Octobre 31, 2020
Par Le Monde Libertaire
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26.10.2020

1/ Explosion du chômage et réforme de l’assurance-chômage

Depuis mars, plus de 450 plans sociaux ont été enregistrés, annonçant 65 000 ruptures de contrat ( 7600 à Air France, 5000 à Airbus, 4600 à Renault, 2000 à Valéo, 1900 à Elior, 1500 à Auchan..) auxquelles s’ajoutent 3500 licenciements collectifs pour motif économique – le site stoplicenciement.fr créé par des salariés et la CGT de Cargill Haubourdin cartographie ces plans sociaux pour fédérer leurs salariés – . C’est sans compter les dizaines de milliers d’intermittents, intérimaires, vacataires de l’hôtellerie-restauration, de la culture et événementiel ayant perdu leur emploi et non indemnisés par Pôle emploi – qui en septembre 2019 n’indemnisait déjà que 37 % des 6,7 millions de demandeurs d’emploi inscrits ( soit 2,6 millions).

La réforme de l’assurance-chômage dans son 1er volet de novembre 2019 (exigeant 6 mois de travail sur 24) a déjà exclu de l’indemnisation près de 300 000 personnes. Le second volet modifiant le calcul de l’allocation et la réduisant drastiquement, déjà reporté au 1/1/2021, vient d’être reporté au 1er avril lors de la conférence sociale. Mais chômeur-se-s et précaires veulent l’abrogation de la réforme, le maintien de l’indemnisation pour tous les intermittents de l’emploi (ou année blanche), une nouvelle convention indemnisant décemment 100% d’entre eux, une prime exceptionnelle de 500 euros, ainsi que l’arrêt des contrôles et un véritable accompagnement. La manifestation du 5 décembre (14h Mairie des Lilas) est cruciale ! (Attention cet article a été écrit avant l’annonce du confinerment. NDLR) AG pour la préparer lundi 16 novembre à 17h Bourse du Travail 29 bd du Temple. Cf. [email protected]

2/ Covid, maladie professionnelle, crise de l’hôpital

Le décret sur la reconnaissance du Covid comme maladie professionnelle limite celle-ci aux soignants ayant été en réanimation respiratoire ! En cas de contamination au travail, il faut faire une déclaration d’accident du travail. Le Collectif Outils du soina réalisé un cordel expliquant comment déclarer les maladies professionnelles : http://www.outilsdusoin.fr/spip.php?article719.Les permanences Santé et Conditions de Travail assurées par le Collectif Ne plus perdre sa vie à la gagner, de 17h30 à 19h15 les 1er vendredi et 3è lundi du mois à la Bourse du Travail 3 rue du Château d’Eau, sont à confirmer sur https://permanenceconditionsdetravail.org

Face à une 2è vague de pandémie, la destruction de l’hôpital public continue (3400 lits supprimés en 2019, poursuite en 2020, fusions d’hôpitaux) et son personnel s’épuise (Cf. 5è Rencontre nationale du Travail social des 3-4 octobre) Manifestation du 15 octobre restée sans réponse…

3/ Répression de syndicalistes et victoires possibles

La répression continue à s’abattre sur les syndicalistes et salariés combatifs. Manu, conseillère clientèle à GRDF, licenciée pour avoir dépanné une collègue en lui vendant des masques FFP2. Vincent, postier représentant CGT FAPT 78, mis à pied et suspendu de salaire d’octobre à décembre, après avoir tenu avec 4 collègues une grève de 43 jours fin 2019 à la Poste de Versailles et obtenu la création de 2 postes. Soutien : https://www.lepotcommun.fr/pot/mi6m44op

Mais des victoires sont possibles : le Tribunal administratif de Paris a annulé le 20 octobre le licenciement d’Antony, représentant syndical SUD chez SFR, autorisé en mars 2019 par Muriel Pénicaud malgré le refus de l’inspection du travail. Ceci peut dissuader Elisabeth Borne, ministre du Travail, d’autoriser le licenciement du nouveau représentant SUD chez SFR, Sébastien, licenciement rejeté 2 fois par l’inspection du travail. Enfin, Gaël Quirante, représentant SUD Poste 92, licencié aussi par Muriel Pénicaud en mars 2018, verra son cas examiné au Tribunal administratif de Cergy le 5 novembre à 9H. Les rapports de l’Inspection du Travail et des services du Ministère en charge de l’enquête préalable concluent à une discrimination syndicale. Pour sa réintégration, tou-te-s au RER Cergy-Préfecture à 9H le 5 novembre !

4/ Grève, occupation.. seule la lutte…
A l’EHPAD St-Joseph de Cachan, une trentaine de salariés ont tenu une grève avec occupation du 19 au 23 octobre contre le projet de les faire travailler 12H payées 10 avec 2H de pause et obtenu satisfaction sur une partie de leurs revendications de renforcement de postes, avec le soutien de la CGT et des enfants des résidents, afin d’éviter de faire d’eux des maltraitants contre leur gré.

Après le succès de la Marche des Solidarités qui a fait converger des milliers de travailleurs sans papiers et leurs soutiens à Paris le 17 octobre, la mobilisation continue pour la régularisation de tou-te-s et la fermeture des centres de rétention. Les livreurs sans papiers virés par Stuart se mobilisaient lundi 26 pour exiger leur réintégration et régularisation…

Les femmes de chambre de l’hôtel IBIS Batignolles, en grève depuis le 17 juillet 2019, au chômage partiel interrompu, poursuivent leur combat pour leur embauche directe et le paiement de toutes leurs heures, avec le soutien de la CGT-HPE. Caisse de grève https://www.papayoux-solidarite.com/fr/collecte/caisse-de-soutien-a-la-lutte-ibis-batignolles

Les syndicats CGT, SAT, Solidaires, SUD et UNSA RATP appellent à une grève massive le 19 novembre contre le transfert du personnel RATP (en 1ère ligne avec les soignants pendant le Covid) vers des entreprises de droit privé, et un « cadre social territorialisé » dégradant gravement leur statut.

Des salariés de Biocoop av. Philippe Auguste qui s’opposaient à l’ouverture le dimanche occupent le magasin depuis le 23 octobre contre le licenciement acté ou en cours de 5 d’entre eux, avec le soutien de SUD Commerce et Services.




Source: Monde-libertaire.fr