Des nuits de novembre 2005 aux journées des gilets jaunes c’est plus d’une décennie de révolte. On laissera à chacun(e) le soin de porter des jugements, analyses, sur les perspectives de chacune des révoltes qui jalonnent ce début de siècle. Constatons simplement qu’après les damnés de la terre de nos quartiers populaires c’est au tour de classes dites moyennes de la périphérie des grandes métropoles de se lancer dans leur jacquerie mêlant générosité, sentiments infâmes et individualisme.

Le point commun entre tous ces mouvements est le rejet des élites républicaines et de leur mépris racial et/ou spatial et/ou social. Ce que nous chantait, déjà en 2006, IAM dans « La fin de leur monde »:

« Et j’en ai marre de m’faire gruger par des tronches de dispensés de sport

Je me bats pas pour la porsche mais pour un meilleur monde

Avec mes petits bras

Souvent à cette époque ou la terreur gronde

Où la frayeur monte, je travaille sur moi chaque seconde pour être un meilleur homme »

 

Dans un ouvrage qu’il faut lire ou relire dans cette période « le 18 brumaire de Louis Bonaparte », Marx écrivait sur les révoltes qui jalonnaient alors le 19eme siècle : « plus personne ne voulait de la république des riches … ils ont eu l’empereur »

Il ne tient qu’à nous que nos révoltes du 21eme siècle débouchent sur autre choses qu’un nouvel empereur.

La puissance évocatrice du « 18 brumaire de Louis Bonaparte » un siècle et demi après son écriture peut toujours nous servir de boussole. « quant au sommet de l’état on joue du violon » c’est à dire quand aujourd’hui les gouvernements nous vendent du rêve et nous prennent pour des idiots avec une transition écologique bidon alors que la capitalisme et la société de consommation ravagent la planète, « comment ne pas s’attendre que ceux qui sont en bas se mettent à danser » nous disait Marx ?

Allez venez …Entrons dans la danse