Photo de l’événement issu de la page Facebook I-Boycott Montpellier

Montpellier Poing Info, le 19 octobre 2018 – Hier dans la soirée le bar-restaurant Le Dôme accueillait une réunion de présentation de la branche montpelliéraine de l’association non-lucrative I-boycott. La structure se veut à la fois plateforme de boycott des entreprises jugées non-éthiques par les participants, et  espace de promotion d’une « consomm’action » plus responsable.

« Chaque fois que vous dépensez votre argent, vous votez pour le type de monde que vous voulez »

C’est par cette citation de l’écrivaine Anna Lappé mise en avant sur les flyers distribués que l’association entend résumer l’action qu’elle promeut.

Un premier type d’intervention porte sur les campagnes de boycott elle-même. Tout le monde peut en proposer  via le site internet i-boycott.org, avant qu’elles ne soient soumises à l’approbation et aux suggestions de la communauté pendant une période d’incubation de dix jours. La campagne est ensuite lancée si elle rassemble au minimum 1 000 boycottant. Ceux-ci doivent renseigner leur fréquence de consommation des produits des entreprises boycottées, de manière à ce que celles-ci puissent évaluer à l’avance l’impact économique du mouvement sur ses comptes. Les bénévoles tiennent effectivement à insister sur le fait qu’ils sont « dans la bienveillance », et n’ont pas pour but de « couler les entreprises ».

La seconde fonction de l’association est une fonction de promotion positive d’une consommation plus éthique. Par l’organisation de formations, notamment à destination des écoles de management et de certaines entreprises. Mais aussi en proposant une application pour Smartphones, Buyornot, qui permet de scanner le code barre d’un produit afin d’évaluer les impacts sanitaires et sociétaux de sa consommation. Il est également possible d’y trouver des évaluations du caractère éthique de certains commerces alternatifs.

Une pratique efficace

Les bénévoles de la structure ont tenu à rappeler que le terme boycott vient depuis 1879 du refus de la communauté paysanne du comté de Mayo en Irlande de l’Ouest d’acheter les produits du riche fermier Charles Cunninghmam Boycott, riche propriétaire terrien maltraitant ses fermiers.

L’association revendique quelques dizaines de milliers de participants et plusieurs victoires de campagnes lancées sur sa plateforme, comme celle qui a obligée l’entreprise Petit Navire à renoncer à la pêche en eaux profondes, ou encore celle lancée par les salariés de Whirlpool et qui a contribué à leur faire gagner de plus grosses indemnités de licenciement au moment de la délocalisation des sites de production en Pologne.

Si beaucoup des campagnes rassemblant le plus de boycottant portent sur la protection des droits animaux, certaines portent également sur les droits des salariés, comme celle visant H&M sur les conditions de travail et l’indemnisation des ouvriers victimes de l’effondrement meurtrier du bâtiment Rana Plaza à Dacca au Bangladesh en 2013. Distinction qui tend par ailleurs à devenir étriquée dans le cas des campagnes visant Lu et Ferrero sur la déforestation en Amérique latine au profit de l’industrie de l’huile de palme.

Le cas du boycott de Danone au Maroc a été évoqué, soulignant peut-être les limites naturelles d’une bonne initiative qui ne porte pas ou peu de vision politique globale du monde moderne. Ce boycott a été déclenché pour des raisons de prix très élevés des produits de la marque dans ce pays. Résultat : les prix ont finis par être baissés par l’entreprise. Une participante au débat a rappelé que « les producteurs de lait peuvent être étranglés par la grande distribution en cas de baisse des prix, où incités à prendre des modes de production anti-écologiques ». Choix cornélien que les formations à la consommation éthique ne suffiront pas à résoudre.

Plus d’informations sur la page Facebook du groupe de bénévoles montpelliérains.

Source: http://www.lepoing.net/9573-2/ -