Bonsoir,

en ligne de mire, la mobilisation (grève, manifestations, actions) à
partir de jeudi contre la casse du système de retraites, pour conquérir
de nouveaux droits, de nouvelles libertés et, si on peut, bousculer le
capitalisme et ses États… et même encore plus ! Soyons réalistes,
demandons l’impossible

C’est d’ailleurs la discussion que propose le groupe de Rennes de la
fédération anarchiste ce mercredi soir 4 décembre : « Quelles
perspectives d’organisation dans le cadre des mobilisations actuelles
(Amérique latine, Iran, Hongkong, France…) et pour quelle société ? »
http://www.falasociale.org/

Retraites, un connaisseur s’exprime :
« Le système des points, ça permet une chose, aucun homme politique ne
l’avoue. Ça permet de baisser chaque année la valeur des points, et donc
le niveau des pensions », François Fillon en 2016 devant une assemblée
patronale…
https://www.liberation.fr/debats/20…

Les points (!) de RDV dans le Morbihan :
http://anars56.over-blog.org/2019/1…

7h30 Lorient : blocage / filtrage au rond-point de la base sous-marine

Départs des manifestations :

10h Lorient (Pont St Christophe),

10h30 Vannes (devant l’Hôtel de ville),

10h30 Pontivy (la Plaine),

11h Belle-Ile (port Le Palais)

Sur Indymedia Nantes, sont recensés les rendez-vous en Bretagne, Vendée,
Normandie, Poitou… : https://nantes.indymedia.org/articl…

Pour nous inscrire dans la durée (un seul jour de grève ne suffira
évidemment pas à faire reculer le Pouvoir), outre prolonger la grève,
pour ceux et celles qui ne le peuvent pas, il y a toujours la
possibilité de participer aux blocages (avant ou après ses heures de
travail) qui seront organisés ici et là, d’apporter des victuailles, de
se relayer, de coller des affiches, de faire vivre la lutte…

Nous rendre « ingouvernables », comme le souhaite la revue A contretemps :
http://acontretemps.org/spip.php?ar…

Même si on ne peut écrire d’avance ce que fera un mouvement social qui
s’auto-organise et s’auto-émancipe, voici en fin de ce message un des
cheminements vers une grève expropriatrice (ou réappropriatrice) et
auto-gestionnaire.

Demain vous recevrez notre tract !!


Sons :

1. On a écouté avec intérêt les 5 émissions (édifiantes) de France
Culture : Des hommes violents
https://www.franceculture.fr/emissi…
(environ 25 min chacune)

2. L’anarchiste pro-féministe québécois Francis Dupuis-Déri
https://fr.wikipedia.org/wiki/Franc… a été reçu sur
Radio libertaire dans l’émission Chroniques rebelles sur la question de
la « Démocratie ». Réécoute :
https://www.anarchiste.info/radio/l…


Le soutien à Vincenzo continue à s’organiser en attendant la décision de
la Cour de Cassation qui devrait arriver courant décembre. Toutes infos
utiles, les dernières actualités :
https://www.comite-soutien-vincenzo.org/


Nous venons d’apprendre la fin ce jour (mardi 3 décembre) du café
associatif d’Auray, le Mamm Douar Kafé ! Un lieu de cultures, de fêtes
et de résistance en moins… Ce fut pourtant une belle aventure ! Nous y
avons toujours été chaleureusement accueilli.e.s, que ce soit pour boire
un coup ou pour y organiser des événements. Un grand merci à toutes et
tous les bénévoles.

Ci-dessous un agenda pour décembre (dans lequel ne se reconnaît pas
obligatoirement intégralement le groupe René Lochu)


Mercredi 4 décembre – Rennes, local la Commune – 20h30 Causerie « Quelles
perspectives d’organisation dans le cadre des mobilisations actuelles
(Amérique latine, Iran, Hongkong, France…) et pour quelle société ? »
par le groupe FA la Sociale http://www.falasociale.org/


A partir du Jeudi 5 décembre – Grève et manifestations (public-privé)
contre la casse du système de retraites : 10h Lorient (Pont St
Christophe), 10h30 Vannes (devant l’Hôtel de ville), 10h30 Pontivy (la
Plaine), 11h Belle-Ile (port Le Palais)


Samedi 7 décembre – Auray – 10h Rassemblement en solidarité avec le
peuple latino-américain. Devant la mairie


Samedi 7 décembre – Augan, café Le champ commun – 20h00
Conférence-spectacle « Blues noir, rock blanc. Histoires d’émancipations.
La vision d’En-France », par Cyril. Prix libre, assiette gourmande
https://lechampcommun.fr/2019/11/21…


Mercredi 11 décembre – Augan, café Le champ commun – 20h00 Conférence
gesticulée « Et vous le travail ça va ? » par Corinne Lepage et Marine
Lacoste. Prix libre, soupe maison.
https://lechampcommun.fr/2019/11/21…


Jeudi 12 décembre – Rochefort en Terre, café de la Pente – 20h30
Conférence gesticulée « Le coup de poing n’est pas parti… ou le
paradoxe de la légitimité de la violence dans les luttes » par Jean-Marc
Jourdan. Prix libre
https://www.lepotcommun.com/program…


Jeudi 12 décembre – Quimperlé, cinéma la Bobine – 20h30 Ciné-débat
autour du documentaire « Les murs de papier » (sur les sans-papiers) animé
par la Ligue des droits de l’Homme, en présence du réalisateur Olivier
Cousin https://chlorofilm.blog4ever.com/le…


Mercredi 18 décembre – Auray, cinéma Ti Hanok
https://www.cinematihanok.bzh/animations – 20h45 « Basta Capital » (en
avant-première) suivi d’un échange avec le public
http://www.allocine.fr/film/fichefi…


Pour d’autres infos, luttes, rencontres, fêtes et agendas, se reporter
auprès des ami-e-s de Rennes Infos http://rennes-info.org/, Indymedia
Nantes https://nantes.indymedia.org/, Bourrasque-infos (Brest)
https://bourrasque-info.org/, Zad NDDL http://zad.nadir.org/, Expansive
Info (Rennes) https://expansive.info/, Démosphère Rennes
https://rennes.demosphere.net/, L’en-dehors http://endehors.net/, Le
monde libertaire https://www.monde-libertaire.fr/

@narchas salutations.

S. pour le groupe libertaire René Lochu et pour la liaison Vannes de la
Fédération anarchiste
http://anars56.over-blog.org/


GREVE EXPROPRIATRICE et AUTO-GESTIONNAIRE

Il faut trouver un système qui, tout en paralysant le patronat et le
gouvernement, laisse intactes les ressources des travailleurs &
travailleuses : celui-ci pourrait être la grève expropriatrice (ou
réappropriatrice) et autogestionnaire.

Celle-ci peut démarrer par l’extension rapide de la grève, dans une
situation de désorganisation et lorsque sa revendication essentielle
prend un caractère universel et touche aux structures économiques du
système. Elle entraîne alors l’occupation des lieux de travail : usines,
ateliers, bureaux…

A ce stade, ce ne sont plus les travailleuses & travailleurs syndiqués,
mais tous les travailleurs & travailleuses de l’entreprise qui se
trouvent en mouvement.

C’est pendant cette période où l’Etat et les organisations syndicales et
politiques sont désemparés que l’action décisive est possible. C’est
l’instant où de grève revendicative, de grève de refus, la grève devrait
devenir expropriatrice puis autogestionnaire. C’est l’instant où les
usines doivent se remettre à tourner sans leur direction et sous le
contrôle des organisations syndicales, des comités d’entreprise, des
conseils ouvriers, la manière importe peu. C’est l’instant de la chance
révolutionnaire.

Qu’on imagine un instant qu’une de ces entreprises en grève décide de
faire tourner l’usine sans sa direction, pour son propre compte. Le
phénomène de désarroi, le phénomène de contagion jouant, c’est la
désorganisation qui s’emparerait de tout l’appareil de production. Et,
dans les premiers moments, c’est finalement le sentiment de sortir du
commun, d’échapper aux échecs précédents, qui pousserait les hommes et
les femmes vers les occupations autogestionnaires de leur entreprise.
Nous assisterions, au même processus qui a marqué les mouvements de 1936
et 1968.

L’Etat, les partis sentant une situation qui leur échapperait, aurait
recours à tour de rôle à la menace, à l’intérêt général. On peut penser
que coincé entre la répression, les adjurations et surtout les avantages
matériels que ne manqueraient pas de proposer conjointement l’Etat, le
capital et les syndicats, le mouvement autogestionnaire — comme la grève
générale avec occupation — tournerait court. C’est possible, ce n’est
pas certain. Tout dépend de la situation de l’économie du pays, du
processus de désagrégation de la machine d’Etat. Quelles que soient les
forces de coercition, quel que soit l’appui que la partie réactionnaire
de la population apporte au pouvoir, quel que soit le double jeu des
partis et des syndicats, il serait pratiquement impossible de rétablir
l’ordre dans les usines touchées par un mouvement autogestionnaire de
l’importance des mouvements de 1936 ou de 1968.

La grève autogestionnaire pose non plus les problèmes revendicatifs de
salaires mais les problèmes de la direction et de la propriété de
l’usine. A ce moment, le mouvement social n’est plus à la remorque des
partis de gauche et de leurs programmes, mais il les met devant le fait
accompli et leur impose une organisation économique nouvelle.

On ne construit pas le socialisme libertaire & autogestionnaire dans un
environnement capitaliste. Le parti communiste s’en tient aux
nationalisations, c’est-à-dire au capitalisme d’Etat. La seule chance
qui reste à l’autogestion, c’est de naître de la conjoncture à la suite
d’une poussée de la base.

Non, nous ne convaincrons pas tous les travailleurs & travailleuses de
ce pays des bienfaits de l’autogestion ou de la grève autogestionnaire.
Il suffit d’en convaincre suffisamment pour que la grève générale de
demain qui débutera comme de coutume, en dehors des syndicats et des
partis, soit un prolongement à l’occupation des entreprises qui
débouchera sur l’autogestion généralisée de la société.

Mais ce qui est certain c’est que quels que soient les résultats
pratiques d’un mouvement général de grève autogestionnaire qui de façon
empirique s’étalerait sur une quinzaine de jours à travers le pays, il
laisserait des traces profondes d’un nouveau moyen de lutte né de
l’initiative populaire. Ce moyen de lutte transformerait radicalement
les rapports entre le Capital, l’Etat et le mouvement ouvrier.

L’autogestion n’a d’intérêt pour les travailleurs & travailleuses que
dans la mesure où elle supprime les classes à l’intérieur de
l’entreprise. L’égalité des salaires et la limitation de l’autorité à la
tâche particulière que chacun a à accomplir sont les seuls obstacles à
la reconstitution sous une forme diversifiée du système de classes dans
l’entreprise, cellule de base de l’exploitation économique de classe…
La gestion directe des entreprises ne précède pas mais suit le
renversement révolutionnaire de la société de classes. L’autogestion
suppose que la propriété de l’entreprise n’est pas reversée à l’Etat ou
à un groupe, mais qu’elle est temporairement en la possession de ceux
qui y travaillent et qu’elle passe automatiquement dans les mains de
ceux qui les remplacent.

Une fois le patronat neutralisé, il faut continuer la production (à
moins que ce ne soit une production inutile, de gadgets, mortifère et
meurtrière… et dans ce cas engageons un processus de reconversion) et
repenser une économie dont le moteur n’est plus le profit, mais la
satisfaction des besoins en tenant compte des impératifs écologiques.

La gestion de l’industrie par les travailleurs & travailleuses doit être
totale et toucher en priorité les forces économiques essentielles. Elle
est le fruit de la destruction complète des structures économiques du
régime capitaliste et de son lien de coordination : l’Etat. C’est la
révolution enfin réalisée.

Pour coordonner la production, la distribution, les échanges et la
régulation de la consommation : le fédéralisme libertaire
http://www.federation-anarchiste.or… et
http://www.federation-anarchiste.or…

Texte largement pompé sur les écrits de Maurice Joyeux de 1969 à 1979 !


Article publié le 04 Déc 2019 sur Rennes-info.org