Janvier 18, 2022
Par Manif Est
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Vous ne les connaissez pas forcĂ©ment et pourtant ils sont milliardaires ou millionnaires et leurs activitĂ©s percutent votre vie quotidienne. Automobile, industrie, hĂ©ritiers, construction et logement, logistique, commerce, transports
” nous dit actu.fr. On aura saisi le sous-entendu complice de la rĂ©daction du journal en ligne : le monde est dans l’état qu’il est Ă  cause de ces personnes.

Alors, ces personnes qui sont si riches, qui sont-elles ? Ont-elles bossĂ© dur pour y arriver ? Sont-elles parties de rien ? Ont-elles bien travaillĂ© Ă  l’école ? Ont-elles mĂ©ritĂ© leur fortune ? Que font-elles de leur argent ?

Top 7 des fortunes en Lorraine

Attention, le chiffres des fortunes ne prennent pas en compte les actions, actifs financiers, propriĂ©tĂ© ou autres placements (art contemporain, tags et graffs de Banksy, NFT, bitcoin…).

7Ăšme place – StĂ©phane Bailly et sa famille – Moselle

StĂ©phane est Ă  la tĂȘte du groupe de vente de voitures Car Avenue. Sa fortune est estimĂ©e Ă  250 000 000 € (l’équivalent de 17 361 annĂ©es au SMIC [1], ou 46 296 annĂ©es au RSA [2]…).

Car Avenue a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e en 1920 par les ancĂȘtres de StĂ©phane. Son pĂšre a repris la boĂźte par la suite, et c’est tout naturellement que StĂ©phane en a pris la tĂȘte en 2006. Oui, StĂ©phane est un hĂ©ritier qui a le mĂ©rite d’ĂȘtre nĂ© dans la bonne famille… ce qui n’est pas vraiment une qualitĂ©, vous en conviendrez.

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Stéphane, un héritier généreux.

HĂ©ritier peut-ĂȘtre, mais gĂ©nĂ©reux et soucieux d’agir au niveau local avant tout.

Au travers de sa Fondation du patrimoine, dont il est membre fondateur, StĂ©phane finance la reconstruction des Ă©glises catholiques, des abbayes et des fontaines de nos charmants villages, peuplĂ©s en partie des personnes licenciĂ©es de chez Peugeot-PSA, marque avec laquelle le groupe Car Avenue a toujours fait de trĂšs bonnes affaires. Vous noterez qu’il ne finance pas de pistes cyclables, alors qu’on sait aujourd’hui que l’usage du vĂ©lo dĂ©truit moins la panĂšte que la voiture. Étrange d’aller Ă  l’encontre du bien commun, non ?

6Ăšme place – Dominique Mauffrey et sa famille – Vosges

Dominique est Ă  la tĂȘte du groupe Mauffrey. Sa fortune est estimĂ©e Ă  300 000 000 € (20 833 annĂ©es de SMIC, 55 555 annĂ©es de RSA).

D’abord entreprise de transport crĂ©Ă©e par son pĂšre en 1964, c’est aujourd’hui un groupe qui Ɠuvre aussi dans la haute finance ou dans les assurances et qui emploie plus de 4000 personnes. Dominique dirige le groupe avec ses enfants. Dominique est aussi un hĂ©ritier, comme ses enfants, nĂ©s eux aussi avec une cuillĂšre en argent dans la bouche.

Mais Dominique n’est pas Ă©goĂŻste, il a aussi crĂ©e la fondation Mauffrey pour aider les plus dĂ©muni·e·s tout en prĂ©cisant que “Dans un esprit de partage, les salariĂ©s du Groupe Mauffrey ont Ă©tĂ© associĂ©s pour choisir les thĂ©matiques Ă  soutenir.” Les syndicats ont dĂ» apprĂ©cier ne pas faire partie des structures financĂ©es par cette fondation. Bizarre, ça, que ces philantropes ne financent pas les syndicats, non ?

5Ăšme place – GaĂ«tan Grieco et sa famille – Meurthe-et-Moselle

GaĂ«tan est prĂ©sident de l’entreprise Chaussea, enseigne de vente de chaussures qui combine “l’esprit de famille et celui de la rĂ©ussite” dans plus de 500 magasins en fRance ! Sa fortune est aussi estimĂ©e Ă  300 000 000 € (20 833 annĂ©es de SMIC, 55 555 annĂ©es de RSA). D’aprĂšs nos information, il n’aurait pas hĂ©ritĂ© de la boĂźte de ses parents, mais impossible de savoir d’oĂč vient l’argent qui lui a permis de lancer son premier magasin en 1980.

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J’aime donner des chaussures aux pauvres !

GaĂ«tan est un mec bien, humain et gĂ©nĂ©reux. En tĂ©moigne sa fondation “C’est Mon RĂȘve” qui, en 2018 par exemple, a financĂ© l’association Les Galopins de Calcuta, qui vient en aide aux enfants exploitĂ©s pauvres. Mais GaĂ«tan a fait plus que ça ! Avec son Ă©pouse, “ils ont dĂ©cidĂ© d’offrir Ă  chaque garçon et chaque membre du personnel (du foyer d’accueil des enfants) une paire de chaussures“. La raison de cette gĂ©nĂ©rositĂ© ? L’une des usines des fournisseurs de ChaussĂ©a est en Inde. On imagine les enfants, le visage souriant dire : “Merci pour les chaussures, monsieur Grieco, mais on aurait prĂ©ferĂ© garder nos ressources naturelles et ce qu’on produit pour nous plutĂŽt que de le vendre pas cher aux occidentaux.”

Heureusement que les riches sont lĂ  pour rĂ©gler les problĂšmes qu’ils et elles crĂ©ent !

4Ăšme place – Familles Faure et Machet – Moselle

Ces deux familles sont propriĂ©taires de FM Logistic, entreprise de gestion de chaĂźnes d’approvisionnement qui travaille dans le monde entier avec NestlĂ©, Lidl, Decathlon, Dior, Natura, Philips… Elle emploie environ 27000 personnes. Leur fortune est estimĂ©e Ă  500 000 000 € (34 722 annĂ©es de SMIC, ou 92 592 annĂ©es de RSA). Ce sont les enfants des crĂ©ateurs de l’entreprise qui la dirigent aujourd’hui… encore des hĂ©ritier·e·s…

Ce sont aussi des gens gĂ©nĂ©reux qui ont aussi crĂ©Ă© une fondation en 2017, la FM Foundation, qui se bat pour “un monde plus inclusif, pour l’insertion et pour l’enfance“. Il ne s’agit pas de faire de l’éducation populaire ou de l’émancipation, presque tous les projets financĂ©s parlent d’insertion par l’emploi, de formation professionnalisante, de dĂ©finition de parcours professionnel… Il faut prĂ©parer la future main d’Ɠuvre dĂšs maintenant. Et puis, quand on fait des affaires avec NestlĂ©, pas Ă©tonnant qu’on ne soutienne pas de projets Ă©colos.

3Ăšme place – Catherine BarthĂ©lemy et sa famille – Moselle

Catherine est la prĂ©sidente de Manuloc, groupe de location de matĂ©riel crĂ©Ă© par son pĂšre en 1964 et qu’elle a repris par la suite. Encore une hĂ©ritiĂšre… Sa fortune est estimĂ©e Ă  600 000 000 € (41 666 annĂ©es de SMIC, 111 111 annĂ©es de RSA). Comme elle le dit dans un entretien au TĂ©lĂ©gramme en 2007 : “Nous travaillons Ă  la transmission de l’entreprise Ă  la 3e gĂ©nĂ©ration. Mathieu et Thomas, mes fils, sont dĂ©jĂ  dans l’entreprise.” Encore une belle gĂ©nĂ©ration d’hĂ©ritiers…

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Ouin ouin ouin, on paye trop de taxes !

Catherine est aussi connue pour avoir chouinĂ© en 2014 que “Oh mon dieu, les enteprises vont devoir payer un nouvel impĂŽt, ça va me coĂ»ter 600 000 € par an [0,1 % de sa fortune], trop de taxe, la fRance va s’effondrer !

Rassurez-vous, le nouvel impĂŽt, qui ciblait alors les bĂ©nĂ©fices des entreprises, ne sera pas mis en Ɠuvre…

On dirait Adolphe Thiers qui, aprĂšs avoir Ă©crasĂ© la Commune de Paris dans le sang, parlait de l’éventuelle loi sur l’impĂŽt sur le revenu en ces termes : “Cet impĂŽt de discorde, de partisans, essentiellement arbitraire et atroce.” Oui, les riches n’aiment pas les impĂŽts ou les taxes, et ils s’efforcent de faire croire au plus grand nombre que les impĂŽts, c’est le mal (comprenez : “le service public, c’est le mal” ; ben oui, on fait pas de profit avec le service public, tandis qu’avec une ligne de train privĂ©e ou un hopital privĂ©, on peut s’enrichir).

2Ăšme place – Charles Ruggieri et sa famille – Moselle

Ah, la belle histoire que celle de Charles, fils d’un ouvrier immigrĂ© italien, parti de rien… rien du tout, on vous dit ! C’est tellement mis en avant dans chacune de ses biographies que c’en est suspect : ici, ou lĂ . Sa fortune est estimĂ©e a 1 200 000 000 € (soit 83 333 annĂ©es de SMIC ou 222 222 annĂ©es de RSA).

Doctorant en droit de l’universitĂ© de Strasbourg, il monte une boĂźte en 1988 et rachĂšte les terrains que les entreprises mourantes de la sidĂ©rurgie lorraine bradent. La technique du vautour sera sa spĂ©cialitĂ© : racheter les terrains pas cher pour ensuite crĂ©er des bureaux ou des maisons de retraite qu’il revend, selon son dicton “dĂ©velopper rapidement pour revendre” et s’enrichir au passage.

Mais sa plus belle crĂ©ation, c’est le bailleur social BatigĂšre, ou comment s’enrichir avec des subventions de l’État et sur le dos des locataires qui bossent pour payer un loyer. Aujourd’hui, il a passĂ© le relai Ă  ses enfants : “Nicolas gĂšre l’activitĂ© immobiliĂšre en Europe, Julien dĂ©veloppe l’activitĂ© hĂŽteliĂšre en Afrique, et Claire s’occupe de la gouvernance de l’ensemble.” Une belle bande d’hĂ©ritier·e·s…

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La technique du vautour, c’est ma spĂ©cialitĂ© !

Mais le mec est sympa, il gĂšre aussi un fonds de dotation, devenu la fondation Juniclair (pour Julien, Nicolas et Claire [3]), qui soutient les enfants et l’environnement. Tel le colibri, il fait sa part (ne riez pas, c’est le texte de prĂ©sentation officiel), mĂȘme si il oublie que, ici, c’est lui qui a mis le feu Ă  la jungle. Un exemple de la coolitude de ce fonds de dotation : aprĂšs avoir financĂ© des maraudes pour donner Ă  manger aux enfants pauvres de Dakar, “une soixantaine de dessins tous plus beaux les uns que les autres ont Ă©tĂ© rĂ©ceptionnĂ©s au Luxembourg et seront offerts lors du diner d‘entreprise traditionnel de NoĂ«l“.

Par contre, pas d’aide prĂ©vue aux locataires des HLM pourris de BatigĂšre ni de libre accĂšs aux bĂątiments vides

1Ăšre place – Famille de Wendel – Moselle

LĂ , c’est du lourd… Fortune estimĂ©e Ă  plus de 2 000 000 000 € (138 888 annĂ©es au SMIC ou 370 370 annĂ©es de RSA), la famille de Wendel a mĂȘme un blason et une page WikipĂ©dia.

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Oui, ces gens ont un blason…

Famille de militaires qui a rachetĂ© des aciĂ©ries lorraines en 1704, la famille de Wendel a prosperĂ© sur le travail et le sang des ouvrier·e·s de la sidĂ©rurgie lorraine jusqu’aux annĂ©es 1970. Depuis, et sur les bons conseils de l’ancien chef du MEDEF le baron Ernest-Antoine SeilliĂšre, la maison Wendel est devenue une sociĂ©tĂ© d’investissement. Des feignasses d’hĂ©ritier·e·s, encore une fois et des parasites de rentier·e·s dont une partie passe en procĂšs en ce moment pour fraude fiscale.

Feignasses d’hĂ©ritier·e·s, peut-ĂȘtre, mais depuis leur chĂąteau Ă  Hayange, ces gens restent simples et gĂ©nĂ©reux·ses. En tĂ©moigne leur fondation Un Esprit de Famille, dont sont membres une centaine d’autres fondations et entreprises et qui soutient, comme d’hab’, les enfants blablabla – insĂ©rer une cause nunuche et passe-partout – tout en mettant en relation ses diffĂ©rents membres. Bref, un petit social club pour les riches qui se retrouvent rĂ©guliĂšrement entre elles et eux afin de partager leurs expĂ©riences de philantropes, faire du soutien juridique pour l’optimisation fiscale philantrope, et surtout crĂ©er du lien entre les diffĂ©rentes familles riches pour dĂ©cider ensemble de ce qui vaut la peine d’ĂȘtre financĂ© dans le monde.

La vie des riches

Alors ? Est-ce que ces gens sont devenus riches parce qu’illes ont travaillĂ© dur ?

C’est possible qu’illes aient travaillĂ©, mĂȘme si nous n’en avons pas la preuve formelle, mais pas plus que mon grand-pĂšre, qui Ă©tait agriculteur, ou que les infirmier·e·s ou les Ă©boueur·euse·s… Comprenez bien que si la rĂ©ussite financiĂšre Ă©tait conditionnĂ©e au travail fourni, tout le monde serait riche.

L’effort n’est pas la question, ça n’a jamais Ă©tĂ© la question.

Ces gens sont riches surtout parce qu’illes ont hĂ©ritĂ© des richesses et des possessions de leur famille et de leur classe sociale, et qu’illes se sont enrichi·e·s sur le dos des gens (commerce, exploitation salariale, location…) ou plus prĂ©cisement sur le dos des gens qui n’ont pas hĂ©ritĂ© ou qui ne sont pas de la mĂȘme classe sociale qu’elles et eux.

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Une vĂ©ritĂ© du monde d’avant que le monde d’aujourd’hui ferait bien de se souvenir

Il ne suffit pas d’avoir de l’argent pour faire partie du club des riches. Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon nous donnent une illustration dans leur livre de 2014 : Pourquoi les riches sont-ils de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres ?.

« Karim Benzema est un grand champion et il est vraiment trĂšs riche [12 6000 000 euros de salaire en 2013]. Il peut vivre luxueusement, s’acheter de grosses voitures et des villas avec piscine. Mais il n’est pas et ne sera jamais un bourgeois. Pourquoi ? Parce que c’est un fils d’ouvrier et parce qu’il ne doit sa fortune qu’à lui-mĂȘme et Ă  son talent pour le foot. C’est important car cela signifie qu’il peut transmettre Ă  ses enfants sa richesse, mais pas la source de cette richesse. […] À la diffĂ©rence de Karim Benzema, […] chaque gĂ©nĂ©ration de Rotschild [ou de Wendel pour rester en Lorraine] transmet Ă  ses enfants sa fortune, mais aussi la source de celle-ci : des entreprises, une culture, une Ă©ducation, des relations crĂ©ant ainsi une dynastie familiale. Â» (p. 24-25)

La générosité du riche

Parmi leurs multiples activités de riches, tous ces gens financent des fondations.

Mais pourquoi tant de gĂ©nĂ©rositĂ© ? Pourquoi ne pas juste payer ses impĂŽts et laisser aux politiques le soin de redistribuer tout ça pour la collectivitĂ© [4] ?

C’est pour choisir oĂč va l’argent, nous disent certain·ne·s ! Oui, c’est exactement pour cela que les riches font de la philantropie, mais pas pour les effets que l’on imagine…

Ce qui est gĂ©nial avec les fonds de dotation ou les fondations, c’est d’abord que les dons sont dĂ©fiscalisĂ©s Ă  environ 66% pour une personne, c’est Ă  dire que lorsque vous donnez 100€ Ă  la fondation, 66€ (66% de 100€) seront dĂ©duis de vos impots [5]. Ensuite, c’est que rien n’oblige Ă  dĂ©penser l’argent collectĂ© chaque annĂ©e, et enfin on peut utiliser les dons perçus pour financer le fonctionnement de la fondation.

Rien de plus facile alors que de garder l’argent dans sa classe. Comment ? En crĂ©ant des emplois, par exemple !

La recette est simple :

CrĂ©ez un fonds de dotation ou une fondation. Embauchez ensuite un·e directeur·trice, un·e coordinateur·trice, un·e ou plusieurs chargé·e·s de dĂ©veloppement ou autre. Tant qu’à faire, prenez les enfants des copains-copines pour occuper les postes pour ĂȘtre sĂ»r·e que l’argent ne sorte pas trop de sa classe sociale d’origine. Payez ensuite les gens grassement avec les sous de la fondation, rĂ©munĂ©rez un peu les dirigeant·e·s et les stagiaires ou les services civiques ; utilisez quelques miettes pour refaire une Ă©glise ou acheter des livres pour les enfants en Somalie, et laissez dormir le reste de l’argent comme un compte Ă©pargne qui ne rapporte rien. Hop, vous avez fait de l’optimisation fiscale [6], encore ça que les impĂŽts ne vous prendront pas !

Cela permet aussi aux gestionnaires des fondations et aux donnateur·trice·s (donc majoritairement les riches) de dĂ©cider ce qui vaut la peine d’ĂȘtre financĂ©. Par exemple, illes ne financent pas les femmes seules avec des enfants comme la CAF. Non, illes financent une gentille association qui fera des colliers de nouilles avec les enfants de cette femme pendant qu’elle justifiera de sa recherche d’emploi auprĂšs d’un conseiller de la CAF qui lui expliquera que les allocations familiales c’est fini vu qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses de l’état, qu’elle avait qu’à mieux travailler Ă  l’école, et qu’elle n’est qu’une assistĂ©e.

Au fait, qui a dĂ©cidĂ© que c’était Ă  elles et eux de choisir ce qui Ă©tait important pour l’avenir ? Personne : illes sont lĂ©gitimes de par leur seule existence. Illes ne se posent pas de questions vu que leur façon de voir le monde est la seule qui est pertinente, le reste n’existe pas.

Et ne nous y trompons pas : si les riches dĂ©cident d’oĂč vont leurs impĂŽts, l’État, privĂ© de ces recettes fiscales, dĂ©cide lui aussi de comment rĂ©partir ce manque Ă  gagner. À l’heure oĂč l’état se dĂ©sengage de plus en plus des services publics (sauf de la police et de l’armĂ©e, pour autant que l’on puisse considĂ©rer qu’il s’agisse vraiment de “services publics”), ça n’amĂšne rien de trĂšs rĂ©jouissant. Vivement des hopitaux financĂ©s par la famille de Wendel : l’hĂŽpital De Wendel, reservĂ© aux riches et aux mĂ©ritant·e·s !

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Des membres de la fondation des de Wendel qui dĂ©cident de ce qui vaut la peine d’exister dans ce monde.

Ces gens ne vivent pas comme nous

Illes possĂšdent plusieurs maisons dans les capitales du monde, des chĂąteaux ou des bĂątiments historiques, illes prennent rĂ©guliĂšrement des jets privĂ©s, mangent des espĂšces en voie de disparition, passent leurs vacances lĂ  oĂč on ira jamais, se payent un voyage dans l’espace, financent des projet qui dĂ©truisent le vivant, achĂštent des Ăźles autonomes en prĂ©vision de l’effondrement du climat, dĂ©cident de l’avenir de centaines de salarié·e·s en petit comitĂ© d’actionnaires, dĂ©truisent la planĂšte de par leur existence de luxe, spĂ©culent sur la bouffe ou sur l’avenir… mais tout ça ne les choque pas, c’est leur vie, ça leur paraĂźt normal et universel.

Illes ne peuvent pas imaginer qu’on puisse galĂ©rer Ă  payer un loyer ou la cantine de ses enfants. Illes ne payent pas de loyer ou de cantine, et si illes doivent le faire, illes payent des gens qui le font Ă  leur place.

La tĂ©lĂ© tourne autour de leur vie. Le cinĂ©ma, les romans, la culture ne parlent majoritairement que de ces gens-lĂ  ou de leurs valeurs. C’est normal, ce sont elles et eux qui rĂ©alisent les films ou qui possĂšdent les studios.

Illes possĂšdent les mĂ©dias et dĂ©cident de ce qui doit ĂȘtre diffusĂ© ou pas.

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Ils vont dans les mĂȘmes Ă©coles

DĂ©fendent le mĂȘme systĂšme

AffrĂštent les mĂȘmes charters

Sont au service des mĂȘmes entreprises

RĂ©priment avec la mĂȘme police

Travaillent avec les mĂȘmes banques

Envoient les mĂȘmes soldats et les mĂȘmes tanks

Gauche – droite

Sociale démocratie, capitalisme

C’est la mĂȘme quoi ?

MĂȘme exploitation et mĂȘme contrat !

MĂȘme exploitation et mĂȘme combat !

— Skalpel, Gauche – Droite, 2007.

Illes sont Ă  la tĂȘte des gouvernements de presque tous les pays du monde.

Les fascistes les ont toujours soutenu·e·s et inversement [7].

Illes n’agissent pas en pensant Ă  mal, illes sont convaincu·e·s que les valeurs (le mĂ©rite, le travail, la famille…) et le mode de vie qu’illes dĂ©fendent est ce qu’il y a de mieux pour l’humanitĂ©.

Illes entretiennent leur vision du monde communautariste et sectaire en mettant leurs enfants ensemble dans des Ă©coles privĂ©es plutĂŽt qu’à l’école publique avec des pauvres.

Ce n’est pas un complot, c’est juste la classe dominante du systĂšme capitalite : la bourgeoisie.

Et actu.fr nous montre la voie Ă  suivre en identifiant ses principaux membres [8].

Camarades de la rĂ©daction d’actu.fr, continuez Ă  cacher des signes dans vos articles pour nous donner vos analyses et vos instructions !

Nous sommes avec vous !

Nous avons entendu votre appel !

Et nous y rĂ©pondrons !

ERSJ




Source: Manif-est.info