Août 26, 2021
Par Zones Subversives
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La trajectoire d’Alain Pacadis illustre l’Ă©volution du gauchisme culturel. Ce journaliste incarne le bouillonnement de la presse alternative. Il chronique l’Ă©mergence du punk, des contre-cultures, les nuits parisiennes. Il campe la posture dandy avec un individualisme libertaire qui rejette tous les conformismes. 

Les seventies ne sont pas uniquement la pĂ©riode dorĂ©e du gauchisme politique. C’est aussi le moment de la contre-culture, des utopies, de la rĂ©volte punk et de la fiĂšvre disco. La presse underground incarne cet esprit joyeusement contestataire. LibĂ©ration ou Actuel bousculent la routine du quotidien.

Le journaliste Alain Pacadis incarne bien cette contre-culture française. Il frĂ©quente les boĂźtes de nuit, notamment le mythique Palace. Ses chroniques dans LibĂ©ration, souvent dĂ©calĂ©es et provocatrices, sont devenues cultes. Alexis Bernier et François Buot retracent sa trajectoire dans le livre Alain Pacadis. ItinĂ©raire d’un dandy punk.

 

                               

 

Contestation des années 1968

 

NĂ© en 1949, Alain Pacadis incarne la jeunesse dĂ©sabusĂ©e des annĂ©es 1960. La sociĂ©tĂ© de consommation de la pĂ©riode des Trente glorieuses s’accommode d’un ordre moral et d’un conformisme Ă©touffant. « A la maison, les mĂąles rĂšgnent sans partage ; Ă  l’école, les enseignants ont encore recours aux bonnes vieilles mĂ©thodes pĂ©dagogiques fondĂ©es sur l’autoritĂ© du maĂźtre et le silence de leurs Ă©lĂšves ; Ă  l’usine, les contremaĂźtres se prennent pour des adjudants Â», dĂ©crivent Alexis Bernier et François Buot. L’école, la famille ou le travail incarnent cet ordre social.

En 1967, Alain Pacadis est un Ă©tudiant studieux et sans envergure Ă  l’Ecole du Louvre. Mais les manifestations contre la guerre au Vietnam rĂ©vĂšlent une montĂ©e de la contestation. Alain Pacadis est emportĂ© par la rĂ©volte de Mai 68. Il participe aux Ă©meutes du Quartier latin et aux assemblĂ©es gĂ©nĂ©rales. Alain Pacadis participe au ComitĂ© d’Action (CA) de l’Institut d’Art. Une coordination des comitĂ©s se divise. Le mouvement du 22 mars rejette les partis et les syndicats alors que les trotskistes restent attachĂ©s Ă  ces vieux appareils.

En 1969, la contestation perdure dans la base rouge de Censier, vĂ©ritable « carrefour des marginalitĂ©s Â». Alain Pacadis dĂ©couvre un nouveau mode de vie, loin de sa routine d’étudiant studieux. Mais il rejette le gauchisme politique, avec sa discipline rigide et son militantisme routinier. Il se tourne vers le mouvement hippie et sa culture alternative pour saper les bases de la sociĂ©tĂ© marchande.

Le magazine Actuel valorise la contre-culture, la musique pop et les communautĂ©s pour attaquer le conformisme bourgeois. « C’est vrai qu’ils sont de plus en plus nombreux Ă  remettre en cause la famille, le mariage, la famille, la propriĂ©tĂ© privĂ©e, les rythmes de travail imposĂ©s par la sociĂ©tĂ©, bref, le mode de vie occidental traditionnel Â», observent Alexis Bernier et François Buot. Les communautĂ©s incarnent un mouvement rĂ©volutionnaire qui tente de bouleverser tous les aspects de la vie. MĂȘme si cette utopie se heurte Ă  la rĂ©alitĂ© des relations humaines conditionnĂ©es par le capitalisme.

La musique pop s’affirme contre la vieille chanson française. Le rock doit devenir « le vĂ©hicule de notre rĂ©volte contre le vieux monde, une arme subversive pour changer la vie et transformer le monde ici et maintenant Â», affirme le Front de LibĂ©ration et d’Intervention Pop (FLIP). La lutte pour la gratuitĂ© des festivals vise Ă  dĂ©noncer la rĂ©cupĂ©ration marchande.

De nouveaux journaux Ă©mergent. La presse underground parle de musique, de sexe, de drogue et de rĂ©volution. Les bandes dessinĂ©es et l’humour attaquent la sociĂ©tĂ© bien-pensante. Le journal Le Parapluie incarne Ă©galement la free press. Il publie des Ă©crits de Wilhelm Reich et des pamphlets d’Antonin Artaud. Ce journal est proche des Diggers et des hippies rĂ©volutionnaires. Mais Le Parapluie valorise Ă©galement les religions orientales et les drogues douces. Le Pop et le Zinc sont d’autres titres de la presse underground. Actuel se distingue avec son approche plus journalistique. Le magazine propose des dossiers sur la route, les communautĂ©s, la drogue, le rock, le cinĂ©ma, le fĂ©minisme ou l’écologie.

En revanche, le magazine Actuel reste critiquĂ© par les militants gauchistes. Dans un contexte de rĂ©pression, le magazine est accusĂ© de dĂ©tourner la jeunesse de la juste cause militante. Pourtant, le gauchisme exprime Ă©galement une austĂ©ritĂ© dĂ©connectĂ©e de la vie quotidienne. « Nous avons besoin d’affection, de joie et d’espoir et ça dĂšs maintenant. Nous avons besoin de faire l’amour et d’apprendre Ă  le faire dĂšs que nous en sommes capables. Nous avons besoin de jouir du ciel, du temps, de l’espace Â», proclame le Front de LibĂ©ration de la Jeunesse (FLJ).

Alain Pacadis ne parvient pas Ă  entrer dans l’équipe d’Actuel. Mais il suit les cours d’Olivier Revault d’Allonnes. Il dĂ©couvre l’école de Francfort et les thĂ©ories d’Herbert Marcuse. Alain Pacadis prĂ©pare une maĂźtrise d’esthĂ©tique sur le thĂšme « Pop music, Contre-culture et RĂ©volution Â». Il rencontre les militants du groupe Vive la RĂ©volution ! (VLR). Ces maoĂŻstes libertaires soutiennent les luttes des prisonniers, des femmes et des homosexuels. Ils insistent sur l’importance de la libĂ©ration du corps et du dĂ©sir.

Le Front Homosexuel d’Action RĂ©volution (FHAR), avec ses assemblĂ©es joyeuses, incarne la lutte des homosexuels. Ce mouvement remet en cause la famille et la normalitĂ©. Il privilĂ©gie les manifestations festives et les slogans provocateurs. Les Gazolines, des travestis libertaires, refusent de sombrer dans le sĂ©rieux gauchiste. Elles valorisent le dĂ©lire et la provocation irrĂ©cupĂ©rable contre les homos en quĂȘte de respectabilitĂ©. Alain Pacadis se sent proche de ce groupe Ă  la marge de la marge. Mais, Ă  force de tourner en dĂ©rision toutes les idĂ©ologies, les Gazolines risquent de sombrer dans un nihilisme festif sans autre perspective que l’amusement narcissique. 

A partir de 1972, l’underground s’essouffle. Aucune perspective rĂ©volutionnaire ne se dessine. « Nous n’avons pas de thĂ©orie du pouvoir, pas de structure d’organisation. La sociĂ©tĂ© bourgeoise garde tout son contrĂŽle Â», dĂ©plorent Jean-François Bizot et Richard Neville dans Actuel.

 

Culture rock

 

Le magazine Rock & Folk s’oppose Ă  Salut les copains et Ă  la culture yĂ©yĂ©. Il valorise la contestation, les hippies et la musique, de San Francisco Ă  Paris. Des papiers de fond sur des groupes et des mouvements, mais aussi des critiques de disques et diverses rubriques explorent « la culture rock Â». Yves Adrien rĂ©pond aux questions des lecteurs dans sa rubrique « Erudit Rock Â». Il est proche du MC5 de DĂ©troit qui dĂ©nonce la rĂ©cupĂ©ration marchande du rock. La musique doit attaquer le conformisme de l’american way of life. Yves Adrien signe « Le manifeste des panthĂšres Ă©lectriques Â» qui relie le rock Ă  la contestation. Il se dĂ©marque de la musique planante des hippies pour valoriser l’énergie Ă©lectrique du rock.

En 1973, le journal LibĂ©ration est crĂ©Ă© pour permettre aux gauchistes et aux libertaires de s’exprimer. Certains veulent un journal populaire qui s’adresse Ă  tout le monde, d’autres prĂ©fĂšrent relayer les luttes ouvriĂšres. Ce sera un mĂ©lange des deux. Les postes clĂ©s restent contrĂŽlĂ©s par les anciens militants maoĂŻstes de la Gauche ProlĂ©tarienne (GP), Ă  l’image de Serge July.

Guy Hocquenghem publie L’aprĂšs-Mai des faunes, un recueil de ses articles parus dans Tout et Actuel. Son introduction dĂ©senchantĂ©e pointe les limites du milieu militant et de la culture hippie. Le journaliste « cherche Ă  trouver une voie mĂ©diane entre la morale rĂ©volutionnaire gauchiste et le rejet pur et simple de toute forme d’action politique au profit d’une solution individuelle Â», rĂ©sument Alexis Bernier et François Buot.

Le Nouveau journalisme tente de sortir de l’imposture de l’information objective. Hunter S. Thompson propose des reportages subjectifs, entre aventures des Hell’s Angels et convention du parti dĂ©mocrate. Les rock critics s’inscrivent dans cette filiation. La presse musicale ne doit plus relayer la promotion des derniĂšres productions des labels, mais dĂ©couvrir de nouveaux groupes. Lester Bang ou Nick Kent incarnent ce journalisme rock. Alain Pacadis signe des articles sur les Stooges d’Iggy Pop et les New York Dolls.

En 1975, Alain Pacadis devient pigiste pour le quotidien LibĂ©ration. Il participe au « Petit LibĂ© lllustrĂ© Â», supplĂ©ment underground et colorĂ© du journal gauchiste. Alain Pacadis Ă©crit sur le rock, qui exprime une nouvelle forme de rĂ©volte. Cette musique est « une forme d’expression privilĂ©giĂ©e du refus de toute une partie de la jeunesse en France Â», observe Alain Pacadis. Son Ă©criture navigue entre le journalisme et la littĂ©rature. Il prĂ©fĂšre le rĂ©cit subjectif Ă  la chronique Ă©rudite.

Le service culture de LibĂ© se distingue du reste du journal. Il se compose de jeunes, alors que les pages sociales et politiques sont Ă©crites par des vieux baroudeurs du militantisme gauchiste. « La culture Ă  LibĂ© c’était une gĂ©nĂ©ration plus jeune, c’était VLR, le rock, la dĂ©fonce, le cul, la libertĂ© totale Â», tĂ©moigne FrĂ©dĂ©ric Joignot.

Le mouvement punk Ă©merge en 1976. Malcolm McLaren, provocateur inspirĂ© par les idĂ©es situationnistes devient le manager des Sex Pistols. Ce groupe fait Ă©cho Ă  la rĂ©volte de la jeunesse anglaise frappĂ©e par les difficultĂ©s Ă©conomiques. Le punk ne reste pas marginal, mais devient un vĂ©ritable mouvement de sociĂ©tĂ©. Les Sex Pistols attaquent l’Etat, la Reine et les institutions. Mais le punk ne recherche aucune utopie. Il prĂ©fĂšre dĂ©crire froidement la misĂšre de la rĂ©alitĂ© quotidienne.

 

Nightclubbing

 

Alain Pacadis est le premier journaliste qui Ă©voque le punk. Mais, lorsque le phĂ©nomĂšne de mode s’impose, Alain Pacadis s’éloigne de la musique. Il devient chroniqueur mondain. Il Ă©crit des reportages sur les soirĂ©es parisiennes. Il suit surtout les jeunes gens branchĂ©s, « Ă  contre-courant de la morale officielle Â».

Alain Pacadis publie Un jeune homme chic. Il est Ă©ditĂ© par Le Sagittaire, la maison d’édition des avant-gardes artistiques reprise par GĂ©rard GuĂ©gan et RaphaĂ«l Sorin. Les deux Ă©diteurs ont participĂ© Ă  l’aventure mythique de Champ libre qui a publiĂ© des textes issus de la contre-culture et des mouvements libertaires, dans une inspiration situationniste. Un jeune homme chic compile un agenda de l’annĂ©e 1977 avec les chroniques d’Alain Pacadis.

Mais le journaliste dĂ©laisse progressivement les concerts punks pour les soirĂ©es en clubs et en boĂźtes de nuit. Le disco devient Ă  la mode. Alain Pacadis publie dans LibĂ©ration un long article sur l’ouverture du Palace en 1978, dix ans aprĂšs Mai 68. « AprĂšs une longue pĂ©riode d’abnĂ©gation, le total don de soi oĂč les intellectuels allaient jusqu’à travailler en usine pour se fondre religieusement dans les luttes des travailleurs, on dĂ©couvre le goĂ»t de la fĂȘte, du plaisir et du luxe Â», observe Alain Pacadis. La contestation sociale laisse la place Ă  l’hĂ©donisme et Ă  la frivolitĂ©.

LibĂ© est en quĂȘte de respectabilitĂ©. Le journal entend incarner une gauche morale et responsable. Les chroniques d’Alain Pacadis deviennent mal perçues. Elles reflĂštent le plaisir de la fĂȘte et le refus des grandes idĂ©ologies.

Le magazine Actuel lance une nouvelle formule en 1979. Le titre phare de la presse underground devient l’incarnation de la modernitĂ© branchĂ©e. Cette Ă©volution annonce les annĂ©es frics. La jeunesse pense d’abord Ă  sa carriĂšre plutĂŽt que de tenter de changer le monde. Les anciens militants de 1968 sont devenus cadres dans le journalisme et la communication. LibĂ©ration Ă©pingle un « morceau d’anthologie de littĂ©rature patronale Â», avant d’opĂ©rer le mĂȘme tournant.

En 1981, la gauche au pouvoir autorise les radios libres et lĂ©galise l’homosexualitĂ©. Mais cette pĂ©riode marque une crise Ă  LibĂ©ration. Serge July aspire au professionnalisme et Ă  la respectabilitĂ©. Il ferme le journal, puis le publie Ă  nouveau aprĂšs des licenciements. Guy Hocquenghem lance une rubrique tĂ©lĂ©vision, avec des anciennes Gazolines comme HĂ©lĂšne HazeraLibĂ©ration doit Ă©galement traiter du sujet incontournable de la chanson française. Les interviews d’Alain Pacadis permettent d’aborder le sujet sur un ton dĂ©calĂ©.

En 1986 Ă©clate un mouvement Ă©tudiant. LibĂ© soutient cette rĂ©volte, mais garde une posture de respectabilitĂ©. Alain Pacadis traite les manifestations de maniĂšre beaucoup plus passionnĂ©e. « Au milieu du Quartier latin, il retrouve la fĂȘte, l’insouciance, l’esprit de groupe et la rĂ©volte de la jeunesse. A sa maniĂšre, un peu enfantine, il redevient gauchiste, va Ă  toutes les manifs pour casser du CRS Â», dĂ©crivent Alexis Bernier et François Buot. Mais les articles du journaliste sont refusĂ©s par le service sociĂ©tĂ© de LibĂ©ration. Alain Pacadis traite alors des manifestations dans sa rubrique « Nightclubbing Â». Il raconte la colĂšre de la rue entre deux soirĂ©es. Alain Pacadis meurt en 1986. Il aura gardĂ© son goĂ»t pour la provocation et sa haine du conformisme.

 

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Contre-culture et société

 

Alexis Bernier et François Buot proposent une belle biographie d’Alain Pacadis, journaliste mythique de LibĂ©. Surtout, leur livre retrace l’évolution de la contre-culture issue de la rĂ©volte de Mai 68. Serge July incarne la trajectoire du cadre gauchiste devenu patron de presse. C’est le gauchisme politique, avec sa soif de pouvoir et de respectabilitĂ© bourgeoise. Alain Pacadis incarne davantage un gauchisme culturel, qui a aussi Ă©tĂ© un des moteurs de LibĂ©ration. Il incarne la presse underground et la contre-culture. Alain Pacadis a toujours vĂ©cu dans la misĂšre. MalgrĂ© les invitations pour les soirĂ©es mondaines, il est restĂ© un pigiste prĂ©caire. Si Alain Pacadis rejette le conformisme et la respectabilitĂ©, sa trajectoire incarne une Ă©volution sociale et politique.

La contre-culture Ă©merge directement de la rĂ©volte de Mai 68. MĂȘme aux Etats-Unis, les mouvements alternatifs puisent leur source dans la lutte contre la guerre au Vietnam et le refus du conformisme petit-bourgeois. La presse underground se dĂ©marque d’un discours idĂ©ologique. Mais elle accompagne toutes les rĂ©voltes de la vie quotidienne. Les institutions comme la famille, l’école ou l’ordre moral sont attaquĂ©es. Toutes les formes d’autoritĂ© sont remises en cause. Cette contre-culture refuse le modĂšle gauchiste de la prise du pouvoir d’Etat, mais elle aspire Ă  bouleverser tous les aspects de la vie.

Mais le reflux des luttes explique une dĂ©rive plus individualiste. Les hippies ne veulent plus changer la vie, mais aspirent avant tout Ă  changer leur propre vie. Les communautĂ©s expriment ce phĂ©nomĂšne. Un simple changement de mode de vie doit permettre de diffuser des contre-pouvoirs pour saper les bases de la sociĂ©tĂ© marchande. Cette stratĂ©gie alternativiste ne prend pas en compte les conditionnements sociaux et l’emprise de la logique marchande sur l’ensemble de la sociĂ©tĂ©.

Alain Pacadis se tourne vers la rĂ©volte punk. LĂ  aussi, c’est un refus des grandes idĂ©ologies qui s’exprime. C’est une colĂšre pure de la jeunesse populaire. Un cri de rage contre tous les pouvoirs. Mais le punk devient progressivement une simple mode. Sa dimension transgressive s’émousse. Le punk exprime bien une colĂšre populaire, mais cette musique reste dĂ©connectĂ©e des luttes ouvriĂšres. Elle exprime avant tout un refus, plutĂŽt que le dĂ©sir d’inventer un monde nouveau.

Alain Pacadis incarne bien ce tiraillement entre la contestation sociale et le goĂ»t de la marginalitĂ©. Son refus du conformisme ne dĂ©bouche pas vers une lutte collective, mais plutĂŽt vers un individualisme dandy. Alain Pacadis prĂ©fĂšre cultiver sa singularitĂ© et sa marginalitĂ©. Sa pĂ©riode mondaine rĂ©vĂšle un goĂ»t pour la frivolitĂ©, le relativisme et le nihilisme. Thierry Ardisson incarne Ă©galement cette posture, avec moins de talent mais plus de carriĂ©risme. Le rejet salutaire des idĂ©ologies dĂ©bouche vers la dĂ©rive d’un refus de toute lutte collective. NĂ©anmoins, Alain Pacadis subit les Ă©volutions de la sociĂ©tĂ©. Il Ă©crit dans un journal qui rentre dans le rang d’une gauche d’Etat. Mais, Ă  la moindre Ă©tincelle, il se place du cĂŽtĂ© de la rĂ©volte. Pour abattre tous les conformismes, il faut changer de sociĂ©tĂ©.

 

Source : Alexis Bernier et François Buot, Alain Pacadis. ItinĂ©raire d’un dandy punk, Le mot et le reste, 2018 (Grasset & Fasquelle, 1994)

 

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Pour aller plus loin :

VidĂ©o : Paca, diffusĂ©e le 31 aoĂ»t 2006

VidĂ©o : Alain Pacadis 1978 interview, diffusĂ©e par Tallulah Bird le 26 mai 2017

VidĂ©o : Façade, Alain Pacadis et les Punk sur France 2-1978, diffusĂ© par Façade en 2016

VidĂ©o : Alain Pacadis racontĂ© par Jack Lang, diffusĂ©e par GonzaĂŻ le 23 dĂ©cembre 2020

VidĂ©o : Interview biographie de Patrick Eudeline – Archive INA diffusĂ©e sur INA Arditube le 2 juin 2014

Radio : Alain Pacadis, le journal dÊčun dandy punk, Ă©mission diffusĂ©e sur la RTS le 12 novembre 2018

Radio : Alain Pacadis – ItinĂ©raire d’un dandy punk, Ă©mission diffusĂ©e sur France Inter le 16 juillet 2013

Radio : France 1978-1982 : la nouvelle vague, Ă©mission diffusĂ©e sur France Culture le 6 dĂ©cembre 2020

Radio : Alain Pacadis, talentueux et tragique oiseau de nuit des annĂ©es Palace, diffusĂ©e sur France Culture le 16 janvier 2019

Bester, ALAIN PACADIS ItinĂ©raire d’un dandy punk, publiĂ© sur le site du magazine GonzaĂŻ le 16 juillet 2013

Jean Rouzaud, Alain Pacadis, l’ñme des annĂ©es 70, publiĂ© sur le site de Nova le  13 mai 2013

Raffael Enault, Alain Pacadis: impossible Ă  biographier ?, publiĂ© sur le site du magazine Roads  

RaphaĂ«lle Leyris, Ressusciter l’esprit des seventies, publiĂ© sur le site du journal Le Monde le 4 juillet 2013

Sylvain Coatleven, Note de lecture publiĂ© sur le site de LM Magazine le 19 juillet 2013

Jocelyn Peyret, Note de lecture publiĂ© sur le site de la revue Silence NumĂ©ro 479 en juin 2019

Matthieu MĂ©gevand, Les nuits fauves d’un dandy punk, publiĂ© sur le site du journal Le Temps le 14 dĂ©cembre 2018

François-Xavier Ajavon, Bowie: Dieu est mort, Pacadis Ă©tait son prophĂšte, publiĂ© sur le site du magazine Causeur le 16 janvier 2016

Antoine Mbemba, Pourquoi la jeunesse française fantasme encore le palace ?, publié sur le site Vice le 17 octobre 2018




Source: Zones-subversives.com