comme cela que j’ai tenu pendant vingt ans. On essaye de te couper de ton environnement, de tes proches, de ton pays et chaque visite, chaque lettre reçue est une fenĂȘtre ouverte sur l’extĂ©rieur, un rapprochement vers les tiens, c’est trĂšs trĂšs important. Nous l’avons toujours dit, nous sommes trĂšs bien entourĂ©es Â».

Reste un fort dĂ©goĂ»t du systĂšme carcĂ©ral qui, en plus d’annihiler les personnes, sĂ©pare ceux qui sont assignĂ©s en tant qu’hommes et celles qui le sont en tant que femmes. « On se croit chez les talibans. C’est un univers oĂč la stigmatisation sociale est ressentie de maniĂšre encore plus forte pour les femmes et on nous traite comme des gamines Ă  rĂ©Ă©duquer, pour devenir de bonnes mĂšres au foyer. C’est pitoyable de voir les surveillantes participer Ă  ce cirque ; j’ai mĂȘme souvenir d’avoir assistĂ© Ă  des rĂ©primandes parce qu’une codĂ©tenue regardait un mec enfermĂ© de l’autre cĂŽtĂ© de la cour Â».

AprĂšs de longues annĂ©es derriĂšre les barreaux et une fĂȘte de bienvenue qui a rassemblĂ© 800 personnes dans son village, Lorentxa a retrouvĂ© « de la couleur verte, ça m’a sautĂ© aux yeux aprĂšs tant de gris, de froid et de fer Â». Son implication politique et associative repart du bon pied, « tout en gardant le sentiment d’avoir vĂ©cu vingt ans hors de ma vie Â». Elle conserve, avant tout, un lien intrinsĂšque avec ses camarades qui sont toujours enfermĂ©es, et avec sa terre natale.
InvitĂ©e par l’Ambazada, elle nous racontera son parcours militant et carcĂ©ral, son sens de l’engagement, son point de vue sur la lutte actuelle au Pays Basque, et plus encore si l’envie se fait sentir. Rendez-vous le 1er juillet !

30 AVRIL 2021 : LORENTXA DE RETOUR AU PAYS

https://www.mediabask.eus/eu/info_mbsk/20210430/lorentxa-beyrie-a-ete-liberee

Lorentxa Beyrie est arrivĂ©e au Pays Basque – Mediabask
AprĂšs vingt ans de prison, la militante basque Lorentxa Beyrie a quittĂ© le Centre pĂ©nitentiaire de Roanne ce vendredi 30 avril. La route qu’elle a empruntĂ©e ce soir entre Bayonne et Cambo a Ă©tĂ© ponctuĂ©e de messages de bienvenue.
www.mediabask.eus




Source: Zad.nadir.org