Les antifascistes portugais sont en train de se mobiliser pour s’opposer à la conférence néonazi organisée par le Novo Ordem Social (NOS) le 10 août à Lisbonne, et qui regroupera notamment Maria Machado (NOS), Yvan Benedetti (Les Nationalistes), le bulgare Blagovest Asenov, lié au Blood & Honor, Mattias Deyda (Die Rechte) ou l’espagnol Josele Sanchez.

On pensait le Portugal un peu plus à l’abri de ces émanations nauséabondes mais l’avènement récent du Novo Ordem Social a rebattu certaines cartes. Dirigé par Mario Machado, personnage au dossier judiciaire assez chargé, le mouvement a fait un peu plus parler de lui cette année par des agressions sur des antifas de Porto et de Braga, par l’organisation d’une commémoration en hommage à Salazar, figure centrale du régime autoritaire portugais Estado Novo et président du conseil des ministres de 1932 à 1968 et récemment, par l’organisation de la White Pride dite « semaine de l’orgueil blanc », en opposition à la Gay Pride. Machado tente, depuis 2016, de recueillir 7500 signatures afin de faire légaliser le NOS auprès du tribunal constitutionnel, sans succès.

Plus de 10 organisations antifascistes portugaises ont déjà répondu à l’appel et une quarantaine de comités internationaux ont signé le manifeste (voir ci-dessous). Mais les partis traditionnels de gauche, Bloco de Esquerda et Partido Comunista Portugues traînent les pieds arguant du fait que le NOS ou l’Escudo identitario sont, finalement, des mouvements assez faibles et qu’en parler ne ferait que leur faire de la publicité. Pas convaincus que la tenue de ce type d’événement sans que personne ne moufte soit la meilleure stratégie à adopter pour contrer le fascisme, les antifas portugais ont préféré organiser une contre manif.


Article publié le 03 Août 2019 sur Iaata.info