Novembre 29, 2022
Par Partage Noir
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« L’Ordre règne !… », gravure d’Albert Daenens, in Haro ! IIe série, n° 12 (20 juin 1920).

Albert Daenens est peu connu, pourtant les informations ne manquent pas dans ses archives, restées quasi inexplorées jusqu’à présent [1]. Il est difficile de le décrire en quelques mots, car son réseau personnel et ses activités étaient extrêmement vastes et multidisciplinaires.

Biographie et débuts artistiques

Louis Albrecht Daenens, appelé Albert, naît à Bruxelles le 27 février 1883 de père inconnu, ce qui l’obsédera à l’âge adulte. Sa mère, Eugenia Daenens (1863-1891) travaille comme tailleuse, principalement pour des actrices. Albert n’a que huit ans lorsqu’elle décède. Dès son plus jeune âge, il est élevé par ses grands-parents et sa tante Malvina. Originaire de Gand, la famille Daenens est très active dans le monde du théâtre flamand.

On connaît peu de son enfance, mais il est bon élève et à l’âge de seize ans, il entre à l’Académie des beaux-arts de Bruxelles, où l’un de ses professeurs est Adolphe Crespin [2], et remporte plusieurs prix. Son grand-père, acteur, était également un peintre amateur.

Albert Daenens est surnommé « Bère Notje » (« petit comme une noix » en dialecte flamand), en référence à sa petite taille et à une jambe déformée. Son handicap l’empêche de songer à une carrière d’acteur, mais après l’école, il commence à travailler dans le monde du théâtre. Il réalise les décors d’une pièce d’Émile Verhaeren, célèbre dramaturge et poète flamand (écrivant en français), ami de plusieurs anarchistes dont Jean Grave et Félix Fénéon, et qui offre des poèmes à la presse libertaire.

Fin 1912, il est frappé par la mort de sa compagne, Alice Lebègue.

Premiers contacts anarchistes

Des rapports de police indiquent qu’Albert Daenens et certains de ses camarades sont surveillés en tant que dangereux anarchistes. On ignore comment Daenens rencontre les cercles révolutionnaires. Une piste possible est la scène des cafés alternatifs bruxellois, notamment le cabaret Le Diable au Corps. L’intérêt de Daenens pour la politique radicale, l’art d’avant-garde, la littérature française et le théâtre flamand pourrait en effet se rejoindre dans de tels lieux. Le café-cabaret était un lieu de rencontre pour les gens de théâtre flamands et les étudiants francophones de l’Université Libre de Bruxelles, des artistes jeunes et vieux et des poètes des deux langues de Bruxelles.

Certains de ces jeunes révolutionnaires veulent créer à Bruxelles leur propre publication littéraire-politique-artistique en rupture radicale avec le passé. Avant que Daenens ne lance lui-même la première série de Haro !, il collabore au moins à trois autres revues : les magazines littéraires radicaux La Foi nouvelle (février 1912 – mars 1913) et En Marge (juillet 1912 – septembre 1913), et la revue anarchiste Le Révolté dont il est gérant par intérim en 1913, avant de consacrer ses principales ressources à Haro !.

Albert Daenens peut aussi être considéré comme un pont (partiel) entre le mouvement anarchiste du début du siècle et certains anarchistes notoires proches du Révolté et de la colonie libertaire L’Expérience près de Bruxelles, tels Victor Serge, Rirette Maîtrejean, Raymond Callemin et Jean de Boë – tous liés plus tard d’une manière ou d’une autre à la Bande à Bonnot – et aux anarchistes et antimilitaristes belges de l’après-guerre (1940-45), tels Hem Day et Ernestan. Pour Albert Daenens, cet engagement politique a toujours fait partie de ses activités artistiques.

Petites revues socio-politiques, littéraires et artistiques

Déjà avant la Première Guerre mondiale, des revues artistiques, sociales, politiques et littéraires, souvent interconnectées, voient le jour en Belgique. Ainsi le premier numéro de La Foi nouvelle paraît en février 1912. Sa mission est énoncée sous forme poétique :

Oh ! Petits Dieux de bois et petits saints de pierre / Que de crimes pour vous en cette ère amassés ! / Le peuple ne croit plus. Tes beaux jours sont passés / Pleure en ton Vatican, successeur de Saint-Pierre / Le Tout-Puissant, hélas, ce n’est qu’une chimère / Que nos sens abusés s’en sont chercher au ciel / En des vapeurs d’encens qu’un rite artificiel / Berce, mystérieux, tel un rêve éphémère.

Albert Daenens contribue dès le premier numéro. Il conçoit les couvertures, souvent très symboliques (arbre en fleurs sur fond de soleil levant, individu progressant contre un vent violent…), des petites enluminures et des caricatures, mais également des articles :

Aux vrais artistes à se révolter, il ne nous reste plus rien à attendre de l’état social d’aujourd’hui, le salut nous viendra du peuple, source inépuisable d’énergie nouvelle. Préparons avec lui la révolution qui balayera cette bourgeoisie sans idéal, sans âme et sans cerveau.  [3]

Cette exhortation de Daenens dans son premier article sur les arts appliqués pourrait faire écho à des appels antérieurs d’anarchistes et d’artistes tels que Pierre Kropotkine ou Henry van de Velde, bien que tous deux voient dans l’artiste un avant-gardiste, un dirigeant, alors que Daenens veut clairement marcher avec le peuple et non pas le guider. [4]

Dans une moindre mesure, Daenens collabore aussi à la revue En Marge, fondée en juillet 1912 par des anciens de La Foi nouvelle, Abel Gerbaud et Paul Ruscart [5], aux côtés de Léon De Roos [6], pour défendre les idées nouvelles en art et en littérature. Là, il fait la connaissance de War Van Overstraeten, artiste et plus tard cofondateur du Parti communiste belge, qui écrira sous le pseudonyme de War Campine des articles pour Haro !.

En Marge constitue peut-être la transition de La Foi Nouvelle à Haro !, à travers sa presse à imprimer à Uccle, mais ce qui joue un rôle supplémentaire est l’arrivée de l’écrivain Maurice Casteels à La Foi nouvelle [7]. Sa première contribution, « Il faut détruire Carthage », diatribe d’inspiration anarchiste, paraît en octobre 1912, mais il a déjà une expérience antérieure, puisqu’il fut l’un des fondateurs du Cynique en 1910. Certaines personnes impliquées dans Le Cynique, comme Marsile Armigny, Louis Fel et René Schmickrath, apparaissent plus tard dans La Foi nouvelle  et Haro ! [8].

Haro ! première série (1913-1914)

Albert Daenens et Maurice Casteels fondent ensemble la revue Haro   [9], dont le premier numéro (juin 1913) affiche pour programme :

HARO ! ne groupe que les littérateurs et artistes d’avant-garde / HARO ! est en Belgique, le premier journal d’action d’art moderne dans son acceptation la plus intransigeante / Les collaborateurs de HARO ! s’occuperont, en même temps que de littérature et d’art, des faits d’actualité. Car si la mission de l’artiste exige la solitude muette, il doit néanmoins prêter l’oreille à tout ce qui peut intéresser les autres hommes et s’il se mêle de leurs actes il leur démontrera l’héroïsme.

Les couvertures de Haro ! consistent en un dessin pleine page (une linogravure dans les séries suivantes) d’Albert Daenens. Au fil des numéros, on retrouve ses amis, les artistes français Abel Gerbaud et Marcel Bouraine, mais aussi Ferdinand Schirren et un certain O. Petyt, très probablement Oscar Petyt, puis des illustrations de Rik Wouters et de Léon Spilliaert [10]. On peut aussi citer Charles Counhaye, artiste multidisciplinaire belge engagé, qui a eu des contacts avec Romain Rolland, Philippe Soupault et Henri Barbusse à Paris, et dont les illustrations figureront également dans la deuxième série de Haro ! (1919-1920).

La première série de Haro ! se termine sans prévenir avec le double numéro 6-7 en janvier 1914. Dans une période où la rhétorique guerrière devient de plus en plus forte et où même certains arts d’avant-garde épousent la cause nationaliste, il devient difficile de survivre pour des revues affichant une idéologie pacifiste radicale.

Les années de guerre

« Que serait-ce si je n’avais des ministres socialistes », gravure d’Albert Daenens, in Haro ! IIe série, n° 10 (1er mai 1920).

Pendant les premières années de la guerre, les activités d’Albert Daenens ne sont pas faciles à reconstituer. Le manque d’argent, une constante dans sa vie, l’a fait dépendre fortement de ses amis. Et certains sont considérés comme des collaborateurs du régime d’occupation allemand, ce qui aura des conséquences après la guerre. Dans le cas de Willem Gijssels, on peut raisonnablement supposer que lui et Daenens se sont probablement rencontrés dans les années précédant la Première Guerre mondiale au café-cabaret Le Diable au Corps. Gijssels, connu aujourd’hui surtout pour quelques hymnes flamands ringards, est de huit ans son aîné, mais Daenens est probablement impressionné par la participation antérieure de Gijssels au groupe anarchiste artistique-littéraire De Kapel, du nom de la chapelle abandonnée dans laquelle ce groupe se réunissait à Anvers au tournant du siècle [11]. Gijssels avait aussi contribué aux revues Alvoorder et Ontwaking, dans lesquelles on trouvait des articles des anarchistes Kropotkine, Jacques Mesnil et Ferdinand Domela Nieuwenhuis [12]. En 1916, Gijssels devient rédacteur en chef de Vlaamsch Leven (Vie flamande) et donne à Daenens un passe de presse, permettant à Daenens de visiter gratuitement les musées et les galeries. En échange et probablement contre rétribution, Daenens travaille comme illustrateur pour la revue. Le style de ces illustrations ne témoigne d’aucune rénovation, ni d’aucun défi artistique. Il s’agit de pures illustrations alimentaires, mais qui conviennent parfaitement au journal. Si l’on regarde son travail plus personnel durant cette période, Daenens expérimente un style avec des lourds contrastes en noir et blanc, comme pour les illustrations qu’il a réalisées pour la première publication de l’écrivain « psychologique » flamand Maurice Roelants. Il se pourrait que ces gravures sur bois aient été exposées lors de l’exposition Doe Stil Voort, un an plus tard au Musée d’Art Moderne de Bruxelles, exposition conjointe de jeunes artistes modernes (les frères Cantré, Albert Daenens, Felix De Boeck, Prosper De Troyer, Jozef Peeters et Victor Servranckx…). Daenens a exposé six tableaux et trois gravures sur bois.

Un aspect politiquement problématique chez Daenens est sa contribution, de juillet à novembre 1918, à la revue néerlandaise De Toorts  (La Torche), à laquelle participent de nombreux militants flamands en exil. Ce contact est facilité par son ami Gijssels, probablement pour l’aider à gagner sa vie. Cependant, ses illustrations, bien que de style similaire, ne ressemblent en rien aux images innocentes utilisées pour Vlaamsch Leven, mais sont des dessins de couverture pleine page en accord avec l’idéologie du journal. Il n’est pas certain que Daenens ait partagé ces positions, surtout si l’on considère ses opinions politiques radicales de gauche avant et après la guerre, mais on peut néanmoins considérer ses contributions comme des déclarations idéologiques pour la cause flamande. Quelques mois plus tard, la guerre finie, Daenens fuit aux Pays-Bas.

Dans le village d’artistes néerlandais de Blaricum, où van den Berghe avait déjà vécu en 1916, une colonie d’artistes flamands exilés s’est formée à la fin de la guerre, avec les frères Jozef et Jan Frans Cantré, le poète René de Clercq et d’autres. Daenens leur rend une visite très fructueuse pour la deuxième série de Haro !

Haro ! deuxième série (1919-1920)

Après son séjour aux Pays-Bas, Daenens rentre en Belgique. Cette période d’après-guerre est assez compliquée dans la vie de Daenens, en raison de l’évolution de certains de ses amis, qui passent d’une collaboration avec l’Allemagne pendant la première guerre mondiale en pensant que cela ferait avancer la cause flamande, à une réelle collaboration idéologique nazie lors de la seconde guerre mondiale, raison pour laquelle la position politique (d’extrême gauche) de cette avant-garde flamande a longtemps été ignorée. Il est aussi intéressant de constater que l’évolution personnelle de quelques écrivains francophones comme Paul Ruscart, Paul Colin, Michel de Ghelderode et René Baert, pour ne citer que des personnes du cercle d’amis de Daenens, est similaire.

« Moisson future », gravure d’Albert Daenens, in Haro ! IIe série, n° 2 (novembre 1927).

En 1919, Daenens débute la deuxième série de la revue, qui s’avère la plus fertile, malgré les problèmes financiers à nouveau récurrents. Comme pour la première série, il réalise la couverture pleine page et quelques illustrations plus petites à l’intérieur. Alors que l’imagerie utilisée jusqu’alors était une continuation du style impressionniste-fauve d’avant-guerre légèrement brabançon, Daenens préfère un style plus tranché, visiblement influencé par le matériau avec lequel il travaille (le linoléum comme substitut bon marché du bois). D’autres artistes, désormais très connus, contribuent à la revue. Quant au contenu idéologique, il est encore plus antimilitariste. Le premier numéro proclame :

Le plus abominable des crimes que des gouvernements aient ourdi contre des peuples vient de se commettre. La plus horrible des guerres vient de finir. Au nom de vieilles et mensongères conventions, dix millions d’hommes, les plus jeunes, les plus ayant droit à la vie, viennent d’être fauchés, abattus à jamais. […] Camarades, aidez-nous à renverser la vieille bâtisse pourrie ! Aidez-nous à faire la révolution, à chasser les indésirables et les méchants. […] Alors, d’un dernier et unanime coup de pioche, nous enfoncerons les portes qui cachaient le soleil ; nous ferons crouler à nos pieds et pour toujours le vieux monde moisi, décrépit, sans vie.

Les premiers numéros contiennent principalement des illustrations de Daenens, parfois de Felix De Boeck et de Charles Counhaye. Les choses changent véritablement sur le plan artistique avec le numéro 6 (novembre 1919), quand sont publiés des travaux graphiques de Jozef Cantré, Frans Masereel, Frits Van den Berghe et Paul Joostens. J’ai pu identifier deux autres collaborateurs vivant alors à Blaricum, écrivant sous les pseudonymes Vesa et Nele pour la deuxième série de Haro ! comme étant le Dr Victor Cnop et sa future épouse, l’historienne de l’art Juliane Gabriel [13]. Le numéro du 1er mai 1920, qui n’a pu paraître que grâce aux dons des amis de la revue, comporte un extrait inédit de l’Apologie de la Paresse de Clément Pansaers, écrit en 1917, mais imprimé seulement en 1921 par l’éditeur anversois Ça Ira. Cela démontre que Haro ! est ouvert aux nouvelles tendances artistiques, en l’occurrence le dadaïsme. Mais le nouveau départ ne dure que le temps de trois numéros et en juin 1920, la deuxième série prend fin.

Récemment, un autre contact intéressant d’Albert Daenens a été révélé. Ses archives contiennent un document radicalement antimilitariste et anti-religion perdu de Theo Van Doesburg, remis à Daenens pour être traduit et publié dans Haro ! La traduction a bien été faite, mais la publication n’a jamais eu lieu. [14]

« Printemps », gravure d’Albert Daenens extraite du recueil 20 linos pamphlétaires.

Enfin, entre la deuxième et la troisième série de Haro ! quelques mots s’imposent sur son parcours artistique. Probablement par ses contacts avec Theo Van Doesburg et De Stijl, Daenens a commencé à expérimenter l’abstraction. Certaines de ses œuvres sont reproduites dans la revue néo-plasticienne française Vouloir (Lille, 1924-1927). En 1926, deux linogravures abstraites sont publiées dans le numéro sur le Lyrisme, l’une datée de 1924, l’autre de 1919. Dans ses archives, cette œuvre porte la date « 1919-1924 » au crayon, recouverte de la mention « 191 ?-1924 » à l’encre noire, ce qui ne permet pas de garantir qu’elle a été réalisée dès 1919. Ce ne serait pas la première fois qu’un artiste donne une date antérieure à une œuvre pour paraître plus avant-gardiste. Mais compte tenu des contacts qu’il a eus avec Theo Van Doesburg juste après la guerre, il pourrait bien s’agir d’une œuvre abstraite très précoce. [15]

Une autre personne du nord de la France, collaboratrice de Vouloir, est Maurice Wullens, qui a dirigé pendant de nombreuses années la revue artistico-littéraire pacifiste Les Humbles, à laquelle Daenens a plusieurs fois contribué. Wullens défendra Daenens quand Maurice Casteels, dans un article de 1924 pour le Mercure de Flandre sur la linogravure comme art révolutionnaire en Belgique, ne mentionna même pas Daenens, sauf avec un « un d’eux » délibérément vague.

En 1927, alors encore en exil à Londres, Manuel Devaldès17 contacte Daenens pour illustrer un livre qu’il prépare. Daenens avait illustré un précédent ouvrage de Devaldès, édité par Les Humbles, sur les écrivains réfractaires de la première guerre mondiale. Malgré des souscriptions dans Les Humbles, l’argent n’est jamais réuni et la publication ne voit pas le jour [16]

Haro ! troisième série (1927-1928), la Seconde Guerre mondiale et après…

De 1927 à 1928 paraît la troisième série de Haro ! Le programme politique est à nouveau plus libertaire et pacifiste, avec entre autres Manuel Devaldès, Ernestan et Mil Zankin. Pour la critique littéraire, on trouve la signature d’un certain Babylas, qui n’est autre que le célèbre écrivain Michel de Ghelderode. Il n’y a plus d’illustrations le long du texte, mais la couverture pleine page est, comme toujours, de Daenens.

« Le bel aujourd’hui », gravure d’Albert Daenens, in Haro ! IIIe série, n° 4 (janvier 1928).

L’un des points forts de la carrière de Daenens est la publication d’un album présentant une liste chronologique de ses meilleures linogravures de 1919 à 1929 [17]. La préface est écrite par son ami René Baert [18]. Cet album est même envoyé à Gandhi [19]. En effet, Daenens s’implique de plus en plus dans le mouvement pacifiste international à cette époque. Son travail paraît dans des revues et magazines antimilitaristes du monde entier, mais sa carrière artistique semble terminée. La deuxième guerre mondiale apporte à nouveau la misère et il doit une fois de plus supplier ses amis pour du travail, mais certains collaborent maintenant avec les occupants nazis. La vision de Daenens sur le monde devient très sombre. En 1937, il s’installe dans le petit village de Drogenbos, non loin de Bruxelles, près de son ami de toujours, Felix De Boeck. Il travaille occasionnellement avec la troupe de théâtre amateur locale comme metteur en scène et concepteur. Sa situation sociale ne cesse de se dégrader et à la fin de sa vie, il vit dans une véritable pauvreté. L’épouse de Felix De Boeck lui apporte chaque jour un bol de soupe. Le 25 août 1952, il meurt




Source: Partage-noir.fr