1. La mobilisation contre la casse des retraites se poursuit
Alors que le projet de retraites par points est examiné en Conseil des Ministres avant d’être déposé à l’Assemblée nationale, et qu’une majorité de la population y est opposée, la mobilisation contre cette réforme ne faiblit pas et touche de nombreux secteurs. Si les cheminots et agents RATP qui en ont été le fer de lance depuis le 5 décembre ont du pour la plupart, après une grève reconductible historique de 49 jours, reprendre provisoirement le travail en raison de leur épuisement financier, ils restent prêts à redémarrer et comptent sur l’extension de la grève à d’autres secteurs touchés en même temps sur d’autres plans. En janvier se sont multiplié-e-s grèves et blocages de raffineries, déchetterie (Ivry), ports, musées et bibliothèques, universités et lycées ; les éboueurs et égoutiers (dont l’espérance de vie est inférieure de 17 ans à la moyenne générale) ont eu du mal à se mettre en grève car beaucoup de ces services ont été privatisés et ont peu de syndiqués ; les avocats mènent depuis le 6 janvier une grève historique contre la réforme et dénoncent une justice de plus en plus éloignée des classes populaires. Multiplication des Ags interprofessionnelles qui ont permis de nouer des liens et de s’entraider entre secteurs en lutte. Après la manifestation massive du 24, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF et UNL appellent en Ile de France à une manifestation le 29/1 (départ 13H30 de Place d’Italie) et à des actions les 30 et 31. Enfin une coordination nationale des Ags interpros et collectifs grévistes tenue le 26 appelle à une « semaine noire » à partir du 3 février. Pour verser à la Caisse de grève d’Info’Com CGT qui redistribue aux secteurs en lutte : https://www.lepotsolidaire.fr/pot/solidarite-financiere

2. Mobilisation dans l’éducation, l’enseignement supérieur et la recherche
Dans l’éducation nationale où les mobilisations antérieures massives avaient échoué contre la loi Blanquer, le mouvement prend corps sur les retraites mais aussi contre les épreuves anticipées du bac ( E3C) dont beaucoup ont été bloquées courant janvier. De nombreuses écoles ont aussi été fermées. Pour mémoire, le point d’indice des enseignants du primaire (où il n’existe pas de primes) est gelé depuis 10 ans ! Une prochaine réforme prévue cet été va aggraver la transformation du métier. La mobilisation est forte dans l’enseignement supérieur et la recherche contre la réforme des retraites mais aussi contre la Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) qui constitue une attaque profonde contre le statut des enseignants-chercheurs avec la fin de la référence aux 192 heures annuelles par la mise en place de la modulation de service, et qui va accentuer la précarisation des jeunes diplômés avec les contrats dits « de chantier » et les postes de « tenure-track ». Cf. la pétition http://chng.it/N5YnbgfVkS Une Coordination nationale des facs et labos en lutte se réunit les 1er février dès 10h et 2 février à la Bourse du travail de Saint-Denis.

3. Défense des services publics, luttes de précaires
Les infirmier-e-s et personnels para-médicaux, regroupés dans le Collectif Inter-Urgences depuis début 2019, en sont à dix mois de grève contre les baisses d’effectifs, les suppressions de lits, des salaires de misère (au 28è rang sur 32 en Europe). Ils ont atteint en octobre 270 services d’urgence en grève. Mais ils peuvent être assignés en service et se faire réquisitionner chez eux par la police en cas de grève ; d ’où le recours à des arrêts maladie collectifs… Infirmier-e-s et aides-soignant-e-s ont perdu la reconnaissance de la pénibilité de leur métier et doivent en apporter la preuve individuellement. Elles/ils ont rejoint la mobilisation des retraites. C’est moins le cas du Collectif Inter-Hôpitaux qui regroupe médecins et usagers et a organisé une journée Hôpital mort le 14 novembre. Il appelle à une nouvelle journée de mobilisation le 14 février. D’autres personnels précaires s’organisent dans les secteurs de la culture, des bibliothèques et musées et de l’enseignement supérieur, dénonçant des contrats de 6 mois non renouvelables avant 2 ans, le recours imposé à l’auto-entreprenariat, l’absence de congés payés et souvent d’arrêts-maladie, l’impossibilité d’accéder aux indemnités de chômage. Après des grèves et blocages à la BPI, à la Bibliothèque François Mitterand, au Musée du Louvre, des vacataires et contractuels courts de la BPI (Bibliothèque du Centre Pompidou), de la Ville de Paris (Collectif vacataires Paris Musées) se sont réunis le 28 (Cf. [email protected])., les précaires de l’enseignement supérieur et de la recherche le 27 (Cf. [email protected]), après l’Appel des personnels des bibliothèques en lutte lancé le 23 décembre (https://appeldesbibliotheques.frama.site). Il est proposé la création d’une Coordination nationale de précaires (contact : [email protected])

4. Grève contre la sous-traitance et luttes pour des papiers
En grève reconductible depuis le 17 juillet, les femmes de chambre, gouvernantes et équipiers de l’Hôtel IBIS Batignolles exploité-e-s par le sous-traitant STN demandent leur internalisation, avec le soutien de la CGT-HPE. Rassemblement jeudi 30 à 12h devant l’Hôtel 10 rue Bernard Buffet Paris 17è (M° Porte de Clichy). Autre rdv de soutien le 31 à 18H30 au 4 rue de la Martinique, 18è. Les Gilets Noirs ont mené une action commune avec les grévistes d’Ibis et la CNT-SO et poursuivent leur lutte contre Elior pour leur régularisation, rassemblement le 30 janvier dès 9h place du Colonel Fabien.

5. Non à la répression des syndicalistes, grévistes, étudiants, lycéens…

Les convocations disciplinaires de grévistes RATP et SNCF avec risque de révocation se multiplient, et François gréviste du dépôt de Vitry a tenté de se suicider. Mêmes sanctions à la Poste des Yvelines. Roga et Victor, étudiants à Nanterre, condamnés en 1ère instance respectivement à 6 mois de prison ferme et 4 avec sursis pour leur activité syndicale, sont convoqués à la Cour d’Appel de Versailles le 6 février à 12H30. Des lycéens de 14 ans sont mis en GAV des heures durant suite à des blocages de lycée comme à St-Maur. Ces répressions sont inadmissibles et montrent un régime autoritaire nous privant de nos libertés et droits fondamentaux.

6. Autres RDVs :
• Lundi 3 février de 19h à 21h cours gratuit de droit du travail sur le droit de grève, Annex de la Bourse du Travail de Paris, 85 rue Charlot en salle Petite Congrès
• Permanence Conditions de travail et Santé vendredi 7 et lundi 17 février de 17h30 à 19h15, Bourse du Travail de Paris, 3 rue du Château d’Eau


Article publié le 29 Jan 2020 sur Monde-libertaire.fr