324 visites


Depuis janvier 2021, la lutte pour la désolidarisation des revenus du conjoint·e, pacsé·e ou du concubin·e pour le paiement de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) a bien progressé. Si l’adoption par le Sénat de la désolidarisation est une belle victoire, en raison de l’opposition farouche de la majorité LREM à cette réforme, le combat pour l’autonomie est loin d’être terminé.

C’est grâce à l’absence des député·es de la majorité que la proposition de loi [pour la désolidarisation des revenus du conjoint·e, pacsé·e ou du concubin·e pour le paiement de l’allocation aux adultes handicapés (AAH)] est passée la première fois l’Assemblée nationale. […] Il n’est pas certain que LREM, pourtant assez seule à défendre le maintien du système actuel, déserte à nouveau l’Assemblée et laisse ainsi passer la proposition de loi lors de sa deuxième lecture. […] «  Le gouvernement […] se retrouve donc seul à refuser l’évolution de la législation  » et «  la forte injustice ressentie par les citoyens en situation de handicap  » comme l’expliquait le 5 mars l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei). Afin de soutenir la mesure de déconjugalisation du calcul de l’AAH, il est donc encore plus important de signer et partager massivement la pétition sur le site petitions.assemblee-nationale.fr. […]

Dépendance financière et violence conjugale

Seulement, alors que la première pétition avait fini par recueillir les 100 000 signatures nécessaires, celle-ci peine à démarrer et n’a, à l’heure du 13 avril 2021, qu’autour de 15 000 signatures. Bien que le site annonce une date limite au 22 juin 2022, il n’est pas possible d’attendre encore pour cette désolidarisation pourtant demandée depuis des années par les personnes handicapées et associations du handicap.

Comme prévenait le sénateur LR Philippe Mouiller, rapporteur du texte  : «  Il va falloir un fort élan de mobilisation des associations de personnes handicapées pour que le texte soit définitivement voté  ». Il est donc particulièrement important de relayer et soutenir les initiatives du monde associatif et des militant·es du handicap pour exiger la déconjugalisation du calcul de l’AAH.

Si une première victoire a été obtenue au Sénat, il est impératif de continuer et même d’intensifier les mobilisations pour donner de la visibilité à cette revendication. À Tourcoing, Maxime Bouchet, un militant EÉLV en situation de handicap, a ainsi mis en scène un mariage factice avec Katy Vuylsteker, secrétaire régionale EÉLV, pour dénoncer l’injustice du calcul actuel.

[…] Les femmes de moins de 25 ans en situation de handicap sont celles qui ont le plus de risques d’être victimes de violences conjugales. La dépendance financière qu’impose de fait le mode de calcul actuel de l’AAH dans les couples offre ainsi un terrain favorable aux violences conjugales. […] Même avec un nouveau mode de calcul, l’AAH, comme les autres minima sociaux, reste encore bien insuffisante pour vivre dans des conditions de vie convenables au vu de toutes les dépenses supplémentaires qu’impliquent le handicap. Il faudra donc à la fois s’emparer de la question de la déconjugalisation de tous les minima sociaux mais aussi exiger leur augmentation !

Plus que jamais, un rapport de force avec le gouvernement doit se construire pour obtenir l’autonomie.

Union communiste libertaire

  • Ce tract, publié le 22 avril 2021, est à retrouver dans son intégralité sur Unioncommunistelibertaire.org



Source: Unioncommunistelibertaire.org