Tous nos droits et acquis sociaux, tous nos services publics sont en cours de destruction accélérée et sans précédent. Si les luttes se multiplient, seul un mouvement de grève et blocage de l’économie massif et durable pourra y mettre un terme. Il y a urgence !

I. CASSE de l’ASSURANCE-CHÔMAGE
Après le Décret du 30 décembre 2018 qui a aggravé les sanctions à l’égard des demandeurs d’emploi. et défini l’offre raisonnable d’emploi sans prise en compte du salaire antérieur et de la distance du domicile, la réforme de l’assurance-chômage imposée cet été par décret va à partir du 1er novembre supprimer ou amputer les droits à indemnisation de 40 % des chômeurs et précaires selon une étude de l’Unedic. Il faudra désormais avoir travaillé 6 mois sur 24 (au lieu de 4 mois sur 28) pour être indemnisé – ce qui exclut les étudiants travaillant l’été – et avoir travaillé 6 mois au lieu d’un pour recharger ses droits à indemnisation. Plus d’un million de personnes alternant emploi et chômage verront leur allocation chuter de 22 % en moyenne à 50%. Ce seront 3,4 milliards économisés sur le dos des chômeurs sur 2020 (à comparer aux 51 milliards de dollars de dividendes versés aux actionnaires pour le seul 2è trimestre 2019 en France) ! Enfin le changement des identifiants de tous les demandeurs d’emploi au 1/11 va éliminer d’inscription et indemnisation tous ceux qui ne maîtrisent pas internet. C’est d’une hécatombe qu’il s’agit. CGT, CFE-CGC, FO et Solidaires font un recours au Conseil d’Etat contre ce décret. Pour agir contre cette réforme, Rejoignez le Collectif UNEDIC qui regroupe AC !, APEIS, CGT Chômeurs, MNCP, Stop Précarité, syndicalistes de Pôle emploi, intermittents gilets jaunes… et se réunit le 8/10 à 18H à la Bourse du Travail Château d’Eau et la manifestation des chômeurs et précaires du 7 décembre.

II. LUTTES DES TRAVAILLEURS SANS PAPIERS
Contre l’exploitation éhontée de travailleurs non reconnus comme tels avec la complicité de l’Etat, de nouvelles luttes démarrent, après les occupations massives de l’aéroport de Roissy, d’Hélior La Défense, et du Panthéon par les Gilets Noirs. Depuis le 11 juin, plusieurs dizaines de travailleurs travaillant la nuit pour Chronopost, filiale de La Poste, via une sous-traitance en cascade, campent sous des tentes devant l’agence Chronopost d’Alfortville (2 chemin de Villeneuve St Georges) pour demander leur régularisation. Soutenus par SUD-PTT, Solidaires 94, le Collectif des Travailleurs Sans papiers de Vitry, la FSU, la CGT-TEFP 94, l’UL CGT et la CNT, reçus en septembre au siège de la Poste, ils refusent le cas par cas proposé par la préfecture 94.Prochain RDV le 11/10 à 16h devant le Ministère du Travail. Cagnotte : https://www.lepotsolidaire.fr/pot/7g909is1 Pétition http://chng.it/XWfPjQyNBB

Le 1er octobre, à l’initiative de la CGT, 140 travailleurs sans papiers ont démarré 12 piquets de grève à Paris, dans le 92 et le 93 dans des établissements qui ne fonctionneraient pas sans eux, pour exiger leur régularisation et être payés pour les heures de travail effectuées. Dix de ces sociétés ont déjà engagé les démarches de régularisation. Enfin le 5 octobre des travailleurs sans papiers de CPN affectés au nettoyage de locaux municipaux et soutenus par Solidaires 92 ont envahi la mairie de Sèvres pour demander leur régularisation.

III. LUTTES des PERSONNELS des HÔPITAUX
8,4 milliards d’économies imposées au secteur hospitalier entraînent la fermeture de 100.000 lits, de 95 services d’urgences et de la moitié des maternités du pays. En grève (tout en travaillant) depuis mars, les services d’urgence montrent la voie. Réunis le 25/9, les organisations syndicales médicales et paramédicales CFE-CGC, CFDT, CGT, FO, SUD, AMUF, le Collectif Inter Urgences, la Coordination Nationale de Défense des Maternités et Hôpitaux de Proximité, le Printemps de la Psychiatrie appellent à la mobilisation pour défendre notre système de santé et d’action sociale le 8 octobre avec les retraités, le 15 octobre (notamment EPHAD, soins à domicile), et par une journée morte en novembre, lors de l’examen des projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale 2020.

IV.LUTTES ETUDIANTES, UNIVERSITAIRES, EDUCATION

L’année 2018-2019 a vu une forte mobilisation, avec une grève du bac, contre les réformes Blanquer qui entraînent des suppressions de postes massives, la concurrence entre les établissements et les disciplines, l’explosion des inégalités sociales et territoriales, et contre ParcourSup qui exclut nombre de jeunes de l’accès à l’enseignement supérieur. Etudiants et universitaires ont également dénoncé le triplement des droits d’inscription pour étudiants non communautaires. Des « sans facs » soutenus par l’UNEF-TACLE ont occupé 48H la présidence de l’Université de Nanterre les 3 et 4 octobre.Enfin le suicide de Christine Renon, directrice d’école à Pantin, a suscité une forte mobilisation contre la souffrance des personnels éducatifs confrontés aux réformes et destruction des moyens.

L’AG Éducation Île-de-France inter-degrés réunie le 24 septembre entre collègues de plus de 70 établissements et écoles a décidé de continuer la lutte dans le secteur de l’Éducation contre toutes les réformes Blanquer et appelle les personnels de l’Éducation nationale à rejoindre la grève pour le retrait du projet de réforme des retraites à partir du jeudi 5 décembre, lancée par les organisations syndicales de la RATP et déjà certaines de la SNCF et à préparer cette mobilisation d’ici là par des AG interprofessionnelles locales d’ici la Coordination nationale des AG et collectifs contre les réformes Blanquer, qui se tiendra à Toulouse. Mais ces revendications légitimes se heurtent à une répression démentielle : deux étudiants de Nanterre se sont vus condamner à des peines de prison ferme pour l’un, avec sursis pout l’autre, pour avoir participé à une AG. Appel le 10 octobre à Versailles.

V. NON à la CASSE ANNONCEE des RETRAITES !

La « réforme » des retraites que veut imposer Macron en passant à un système universel par points mettrait fin à notre système actuel à prestations définies et fondé sur la solidarité, en ouvrant le champ à la capitalisation et en maintenant les dépenses de retraite à 14% du PIB malgré l’augmentation du nombre de retraités. Au lieu d’une retraite à taux plein fixée à 50% du salaire de référence dans le privé et 75% pour les fonctionnaires, les cotisations seraient converties en points de valeur variable, sans prestations garanties. Les régimes spéciaux seraient supprimés, toutes les pensions baisseraient, notamment avec la prise en compte de toute la vie active et non plus des 25 meilleures années (régime général actuel) ou des 6 derniers mois (fonctionnaires). Enfin la solidarité serait basculée vers un financement exclusif par l’impôt et la gouvernance du système serait aux mains du gouvernement.

9 organisations nationales de retraités appellent à une manifestation le 8 octobre. Mais l’accumulation et la gravité de ces attaques nécessite une riposte unitaire qui ne pourra se limiter à des journées de grève ponctuelles secteur par secteur. D’ores et déjà, les syndicats de la RATP, rejoints par l’Union Syndicale Solidaires, et par certaines fédérations FO, appellent à partir du 5 décembre à une grève reconductible. L’AG interprofessionnelle Île-de-France du 24/9 qui a réuni des grévistes de l’éducation nationale, RATP, SNCF, des urgences, pôle emploi, du secteur postal, des hôtels et du travail social, des étudiants et des lycéens… a voté l’appel à la grève reconductible ou illimitée à partir du 5 décembre

VI. COURSIERS CONTRE LES LIVRAISONS A 2 BALLES
Après la reconnaissance fin novembre par la Cour de Cassation du lien de subordination avec la plateforme Take Eat Easy d’un livreur victime d’un accident du travail, les coursiers soutenus par Solidaires, la CGT, la CNT, demandent des garanties de rémunération, temps et conditions de travail et protection sociale (Cf le CLAP, Collectif des livreurs autonomes de Paris ( [email protected]). Face à une nouvelle baisse à 2 euros du prix de leurs courses par Deliveroo, ils multiplient les blocages de livraisons depuis septembre. En Californie Uber et Lyft ont du requalifier leurs livreurs en salariés. La charte sociale prévue par la loi Mobilités ne répond pas à leur demande de convention collective nationale.

VII. GREVE CONTRE LA SOUS-TRAITANCE A IBIS
Depuis le 17 juillet, les femmes de chambre de l’hôtel IBIS (groupe ACCOR) Batignolles exploitées par la société sous-traitante STN sont en grève illimitée, avec le soutien de la CGT-HPE, pour demander leur internalisation par IBIS, un temps complet, des primes de panier et de lit décentes, et pour protester contre un viol par l’ancien directeur de l’hôtel. Malgré leur piquet de grève quotidien devant l’hôtel, aucune négociation n’a encore eu lieu. Venez les soutenir de 10h à 16h, 10 rue Bernard Buffet,17è, et participez aux actions de boycott d’Accor. Soutien https://www.lepotcommun.fr/pot/0oz7r5n8

VIII. VICTOIRE DES POSTIERS DU 92

Après 453 jours de grève, 150 postier-e-s des Hauts de Seine ont obtenu des reports importants des réorganisations qui cassent leur métier et le service postal et rendent leurs cadences intenables, causant des suicides savamment cachés par La Poste (Cf Envoyé spécial). Les factrices de Miélan ont également obtenu victoire après une longue grève. Mais la destruction de la poste se poursuit, avec des grèves, ainsi que la répression judiciaire, les postiers grévistes se voyant poursuivis sur des accusations montées de toute pièce.

IX. RSA, APL et PRIME d’ACTIVITE MENACES
Une consultation est engagée d’ici janvier par le gouvernement qui sous couvert d’universalité veut remplacer le RSA, l’aide au logement et la prime d’activité par un revenu universel d’activité conditionné à un parcours d’insertion et à l’acceptation du 3è emploi proposé quelles qu’en soient les conditions..


Article publié le 07 Oct 2019 sur Monde-libertaire.fr