Février 22, 2022
Par Le Pressoir
161 visites

Il y a quelques jours nous avons mis hors d’état de nuire les 12 engins de chantier de la future ZAC des Hauts Banquets (zone d’aménagement concerté), dans la commune de Cavaillon. Soyons clair·es : par année, en France, ce sont plus de 60 000 hectares qui sont artificialisés. L’équivalent d’un département tout les 7 ans. A ce rythme, dans 100 ans, la moitié du territoire aura disparu sous le béton et les zones commerciales.

 Faubourg Promotion, les promoteurs du projet, nous assurent que saccager 46 hectares de terres agricoles fertiles revient à construire un « écosystème pensé autour de la biodiversité ». Le techno-parc qu’ils nous promettent est certifié « Parc +, Parc engagé » « Eco Parc Vaucluse », il participerait à la « croissance verte », serait « vertueux », « responsable » et même à « énergie positive »… Le capitalisme, dans sa folie mortifère, ravage le sens même des mots. Les terres agricoles des Hauts Banquets ont la capacité de produire de la nourriture pour plus de 24 000 humain·es, elles sont aussi l’habitat de nombreux êtres vivants : vers de terre, libellules, campagnols, grenouilles… Si rien n’est fait, le chantier laissera derrière lui des open-space flambants neufs et un amer arrière goût de poussière. Il est temps de détruire cette écologie cynique qui danse sur le cadavre agonisant du vivant. Nous ne voulons plus aucune nouvelle ZAC ou plateforme logistique, plus de méga-entrepôt ou de 2×2 voies. A peines construites ces infrastructures sont déjà des ruines.

A Cavaillon comme partout ailleurs, quand les recours en justice, les mobilisations citoyennes et les actions d’occupation échouent à stopper les machines, rien n’est encore perdu ! Le sabotage est une réponse proportionnée au ravage, une réponse qui pourrait décupler la force de nos luttes. Le sabotage, dans des gestes parfois très simples, fait éclater le cadre restreint d’action dans lequel l’État nous enferme pour nous condamner à l’impuissance. Le sabotage ouvre une brèche. Partout où il frappe le cours du ravage s’interrompt, au moins temporairement. Là où les machines et les infrastructures capitalistes sèment la mort nous pouvons opposer une réponse offensive. Mais à lui seul le sabotage ne résoudra rien. La brèche qu’il ouvre doit être élargie, approfondie, maintenue dans le temps, par tout types de mobilisations. A Cavaillon la suspension du chantier peut ouvrir la possibilité d’une relance de la lutte pour obtenir l’arrêt final du projet !

Nous demandons l’arrêt définitif du chantier de la future ZAC des Hauts Banquets. Si les machines venaient à reprendre leurs œuvres mortifères nous saurons leur rappeler qu’elles ne sont pas les bienvenues sur ces terres !

des anarchistes




Source: Lepressoir-info.org