À l’heure dite (le lieu et l’heure de l’audience ayant circulé publiquement dans un précédent article qui donnait également quelques éléments du dossier et de l’instruction) une bonne douzaine de pandores, toujours prompts à dissuader de toute solidarité, montrent leurs sales trognes à l’extérieur et à l’intérieur du tribunal. Nouvelle (ultime ?) intimidation judiciaro-policière dans cette longue histoire ? Le procès et les peines n’auront pas été à la hauteur du grotesque dispositif policier.

La présidente du tribunal semble prendre un certain plaisir à diriger l’audience. Mais, oubliant qu’elle faisait face à des inculpés, résume l’affaire par de « vous organisez, vous dégradez, vous forcez… » avant d’être recadrée par l’un des avocats de la défense. Son interrogatoire est bref, se concentre sur les traces d’ADN et les empreintes digitales retrouvées sur les masques qu’auraient utilisées les auteur·es de l’action.

À défaut d’un dossier d’instruction suffisamment étayé, et face au refus des inculpés de reconnaître leur présence le 14 avril 2015, elle tenté à plusieurs reprises une question piège : « Si vous aviez participé à cette action, est-ce que vous l’assumeriez aujourd’hui ? ». Étonnamment, elle précise en une formule (« vous pouvez penser jaune, violet ou vert ») qu’elle n’est pas là pour juger les opinions politiques de chacun.

Puis le procureur commence un réquisitoire, peu convainquant et sans punchlines. Clairement peu enthousiate, hésitant, il se rattache aux possibles répercutions psychologique de la bénévole de l’UMP 31 présente le jour de l’action. Problème, cette bénévole ne s’est pas portée partie civile, tout comme l’UMP 31. Sa description du graffiti « d’une surface de 4 m² ! » laissé sur place (« Solidarité Calais », « Expulsons l’UMP ») est tout aussi ridicule. Il termine en réclamant des peines de 2 mois de prison avec sursis pour la personne sans casier et de 10 jours amende à 100 € pour la personne avec casier. Heureusement qu’entre temps il nous a bien fait rire en parlant des masques « d’Anonymos » !

Les avocats de la défense réveillent la salle et la vingtaine de personnes venues en soutien avec des plaidoiries léchées mêlant critique de l’instruction, demande de requalification en dégradation légère et défense politique sur la légitimité de l’action de déménagement.

Pour leur dernière prise de paroles, les deux inculpés refusent l’éventualité d’une peine de TIG (Travail d’Intérêt Général, du taf gratis) et rappelent la nécessité de poursuivre et multiplier les actions de solidarité envers les personnes migrant·es.

Les conclusions du tribunal ? Les faits sont requalifiés en « dégradation légère » (personne n’ayant été en mesure d’estimer les dégâts occasionnés par les graffiti) et condamne respectivement à 400 € (personne sans casier) et 800 € d’amende (personne avec casier).

Aujourd’hui comme hier, les frontières et les États perpétuent violences et racisme. Une solidarité active et déterminée est toujours nécessaire.




Source: Iaata.info